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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2105074

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2105074

jeudi 13 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2105074
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantRIVIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 juin 2021, M. D C, représenté par Me Rivière, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 25 janvier 2021 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans cette attente, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire des décisions attaquées ;

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;

- le préfet du Pas-de-Calais n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation ;

En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision refusant de délivrer un titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2021, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 18 août 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 septembre 2021.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Lille en date du 3 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant marocain né le 1er juillet 2002, est entré en France, selon ses dires, le 17 août 2018, muni de son passeport revêtu d'un visa en cours de validité. Il a fait l'objet, le 7 septembre 2018, d'une ordonnance du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Paris de placement provisoire à l'aide sociale à l'enfance. Ce placement a été maintenu jusqu'à sa majorité. Le 23 juin 2020, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de mineur placé, après l'âge de seize ans, auprès du service de l'aide sociale à l'enfance. Par un arrêté en date du 25 janvier 2021, dont M. C demande l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté en date du 24 août 2020, publié le lendemain au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture du Pas-de-Calais, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. A, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions doit être écarté.

3. En deuxième lieu, les décisions attaquées mentionnent les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elles se fondent. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions ne peut dès lors qu'être écarté.

4. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Pas-de-Calais n'a pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. C avant de prendre les décisions attaquées.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " À titre exceptionnel et sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire prévue aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 portant la mention "salarié" ou la mention "travailleur temporaire" peut être délivrée, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, à l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle, sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le respect de la condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigé ".

6. Lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans, qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il lui revient ensuite, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l'intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation ainsi portée.

7. Pour refuser d'admettre au séjour M. C, le préfet du Pas-de-Calais a estimé qu'il ne justifiait pas du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, en raison de son comportement et de ses nombreuses absences. Il a, par ailleurs, considéré que l'intéressé n'avait pas rompu tout lien avec sa famille demeurée au Maroc et qu'il ne justifiait pas d'une réelle insertion dans la société française.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance à l'âge de seize ans et deux mois, a demandé son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire. Il est par ailleurs constant que l'intéressé justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il ressort des pièces du dossier que M. C a d'abord été inscrit, en cours d'année scolaire 2018-2019, en classe de seconde au lycée professionnel Hennebique de Liévin en vue d'obtenir un baccalauréat professionnel en maçonnerie. S'il n'a pas pu faire l'objet d'une évaluation au titre du premier semestre en raison de cette inscription tardive, il ressort toutefois de ses bulletins scolaires qu'il a été absent, de manière injustifiée, à de nombreuses reprises au cours du second semestre et que sa moyenne générale était particulièrement faible. À compter de la rentrée scolaire 2019, le requérant a rejoint une classe pour personnes en difficulté d'orientation où il a pu, après avoir effectué des stages de découverte dans le milieu de la restauration et de la coiffure, réaliser un stage en immersion dans une classe de seconde " bureau d'études et d'économie " qu'il a finalement intégrée. S'il n'a, à nouveau, pas pu faire l'objet d'une évaluation au titre du premier semestre en raison de cette inscription tardive, il ressort de ses bulletins scolaires qu'il a souvent été absent au cours du second semestre et que ses résultats sont restés très insuffisants. Il ressort également des pièces du dossier que, lors de l'année scolaire 2020-2021, M. C, qui a été admis à redoubler son année de seconde, a fourni, malgré quelques absences injustifiées, certains efforts et a obtenu une moyenne générale de 13,78 sur 20 au titre du premier trimestre, soit une note légèrement en-deçà de la moyenne de la classe. L'équipe pédagogique décrit l'intéressé comme un élève agréable, motivé et respectueux des règles de fonctionnement de l'établissement, tout en soulignant qu'il " peut faire mieux ". Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis de la structure d'accueil, que le comportement de M. C, qui a pu se montrer " un peu faux, voire manipulateur " à son arrivée, s'est amélioré par la suite, même s'il " a besoin qu'on lui rappelle assez souvent le règlement de fonctionnement " de cette structure d'accueil. En outre, il n'est pas contesté que l'intéressé, qui a obtenu le diplôme d'études en langue française de niveau B1, parle couramment français et manifeste la volonté de s'intégrer en France. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant n'aurait pas conservé des liens avec sa famille restée au Maroc, et notamment avec ses parents et ses deux frères. Dans ces conditions, et compte tenu du large pouvoir dont il dispose, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant d'admettre au séjour, à titre exceptionnel, M. C sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : / () / 7° À l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; / () ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui est entré en France, selon ses dires, le 17 août 2018 en compagnie de ses parents, avant que ceux-ci retournent au Maroc, est présent sur le territoire français depuis près de deux ans et demi à la date de l'arrêté attaqué. S'il est constant que le requérant est scolarisé en France, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dans l'impossibilité de poursuivre sa formation dans son pays d'origine, dont il a la nationalité. En outre, si l'intéressé se prévaut de sa situation de concubinage avec une ressortissante française, il n'établit ni la réalité, ni la stabilité de cette relation. Par ailleurs, en se bornant à évoquer, sans davantage de précisions, l'existence d'un réseau amical, M. C ne fait état d'aucune attache particulière sur le territoire français. Il n'est pas non plus établi que le requérant serait dans l'impossibilité de se réinsérer socialement et professionnellement dans son pays d'origine, où il a vécu la majeure partie de sa vie et où ses parents et ses deux frères résident de manière habituelle. Dans ces conditions, et compte tenu de la durée de son séjour en France, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Pas-de-Calais, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent, dès lors, être écartés. Pour les mêmes motifs, M. C n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet du Pas-de-Calais a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention "étudiant". En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée et sous réserve d'une entrée régulière en France. () / () ". En vertu de l'article L. 313-2 de ce code, la première délivrance de la carte de séjour temporaire est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 311-1.

12. D'une part, contrairement à ce que soutient M. C, il ne résulte d'aucune disposition et d'aucun principe que la condition tenant à la production d'un visa de long séjour ne peut être opposée à un étranger entré en France en qualité de mineur non accompagné et pris en charge après l'âge de seize ans par l'aide sociale à l'enfance. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet du Pas-de-Calais a commis une erreur de droit ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté. D'autre part, compte tenu de ce qui a été dit au point 8 et alors que M. C ne fait état d'aucune nécessité liée au déroulement de sa scolarité, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en refusant d'exempter l'intéressé de la condition tenant à la production d'un visa de long séjour.

Sur l'autre moyen dirigé contre la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

13. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 12 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.

14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, M. C n'est fondé à soutenir ni que le préfet du Pas-de-Calais a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle, ni qu'il a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur l'autre moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :

15. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 4, 13 et 14 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en litige. Ses conclusions à fin d'injonctions sous astreinte doivent être rejetées par voie de conséquence, ainsi que celles qu'il a présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Eurielle Rivière et au préfet du Pas-de-Calais.

Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Lemaire, président,

- Mme Dang, première conseillère,

- Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

L. DANGLe président-rapporteur,

Signé

O. B

La greffière,

Signé

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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