mercredi 11 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2106693 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | OPOVIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2021, Mme B A, agissant tant en son nom qu'en qualité de représentante légale de son fils mineur E A F, représentée par Me Opovin, demande au tribunal :
1°) de condamner C à lui verser, en qualité de représentante légale de son fils E la somme de 25 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime qu'il a subi en raison de l'absence de prise en charge pluridisciplinaire de E conforme aux décisions d'orientation de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) entre le mois de mai 2018 et le mois de mars 2021 ;
2°) de condamner C à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice moral et financier qu'elle estime avoir subi au même titre ;
3°) de mettre à la charge de C une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'absence de prise en charge pluridisciplinaire de E conforme aux décisions d'orientation de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) entre le mois de mai 2018 et le mois de mars 2021, en raison de l'absence de place disponible en IME, révèle une carence fautive de C engageant sa responsabilité ;
- cette faute a causé à E un préjudice moral, des troubles dans ses conditions d'existence et une dégradation de son état de santé, particulièrement durant l'année 2020, avec une régression dans ses apprentissages, qui devront être réparés à hauteur de 25 000 euros ;
- la faute de C a entraîné pour Mme A un préjudice moral, des troubles dans ses conditions d'existence du fait et un préjudice financier, la prise en charge de son fils l'empêchant de rechercher un emploi tandis qu'elle a exposé des frais de consultation d'une psychologue spécialisée restés à sa charge, préjudices qu'il conviendra d'indemniser à hauteur de 15 000 euros.
Par une intervention, enregistrée le 8 septembre 2022, M. D F, représenté par Me Opovin, demande au tribunal :
1°) que celui-ci fasse droit aux conclusions de la requête de Mme A ;
2°) de condamner C à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice moral et financier qu'il estime avoir subi ;
3°) de mettre à la charge de C une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il reprend les moyens exposés par Mme A.
La requête a été communiquée à la ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées qui n'a pas produit de mémoire.
Par ordonnance du 12 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 novembre 2022.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fougères,
- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique.
Une note en délibéré, présentée par la ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapée, a été enregistrée le 10 octobre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Le fils de Mme A et de M. F, E A F, né le 17 août 2007, présente un trouble du spectre autistique avec une déficience intellectuelle. Il a été accueilli en institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP) à compter de septembre 2014. Par décision du 7 décembre 2017, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) a accordé à E A une orientation médico-sociale au sein d'un ITEP du 1er septembre 2017 au 31 août 2020 en accueil de jour et de nuit. Mme A a toutefois formé un recours gracieux contre cette décision dans la mesure où son fils présentait un comportement phobique vis-à-vis de son institut, qu'il a quitté au printemps 2018 pour résider chez sa mère. Par décision du 11 octobre 2018, statuant sur le recours gracieux précité, la CDAPH a accordé à E A deux nouvelles orientations : unité d'enseignement du 11 octobre 2018 au 17 août 2022 et institut médico-éducatif du 11 octobre 2018 au 17 août 2022 en accueil de jour et de nuit. Mme A a toutefois vainement sollicité l'inscription de son fils auprès de différents instituts médico-éducatifs (IME) de la région, du fait d'un manque de places disponibles au sein de ces établissements. Par courrier recommandé du 17 mai 2021, reçu le 26 mai 2021, Mme A a sollicité du ministre des solidarités et de la santé l'indemnisation des préjudices qu'elle et son fils estiment subir du fait de la carence de C dans la mise en place d'une prise en charge de E conforme à l'orientation de la CDAPH. Le silence gardé par l'administration ayant fait naître une décision implicite de rejet, par la présente requête, Mme A, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de représentante légale de E, demande au tribunal de condamner C à réparer les préjudices subis tant par elle-même que par son fils.
Sur l'intervention de M. F :
2. Une intervention ne peut être admise que si son auteur s'associe soit aux conclusions du requérant, soit à celles du défendeur. L'intervenant peut faire valoir des prétentions propres à condition de ne pas présenter des questions différentes de celles soumises au juge par les parties.
3. En l'espèce, l'intervention de M. F, qui justifie être le père de E et avoir à ce titre un intérêt à agir, comporte pour partie des prétentions propres, en ce que l'intervenant sollicite l'indemnisation de son préjudice personnel. Cette intervention ne présente toutefois pas de question différente de celles soumises au juge par Mme A, de sorte qu'elle est recevable.
Sur la responsabilité de C :
4. L'article L. 114-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. / L'État est garant de l'égalité de traitement des personnes handicapées sur l'ensemble du territoire et définit des objectifs pluriannuels d'actions ". Aux termes de l'article L.114-1-1 du même code : " La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l'origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie. / Cette compensation consiste à répondre à ses besoins, qu'il s'agisse de l'accueil de la petite enfance, de la scolarité, de l'enseignement, de l'éducation, de l'insertion professionnelle, des aménagements du domicile ou du cadre de travail nécessaires au plein exercice de sa citoyenneté et de sa capacité d'autonomie, du développement ou de l'aménagement de l'offre de service, permettant notamment à l'entourage de la personne handicapée de bénéficier de temps de répit, du développement de groupes d'entraide mutuelle ou de places en établissements spécialisés, des aides de toute nature à la personne ou aux institutions pour vivre en milieu ordinaire ou adapté, ou encore en matière d'accès aux procédures et aux institutions spécifiques au handicap ou aux moyens et prestations accompagnant la mise en œuvre de la protection juridique régie par le titre XI du livre Ier du code civil. Ces réponses adaptées prennent en compte l'accueil et l'accompagnement nécessaires aux personnes handicapées qui ne peuvent exprimer seules leurs besoins. / () ". L'article L. 246-1 de ce code dispose : " Toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés bénéficie, quel que soit son âge, d'une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques. / Adaptée à l'état et à l'âge de la personne et eu égard aux moyens disponibles, cette prise en charge peut être d'ordre éducatif, pédagogique, thérapeutique et social. "
5. Il résulte de ces dispositions que le droit à une prise en charge pluridisciplinaire est garanti à toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles apparentés, quelles que soient les différences de situation. Si eu égard à la variété des formes du syndrome autistique, le législateur a voulu que cette prise en charge, afin d'être adaptée aux besoins et difficultés spécifiques de la personne handicapée, puisse être mise en œuvre selon des modalités diversifiées, notamment par l'accueil dans un établissement spécialisé ou par l'intervention d'un service à domicile, c'est sous réserve que la prise en charge soit effective dans la durée, pluridisciplinaire, et adaptée à l'état et à l'âge de la personne atteinte de ce syndrome.
6. Par ailleurs, en vertu de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles, il incombe uniquement à la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), à la demande des parents, de se prononcer sur l'orientation des enfants atteints du syndrome autistique et de désigner les établissements ou les services correspondant aux besoins de ceux-ci et étant en mesure de les accueillir, ces structures étant tenues de se conformer à la décision de la commission. Ainsi, lorsqu'un enfant autiste ne peut être pris en charge par l'une des structures désignées par la CDAPH en raison d'un manque de places disponibles, l'absence de prise en charge pluridisciplinaire qui en résulte est, en principe, de nature à révéler une carence de C dans la mise en œuvre des moyens nécessaires pour que cet enfant bénéficie effectivement d'une telle prise en charge dans une structure adaptée. En revanche, lorsque les établissements désignés refusent d'admettre l'enfant pour un autre motif, ou lorsque les parents estiment que la prise en charge effectivement assurée par un établissement n'est pas adaptée aux troubles de leur enfant, C ne saurait, en principe, être tenu pour responsable de l'absence ou du caractère insuffisant de la prise en charge, lesquelles ne révèlent pas nécessairement, alors, l'absence de mise en œuvre par C des moyens nécessaires.
7. Il résulte de l'instruction que la CDAPH, par décision du 11 octobre 2018, notifiée par courrier daté du 15 octobre 2018 et prise à la suite du recours gracieux formé par Mme A, a préconisé l'orientation de E en institut médico-éducatif (IME) avec un accueil de jour et de nuit pour la période du 11 octobre 2018 au 17 août 2022. Dès lors que, avant le courrier du 15 octobre 2018, E A F bénéficiait d'une orientation en institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP) et qu'il avait pu obtenir une place au sein de l'ITEP de Croix, Mme A et M. F ne sont pas fondés à se prévaloir d'une faute de C au titre de l'absence d'admission de leur fils au sein d'un IME avant le 15 octobre 2018.
8. Il résulte de l'instruction que les recherches de Mme A pour trouver une place pour son fils en IME, conformément à l'orientation prise le 11 octobre 2018 par la CDAPH, notifiée par courrier du 15 octobre 2018, ont été vaines, en dépit des courriers qu'elle a pu adresser à divers établissements et de la demande d'intervention qu'elle a formulée dès le début de l'année 2019 auprès du président de la République, avant de la réitérer. La requérante justifie en particulier que les trois IME gérés par l'association des Papillons Blancs de Roubaix-Tourcoing, ainsi que l'IME La Fontinelle situé à Annoeullin et l'IME Le Relais situé à Tourcoing lui ont répondu respectivement par courriers des 7 mai 2019, 16 septembre 2020 et 18 septembre 2020 qu'ils ne pouvaient admettre E en raison d'une absence de place. L'enfant n'a pu bénéficier d'une prise en charge institutionnelle qu'à la suite d'une ordonnance de placement provisoire du ministère public près le tribunal judiciaire de Lille du 12 mars 2021.
9. Sur la période du 15 octobre 2018 au 12 mars 2021, date de son placement provisoire, E A F n'a bénéficié de l'intervention du pôle de compétences et de prestations externalisées (PCPE), qu'à compter du 10 octobre 2019, avec, à compter du 27 août 2020 un accompagnement à raison de deux fois par semaine à domicile par des éducateurs spécialisés de l'IME Lelandais de Villeneuve-d'Ascq et un suivi au centre médico-psychologique de Wattrelos, à raison de quelques semaines par mois à compter de septembre 2020, ce qui ne correspondait cependant pas à l'orientation de prise en charge de jour et de nuit par un IME décidée par la CDAPH le 11 octobre 2018.
10. Dans ces conditions, sur la période du 15 octobre 2018 au 11 mars 2021, veille du placement provisoire ordonné par le ministère public, l'absence de prise en charge spécifiquement adaptée aux troubles de l'enfant révèle une carence de C dans la mise en œuvre des moyens nécessaires pour que le jeune E bénéficie effectivement d'une prise en charge pluridisciplinaire au sens de l'article L. 246-1 du code de l'action sociale et des familles, de nature à engager sa responsabilité.
Sur l'indemnisation des préjudices :
En ce qui concerne les préjudices de E :
11. L'absence de prise en charge pluridisciplinaire de E du 11 octobre 2018 au 10 octobre 2019 et l'insuffisance de la prise en charge pluridisciplinaire du 10 octobre 2019 au 11 mars 2021, avec une intervention à domicile à raison de deux jours par semaine seulement à compter du 27 août 2020, ont causé à ce dernier un préjudice moral dont il sera fait une juste appréciation en évaluant à la somme de 15 000 euros l'indemnisation due à ce titre.
En ce qui concerne les préjudices de Mme A :
12. En premier lieu, si Mme A soutient avoir exposé des frais de consultation d'une psychologue spécialisée qui seraient restés à sa charge, par les pièces qu'elle produit, elle ne justifie pas de l'existence de ce poste de préjudice.
13. En second lieu, si la requérante n'établit pas avoir subi un préjudice au titre d'une perte de gains professionnels ou d'une incidence professionnelle à la suite de l'accueil à son domicile de son fils E, il résulte de l'instruction qu'elle a, d'une part, subi des troubles dans ses conditions d'existence à la suite de cet accueil, lesquels se sont majorés à compter de l'été 2020 compte tenu de la majoration des troubles du comportement de son enfant à partir de cette période avec des actes d'hétéro-agressivité à son égard en particulier, et d'autre part, subi un préjudice moral compte tenu des nombreuses démarches dont elle justifie pour obtenir la mise en œuvre de la décision de la CDAPH du 11 octobre 2018 et pour mettre en place, dans cette attente, une prise en charge de son fils dans laquelle elle s'est personnellement investie. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence de la requérante en lui allouant la somme de 10 000 euros destinée à les réparer.
En ce qui concerne les préjudices de M. F :
14. En premier lieu, si M. F soutient avoir exposé des frais pour organiser des séances de psychomotricité et d'orthophonie qui seraient restés à sa charge, par les pièces qu'il produit, il ne justifie pas de l'existence de ce poste de préjudice.
15. En second lieu, M. F, qui n'a reconnu E que le 12 juin 2021, soit postérieurement à la période en litige, n'établit pas avoir effectivement pris en charge et hébergé son fils au cours de cette période, ni avoir engagé des démarches administratives dans l'intérêt de son enfant. Il résulte cependant de l'instruction qu'il s'est investi dans l'accompagnement de son fils, d'après le contrat signé le 30 mars 2021 entre Mme A et l'IME La Fontinelle, et qu'il a, comme Mme A, été confronté au comportement agressif de E à son égard, motif ayant justifié l'hospitalisation de l'enfant le 24 février 2021 à l'hôpital Saint-Vincent de Paul de Lille. Dès lors, il n'est fondé qu'à solliciter l'indemnisation de son préjudice moral, dont il sera fait une juste appréciation en lui allouant une somme de 1 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
16. Aux termes de l'article 75-I de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. () ". L'article 43 de cette même loi autorise le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle à demander au juge de condamner, dans les conditions prévues à l'article 75 précité, la partie perdante " au paiement d'une somme au titre des frais qu'il a exposés ". L'article 37 de la même loi dispose que " () l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner, dans les conditions prévues à l'article 75, la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à une somme au titre des frais que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Il peut, en cas de condamnation, renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de C et poursuivre le recouvrement à son profit de la somme allouée par le juge ".
17. Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle ne peut demander au juge de condamner à son profit la partie perdante qu'au paiement des seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de C à la mission d'aide juridictionnelle confiée à son avocat mais que l'avocat de ce bénéficiaire peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de C à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
18. En l'espèce, d'une part, que Mme A n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par C au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée par une décision du 5 juillet 2021. D'autre part, l'avocat de Mme A n'a pas demandé la condamnation de C à lui verser sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à sa cliente si cette dernière n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de Mme A tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent être accueillies.
19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. F présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de M. F est admise.
Article 2 : C est condamné à verser à Mme A, en qualité de représentante légale de son fils E A F, la somme de 15 000 euros.
Article 3 : C est condamné à verser à Mme A, au titre de son préjudice personnel, la somme de 10 000 euros.
Article 4 : C est condamné à verser à M. F, au titre de son préjudice personnel, la somme de 1 000 euros.
Article 5 : Le surplus des conclusions de Mme A et de M. F est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à M. F à la ministre des solidarités et des familles et à la maison départementale des personnes handicapées du Nord.
Copie pour information sera adressée au directeur de l'agence régionale de santé des Hauts-de-France et au recteur de l'académie de Lille.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
V. FOUGERES
Le président,
signé
J.-M. RIOU La greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026