mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (2) |
| Avocat requérant | DEBRABANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 juin 2021 et 9 février 2022, M. B C, représenté par Me Debrabant, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 26 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points et lui a enjoint de restituer celui-ci dans un délai de 10 jours ;
2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré les points affectés à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 2 septembre 2019, 18 septembre 2019 et 7 novembre 2019.
Il soutient que l'information préalable obligatoire prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui a pas été délivrée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré du défaut de notification est inopérant ;
- l'autre moyen soulevé est infondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de Mme A au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée 48SI du 26 mars 2021, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. C pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision 48SI ainsi que des décisions portant retraits de points consécutives aux infractions des 2 et 18 septembre 2019 puis 7 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information.
S'agissant de l'infraction commise le 2 septembre 2019 :
3. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Avant même que ces mentions ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelait la qualification de l'infraction au code de la route et précisait que l'émission de l'amende forfaitaire majorée pouvait entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende pouvait être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points faisaient l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis pouvait accéder à ces informations. Ces indications mettaient le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il serait procédé au retrait de points et portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route.
4. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet. Lorsque le contrevenant soutient que le paiement est intervenu par la voie du recouvrement forcé et n'est, par suite, pas de nature à apporter la preuve de la réception des avis, il lui appartient d'apporter la preuve, devant le juge du fond, de ce que l'amende a effectivement fait l'objet d'un recouvrement forcé.
5. Il résulte de l'instruction que si le compte public de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes atteste de l'encaissement d'une somme de 202,49 euros à l'été 2020 au titre de l'infraction commise le 2 septembre 2019, il ne ressort pas des termes de cette attestation qu'il s'agirait d'un paiement spontané. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction, notamment d'un extrait du compte bancaire de l'intéressé, qu'il a fait l'objet d'une saisie à tiers détenteurs le mois précédent cet encaissement d'un montant strictement identique. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, le recouvrement forcé d'une amende forfaitaire majorée ne permet pas d'établir que l'intéressé a effectivement reçu l'avis de contravention et, par suite, été rendu destinataire de l'information préalable prévue par les dispositions précitées de l'article L. 223-3 du code de la route. Par suite, M. C est fondé à soutenir que le retrait de quatre points consécutif à l'infraction du 2 septembre 2019 est intervenu au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 18 septembre 2019 :
6. Il résulte de l'instruction que l'infraction du 18 septembre 2019 a été constatée par radar automatique. S'il ressort du relevé d'information intégral que cette infraction a donné lieu, en application des dispositions de l'article 529-2 du code de procédure pénale, à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, cette circonstance, qui établit la réalité des infractions, n'est toutefois pas de nature à établir que le requérant aurait reçu l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si le ministre de l'intérieur produit un exemplaire anonymisé d'avis de contravention qui comporte les informations prescrites par l'article L. 223-3 du code de la route, ce document ne permet pas d'établir que M. C aurait été destinataire de l'avis émis à son encontre et, par suite, des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu en défense, l'intéressé n'avait pas commis à cette date de précédente infraction de même nature et, en tout état de cause, cette seule circonstance ne serait pas de nature à établir la bonne délivrance de l'ensemble des informations requises. Dès lors, l'intéressé est fondé à soutenir que la décision par laquelle le ministre a retiré un point du capital de son permis de conduire à la suite de l'infraction du 18 septembre 2019 est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 7 novembre 2019 :
7. Il résulte de l'instruction que l'infraction commise le 7 novembre 2019 consiste en un arrêt ou stationnement dangereux de véhicule. Elle a été relevée par procès-verbal électronique hors la présence du conducteur du véhicule. Aussi, si le ministre de l'intérieur produit en défense une copie de ce procès-verbal, celui-ci ne permet pas d'établir que l'intéressé aurait bénéficié des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route. Par ailleurs, s'il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. C que cette infraction a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée et qu'une amende a été réglée au titre de cette infraction, il résulte de l'instruction que le 19 mars 2021 M. C n'avait pas payé l'amende majorée correspondant à cette infraction, qu'il a adressé à la direction des finances publiques un courrier indiquant n'avoir jamais reçu l'amende forfaitaire et demandant à être déchargé de la majoration, ce à quoi il a été fait droit. Ainsi, ce n'est qu'après avoir été déchargé de la majoration que l'intéressé a réglé l'amende forfaitaire, ce qui ne peut suffire à considérer qu'il aurait effectivement reçu l'avis de contravention et, par suite, les informations requises par les dispositions précitées du code de la route. Par suite, l'intéressé est fondé à soutenir que la décision par laquelle le ministre a retiré trois points du capital de son permis de conduire à la suite de cette infraction est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière, sans qu'ait d'incidence, et à la supposer d'ailleurs établie, la circonstance qu'il serait également titulaire du certificat d'immatriculation d'un véhicule et se serait abstenu de signaler son changement de domicile aux services compétents en la matière en méconnaissance des dispositions de l'article R. 322-7 du code de la route.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 2 et 18 septembre 2019 ainsi que du 7 novembre 2019.
9. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Dès lors que la décision du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité du permis de conduire de M. C fait état de décisions de retrait de points annulées par le présent jugement et que le solde de points du permis de M. C est donc redevenu positif du fait de ces annulations, la décision ministérielle en date du 26 mars 2021, en tant qu'elle invalide le permis litigieux et enjoint sa restitution, doit être annulée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision référencée 48SI du 26 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du titre de conduite de M. C pour défaut de points et lui a enjoint de le restituer, ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 2 et 18 septembre 2019 ainsi que le 7 novembre 2019 sont annulées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. A
La greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026