jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107072 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL (SELAFA) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 septembre 2021, Mme E B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 46 171,24 euros en réparation des préjudices subis à raison de l'accident de service survenu le 14 mars 2017, assortie des intérêts au taux légal ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros correspondant au frais d'expertise sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité sans faute de l'Etat est engagée sur le fondement du droit à réparation des préjudices résultant de l'accident de service du 14 mars 2017 ;
- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée à raison du refus de protection fonctionnelle et de la faute de service que constitue l'agression, reconnue imputable au service, dont elle a été victime de la part d'une collègue ;
- elle a subi, d'une part, des préjudices patrimoniaux résultant des dépenses de santé restées à sa charge, d'une perte de gains professionnels actuels et futurs ainsi que d'une incidence professionnelle et, d'autre part, un déficit fonctionnel temporaire, un pretium doloris et un préjudice psychologique dont elle demande réparation par le versement d'une indemnité d'un montant total de 46 171,24 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2022, le garde de sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance n° 1910535 du 28 mai 2020 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Lille a ordonné une expertise et désigné, en qualité d'expert, le docteur D ;
- la remise du rapport au greffe du tribunal administratif le 14 avril 2021 ;
- l'ordonnance n° 1910535 du 16 avril 2021 par laquelle la magistrate désignée a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise à la somme de 1 200 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 ;
- le décret n° 2010-997 du 26 août 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourgau, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E B, adjointe administrative, est affectée à l'antenne locale d'insertion et de probation de Valenciennes. Le 14 mars 2017, elle est bousculée sur son lieu de travail par une de ses collègues, qui aurait ensuite tenu des propos violents à son égard. Elle est placée en arrêt maladie pour état de stress réactionnel à la suite d'une agression au travail du 14 mars au 19 avril, du 27 avril au 9 juin et du 10 au 23 juillet et le 8 août 2017. Le
16 mars 2017, elle fait une déclaration d'accident de service. Par décision du 1er août 2017, le directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) de Lille rejette sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service. Par décision du 9 août 2017, elle est placée en congés de maladie ordinaire à demi-traitement le 8 juin 2017, du 10 au 23 juillet et le 8 août 2017. Le 17 novembre 2017, le docteur C, psychiatre agréé, conclut à l'imputabilité au service, à une prise en charge des arrêts de travail d'avril à juillet 2017 au titre de l'accident de service, à une consolidation au 17 novembre 2017 et à un taux d'incapacité permanente partielle de 5%. Le 18 janvier 2018, la commission de réforme émet un avis favorable à l'imputabilité au service. Par décision du 4 avril 2018, notifiée le 23 mai suivant, le DISP rejette la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service. Par un jugement n° 1708585 - 1708586 - 1804854 du 20 juin 2019, le tribunal administratif de Lille annule les décisions du 4 avril 2018 et du
1er août 2017 pour erreur d'appréciation et la décision du 9 août 2017 par voie de conséquence. Par décision du 5 août 2019, le DISP reconnaît l'imputabilité au service de l'accident du
14 mars 2017 et place Mme B en congé de maladie imputable au service. Par ordonnance n° 1910535 du 28 mai 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a désigné un expert afin d'évaluer l'état de santé de Mme B, les séquelles physiques et psychologiques en relation directe avec l'accident de service, la date de consolidation de son état de santé et les préjudices résultant de l'accident de travail ainsi que leur importance. A la suite de la remise par l'expert de son rapport le 14 avril 2021, Mme B a saisi l'administration, par courrier du 10 mai 2021 reçu le 12 mai suivant, d'une demande indemnitaire préalable tendant à l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'accident du 14 mars 2017, implicitement rejetée le 12 juillet 2021. Par la présente requête, Mme B sollicite la condamnation de l'Etat à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'accident de service du 14 mars 2017.
Sur la responsabilité de l'Etat :
2. D'une part, en vertu des articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite, les fonctionnaires civils de l'Etat qui se trouvent dans l'incapacité permanente de continuer leurs fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées en service peuvent être radiés des cadres par anticipation et ont droit au versement d'une rente viagère d'invalidité cumulable avec la pension rémunérant les services. D'autre part, l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984 impose à l'Etat d'allouer aux fonctionnaires atteints d'une invalidité résultant d'un accident de service entraînant une incapacité permanente d'au moins 10 % ou d'une maladie professionnelle une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec leur traitement et versée à compter de la date de reprise des fonctions. Compte tenu des conditions posées à leur octroi et de leur mode de calcul, la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Si les dispositions, rappelées ci-dessus, qui instituent ces prestations, déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions, elles ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute dans l'organisation ou le fonctionnement du service de nature à engager la responsabilité de cette collectivité. La circonstance que le fonctionnaire victime d'un accident de service ou d'une maladie professionnelle ne remplit pas les conditions auxquelles les dispositions mentionnées ci-dessus subordonnent l'obtention d'une rente ou d'une allocation temporaire d'invalidité fait obstacle à ce qu'il prétende, au titre de l'obligation de la collectivité qui l'emploie de le garantir contre les risques courus dans l'exercice de ses fonctions, à une indemnité réparant des pertes de revenus ou une incidence professionnelle. En revanche, elle ne saurait le priver de la possibilité d'obtenir de cette collectivité la réparation de préjudices d'une autre nature, dès lors qu'ils sont directement liés à l'accident ou à la maladie.
En ce qui concerne la responsabilité sans faute :
3. Il résulte de l'instruction que Mme B souffre d'un état de stress réactionnel reconnu imputable au service et que son état de santé a été considéré par l'expert désigné par le juge des référés du tribunal administratif de Lille comme consolidé à compter du 1er septembre 2018 avec un taux d'incapacité permanente partielle de 6%.
4. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que les conditions d'engagement de la responsabilité sans faute de l'Etat au titre de l'accident de service du 14 mars 2017 sont remplies.
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction alors en vigueur : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire () bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire./ () IV.-La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ".
6. Le droit à réparation institué par ces dispositions constituant un droit statutaire et non un régime de responsabilité, il n'est pas invocable par l'agent victime d'un accident de service afin d'obtenir réparation des préjudices en résultant, sauf s'il établit avoir saisi d'une demande son administration, que cette dernière aurait illégalement rejetée.
7. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme B aurait saisi son administration d'une demande de protection fonctionnelle, de sorte que l'administration ne peut se voir reprocher un refus fautif de protection fonctionnelle.
8. En second lieu, il résulte de l'instruction que le 14 mars 2017, alors qu'elle sortait de son bureau à 11h40 pour se rendre aux archives, Mme B a été bousculée, par sa collègue Mme A, laquelle a tenu des propos violents à son encontre en la traitant notamment de " malade ". L'agression, commise par Mme A sur le lieu de travail et durant les horaires de service, en dépit de son caractère fautif, ne peut néanmoins être regardée comme une faute dans l'organisation ou le fonctionnement du service. Et si Mme B soutient avoir prévenu sa hiérarchie qui n'aurait pris aucune mesure, elle ne produit aucun élément de nature à étayer ses allégations et mentionne au contraire, dans un courriel qu'elle a adressé au médecin de prévention, le soutien et la bienveillance de sa hiérarchie à la suite de cette agression.
9. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les conditions d'engagement de la responsabilité pour faute de l'Etat sont remplies.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
10. D'une part, par jugement ° 1708585 - 1708586 - 1804854 du 20 juin 2019, le tribunal administratif de Lille a annulé les décisions refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi par Mme B et a enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de reconnaître cette imputabilité. L'exécution de ce jugement implique nécessairement que Mme B bénéficie, durant les congés de maladie résultant de cet accident et jusqu'à la consolidation de son état de santé, du maintien de son traitement et de ses accessoires, du maintien de son régime indemnitaire dans les mêmes proportions et du remboursement des honoraires médicaux et frais de soins directement entraînés par l'accident, de sorte que l'absence de maintien de sa rémunération et le refus de prise en charge des honoraires médicaux et des frais de soins relève de la procédure d'exécution de ce jugement.
11. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 et 9 qu'en l'absence de faute de l'administration dans l'organisation ou le fonctionnement du service, Mme B n'est pas fondée à demander l'indemnisation du préjudice tiré de l'incidence professionnelle qu'aurait eu cet accident postérieurement à la date de consolidation de son état de santé.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
12. Mme B sollicite la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de
2 876 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire subi du 14 mars 2017 au
1er septembre 2018. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du docteur D, que Mme B a subi un déficit fonctionnel temporaire de classe 3, correspondant à un taux de 50%, du 14 mars au 8 juin 2017, puis de classe 2, correspondant à un taux de 25%, du 9 juin au 17 novembre 2017 et enfin de classe 1, correspondant à un taux de 10%, du
18 novembre 2017 au 1er septembre 2018, date de consolidation de son état de santé. Dans ces conditions, en retenant une base journalière d'indemnisation de treize euros, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en condamnant l'Etat à lui verser la somme de
1 466,40 euros (13 x (0,5 x 87 + 0,25 x 162 + 0,1 x 288)).
13. Mme B sollicite également la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 4 100 euros en réparation des souffrances endurées. Ces dernières ont été évaluées par l'expert à 3 sur une échelle de 7 compte tenu du choc émotionnel initial, du ressenti psycho-traumatique, de la réactivation de la symptomatologie du trouble de l'humeur antérieur, des sentiments délétères et des retentissements socioprofessionnels. Par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en condamnant l'Etat à lui verser la somme de 3 100 euros.
14. Mme B sollicite enfin la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice psychologique permanent. Ce faisant, elle doit être regardée comme demandant la réparation du déficit fonctionnel permanent que l'expert évalue à 6% compte tenu des manifestations anxieuses, des réminiscences pénibles, de la tension psychique, des cognitions négatives, des souffrances psychiques post consolidation pour le sentiment de dévalorisation et de discrédit qui influencent des cognitions négatives. Compte tenu de l'âge de la requérante, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 5 000 euros.
15. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à Mme B une indemnité de 9 566,40 euros en réparation des préjudices causés par l'accident de service du 14 mars 2017.
Sur les intérêts :
16. Aux termes du premier alinéa de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. ".
17. Mme B a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 9 566,40 euros à compter du 12 mai 2021, date de réception de sa demande par le garde des sceaux, ministre de la justice.
Sur les frais de l'instance :
En ce qui concerne les dépens :
18. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.
18. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise du docteur D, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 1 200 euros par l'ordonnance de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille du 16 avril 2021, à la charge définitive de l'Etat.
En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :
19. Aux termes de l'article L. 761 1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme B une somme de 9 566,40 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'accident de service survenu le 14 mars 2017, assortie des intérêts au taux légal à compter du 12 mai 2021.
Article 2 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 200 euros sont mis à la charge définitive de l'Etat.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
T. BOURGAULa présidente,
Signé
J. FÉMÉNIA
La greffière,
Signé
S. DEREUMAUX
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 210707
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026