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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2106355

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2106355

lundi 23 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2106355
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formationjuge unique (2)
Avocat requérantSCP ABCG ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 août 2021, M. C B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée 48 SI du 17 août 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points et lui a enjoint de restituer celui-ci dans un délai de 10 jours ainsi que la décision du 26 juillet 2021 par laquelle il a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré les points affectés à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 10 mars 2015 (4 points), 1er mai 2016 (1 point), 26 juin 2016 (1 point), 14 juin 2016 (1 point), 12 juillet 2016 (1 point) et 26 février 2017 (4 points) ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire, au capital de points reconstitué, y compris les quatre points liés à son stage de récupération, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ; la décision attaquée ne lui a pas été régulièrement notifiée ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, dès lors que le solde de points affecté à son permis de conduire n'était pas nul à la date de son adoption ;

- l'information préalable obligatoire prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui a pas été délivrée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut à ce qu'il n'y ait lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision référencée 48 SI et contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 1er mai 2016, 14 juin 2016, 26 juin 2016 et 12 juillet 2016, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- les mentions afférentes aux infractions constatées les 1er mai 2016, 14 juin 2016, 26 juin 2016 et 12 juillet 2016 ont été supprimées du relevé d'information intégral et que 4 points ont été portés au crédit du permis du requérant à la suite du stage qu'il a effectué les 14 et 15 avril 2021 ; en conséquence, il est réputé avoir retiré la décision référencée 48SI ;

- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu le rapport de M. A au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision référencée 48 SI du 17 août 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer. Par la présente requête, l'intéressé demande l'annulation de cette décision 48 SI ainsi que l'annulation des décisions portant retraits de points consécutives aux infractions des 10 mars 2015 (4 points), 1er mai 2016 (1 point), 26 juin 2016 (1 point), 14 juin 2016 (1 point), 12 juillet 2016 (1 point) et 26 février 2017 (4 points).

Sur le non-lieu partiel à statuer :

2. D'une part, il résulte de l'instruction que les mentions relatives à la décision référencée 48 SI en litige, ainsi que celles relatives aux infractions constatées les 1er mai 2016, 14 juin 2016, 26 juin 2016 et 12 juillet 2016 ont été supprimées du relevé d'information intégral de M. B en cours d'instance. Dès lors, le ministre doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, la décision référencée 48 SI précitée en tant qu'elle a constaté l'invalidité du permis de conduire du requérant et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de cette décision ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer, non plus que sur celles dirigées contre ces décisions de retrait de points.

3. D'autre part, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de M. B que quatre points ont été portés à son crédit, à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a effectué les 14 et 15 avril 2021. Il n'y a dès lors pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce qu'il bénéficie de la prise en compte de ce stage.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant de l'infraction commise le 26 février 2017 :

4. La délivrance, préalablement au règlement de l'amende, de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une condition de la légalité des décisions de retrait de points. Toutefois, le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée étant revêtu des mentions portant à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit ainsi à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que celui-ci était inexact ou incomplet. Il en va autrement si le contrevenant, qui conteste les éléments du relevé d'information intégral et l'attestation de paiement établie par le comptable public produite en défense par le ministre, apporte la preuve que le paiement de l'amende forfaitaire majorée est intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public.

5. Il résulte de l'instruction et des mentions du relevé intégral d'information de M. B que l'infraction commise le 26 février 2017 par l'intéressé a été relevée par l'intermédiaire d'un radar automatique et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Le ministre produit une attestation du trésorier du contrôle automatisé, certifiant l'encaissement de l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction. M. B n'avance aucun élément de nature à mettre en doute les faits ainsi attestés par les documents qui présentent un caractère probant. L'intéressé a ainsi nécessairement reçu les formulaires d'avis de contravention, dont il n'est pas établi qu'ils auraient été inexacts ou incomplets, qui comportent une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

S'agissant de l'infraction commise le 10 mars 2015 :

6. Il résulte de l'instruction que le véhicule de M. B a été intercepté le 10 mars 2015 pour non-respect de l'arrêt absolu au stop à une intersection. Si le ministre ne produit pas le procès-verbal correspondant, le requérant doit être regardé comme s'étant nécessairement fait remettre sur le champ un avis de contravention, lequel accompagnait une carte de paiement. Cet avis, feuillet d'un formulaire pré-imprimé, comprenait conformément aux dispositions des articles A.37, A.37-1 à A. 37-9 du code de procédure pénale, toutes les informations prescrites par le législateur. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction relatives aux infractions constatées les 10 mars 2015 et 26 février 2017 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme quelconque au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision 48 SI du 17 août 2020 et contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 1er mai 2016, 14 juin 2016, 26 juin 2016 et 12 juillet 2016.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2022.

Le rapporteur,

Signé

P. A

La greffière

Signé

A. DOUVRYLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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