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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2105356

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2105356

vendredi 1 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2105356
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCARDON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 juillet 2021, le 9 juillet 2021, le 16 septembre 2021, le 22 novembre 2021 et le 11 janvier 2022, M. F A C, représenté par Me Cardon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2021 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et l'a assigné à résidence pour une durée de 30 jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder à l'effacement de son signalement au sein des fichiers SIS et FPR ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- elle méconnaît le principe du contradictoire ;

- elle méconnaît l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- elle méconnait le principe du contradictoire ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- elle méconnait le principe du contradictoire ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- elle méconnait le principe du contradictoire ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il se trouverait isolé à son retour en Tunisie.

Par des mémoires en défense enregistrés le 17 août 2021 et le 6 décembre 2021, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est ni datée, ni signée et qu'elle n'indique pas précisément son objet, ni ne présente des conclusions clairement identifiables ou des moyens suffisamment développés ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant tunisien né le 31 mars 1986 à Kheireddine, est entré en France le 4 octobre 2012, selon ses déclarations. Par un arrêté du 23 juin 2021, le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de reconduite. Par le même arrêté, le préfet du Pas-de-Calais a également astreint M. A C, pendant une durée de 30 jours courant à compter de la notification de l'arrêté, à se présenter deux fois par semaine au commissariat de police de Hénin-Beaumont pour justifier des diligences accomplies en vue de son départ. Cet arrêté, contrairement à ce que soutient l'intéressé, n'a pas eu pour objet et effet de l'assigner à résidence. Par la présente requête, M. A C doit donc être regardé comme demandant l'annulation des seules décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté n° 2020-10-31 du 22 avril 2021, publié le même jour au recueil spécial n° 51 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. E D, attaché d'administration de l'Etat, chef du bureau du contentieux du droit des étrangers, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, notamment, les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".

4. En l'espèce, les décisions attaquées refusant un titre de séjour, octroyant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de destination mentionnent tant les circonstances de fait que de droit sur lesquelles le préfet du Pas-de-Calais s'est fondé pour les édicter. Elles sont ainsi suffisamment motivées pour l'application des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, l'obligation de quitter le territoire français ayant étant prise en conséquence d'un refus de titre de séjour suffisamment motivé et édicté sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Pas-de-Calais aurait entaché l'arrêté attaqué d'un défaut d'examen sérieux et particulier de la situation de M. A C. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

6. En quatrième et dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ;() ". Selon la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (C-166/13 du 5 novembre 2014 et C-249/13 du 11 décembre 2014), une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. M. A C, qui se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu, ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit pris l'arrêté attaqué et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à celui-ci. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué méconnaîtrait son droit d'être entendu ne peut qu'être écarté.

Sur le refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ".

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 423-2 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " L'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ". Aux termes de l'article L. 436-4 du même code : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 412-1, préalablement à la délivrance d'un premier titre de séjour, l'étranger qui est entré en France sans être muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ou qui, âgé de plus de dix-huit ans, n'a pas, après l'expiration depuis son entrée en France d'un délai de trois mois ou d'un délai supérieur fixé par décret en Conseil d'Etat, été muni d'une carte de séjour, acquitte un droit de visa de régularisation d'un montant égal à 200 euros, dont 50 euros, non remboursables, sont perçus lors de la demande de titre./ () / Le visa mentionné au premier alinéa tient lieu du visa de long séjour prévu au dernier alinéa de l'article L. 312-2 si les conditions pour le demander sont réunies. ".

9. En l'espèce, le préfet du Pas-de-Calais a refusé de délivrer à M. A C un titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissant français en raison de l'absence, d'une part, d'un visa de long séjour tel que prévu par les dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et, d'autre part, d'entrée régulière sur le territoire français au titre de l'article L. 423-2 du même code. S'il ressort des pièces du dossier que le requérant a épousé, le 11 juillet 2020, une ressortissante française, il ne conteste pas l'absence de visa de long séjour. Il déclare cependant être entré sur le territoire français le 4 octobre 2012 sous couvert d'un titre de séjour délivré par les autorités italiennes en cours de validité. Toutefois, ces allégations ne sont établies par aucune pièce, en dehors d'un tampon d'entrée daté du 4 octobre 2012 apposé sur un passeport dont le titulaire n'est pas identifiable. En outre, le titre de séjour italien produit n'était pas valable à la date du 4 octobre 2012. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

10. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que la vie commune du requérant avec son épouse française n'a débuté qu'en novembre 2019 et était donc récente à la date de la décision attaquée. S'il se prévaut de ses liens avec les cinq enfants de son épouse, nés d'une précédente union, la seule production d'attestations émanant de l'entourage et de l'un des enfants, âgé de 20 ans, et d'une photographie avec un autre de ces enfants, âgé de 16 ans, ne suffit pas à établir l'intensité de leurs liens, ni même qu'il subvient à leurs besoins et à leur éducation. S'il fait valoir qu'il est présent en France, de façon continue, depuis le 4 octobre 2012, il ne l'établit pas. Il n'invoque, en outre, aucune insertion sociale ou professionnelle particulière sur le territoire français. Enfin, il ne démontre pas davantage être isolé dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet du Pas-de-Calais a pu, sans méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni faire une appréciation manifestement erronée de la situation du requérant, refuser de lui délivrer un titre de séjour.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, en l'absence d'illégalité du refus de séjour, le moyen tiré de l'absence de base légale de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

12. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 10, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur le délai de départ volontaire de trente jours :

13. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la mesure d'éloignement, le moyen tiré de l'absence de base légale de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.

14. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment à la situation personnelle et familiale de l'intéressé, qu'en fixant à trente jours le délai dont dispose M. A C pour quitter volontairement le territoire, le préfet a fait une appréciation manifestement erronée de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la fixation du pays de reconduite :

15. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'absence de base légale de la décision fixant le pays de reconduite ne peut qu'être écarté.

16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de cette convention, eu égard à l'état de la seule argumentation développée dans la requête.

17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par le préfet du Pas-de-Calais, que M. A C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 juin 2021 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A C, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, y compris celles de procéder à l'effacement de son signalement aux fichiers SIS et FPR, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans l'instance, verse la somme que le requérant demande au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A C, au préfet du Pas-de-Calais et à Me Cardon.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Chevaldonnet, président,

- Mme Allart, première conseillère,

- M. Liénard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.

La rapporteure,

Signé

L. B

Le président,

Signé

B. CHEVALDONNET

La greffière,

Signé

J. DEREGNIEAUX

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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