mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2021, M. D A, représenté par Me Cabaret, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du préfet du Nord a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision contestée ait été signée par une autorité habilitée ;
- cette décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions des articles R.311-2-1 et R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction alors applicable ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des articles R. 311-2-1 et R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction applicable à la cause.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.
Par ordonnance du 2 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 mars 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Fougères a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant polonais né le 16 octobre 2001 à Anvers (Belgique) et déclarant être entré sur le territoire français en 2001, peu de temps après sa naissance, a présenté le 29 janvier 2021 une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par courrier du 25 février 2021, le préfet du Nord a sollicité la communication de la copie du passeport de M. A. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé d'enregistrer sa demande de délivrance de titre de séjour au motif que celle-ci était irrecevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 24 mars 2021, publié au recueil spécial des actes administratifs n° 72, confirmé par un arrêté du 14 avril 2021, publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture n° 89, puis par arrêté du 28 mai 2021, publié le même jour au recueil n° 122 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme B C, directrice de l'immigration et de l'intégration, signataire de la décision contestée, à l'effet de signer, notamment, cette décision. Par suite, dès lors qu'il n'est pas contesté que la décision en litige est intervenue après l'expiration du délai d'un mois fixé par le courrier du 25 février 2021 mais avant l'enregistrement de la présente requête, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision contestée, qui mentionne " Vous ne présentez pas, à l'appui, de document justifiant de votre nationalité et de votre état civil selon les dispositions de l'article R. 311-2-2 du code du CESEDA " sans qu'il soit nécessaire de lister les pièces fournies par M. A, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, de manière suffisamment circonstanciée pour, d'une part, mettre l'intéressé en mesure d'en discuter utilement les motifs et, d'autre part, permettre au juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant rejet pour irrecevabilité de sa demande de titre de séjour doit être écarté.
4. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur au moment de la décision contestée : " Il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de première délivrance ou de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise la présence de l'intéressé sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Il résulte de ces dispositions, combinées à celles de l'article R. 313-1 du même code, qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet.
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 311-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur au moment de la décision contestée : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné(e) à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 311-13-1, () ", ce dernier texte renvoyant à l'annexe 6-4, laquelle mentionne l'état civil de l'étranger et sa nationalité. Par ailleurs, l'article R. 311-2-2 de ce code, en vigueur au moment de la décision contestée, précise expressément que : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité et, le cas échéant, de ceux de son conjoint, de ses enfants et de ses ascendants ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour doit justifier de son état civil et de sa nationalité à l'aide d'un passeport, d'une carte nationale d'identité, d'une décision de justice ou de tout autre moyen qui établit cette nationalité.
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de titre de séjour, M. A ait justifié de sa nationalité, la copie de son acte de naissance en Belgique ne comportant aucune mention sur sa nationalité ou celle de ses parents, tandis que la copie traduite d'un simple formulaire de demande de passeport polonais renseigné le 14 janvier 2019 ne peut davantage permettre d'attester de sa nationalité. Dès lors, le préfet du Nord n'a pas commis d'erreur de droit ni même d'erreur d'appréciation en déclarant irrecevable sa demande de titre de séjour " vie privée et familiale ".
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris à fin d'injonction sous astreinte et d'application au profit de son conseil des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Cabaret et au préfet du Nord.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023.
Le rapporteur,
signé
V. FOUGERES
Le président,
signé
J.-M. RIOULa greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026