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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2107536

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2107536

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2107536
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (1)
Avocat requérantSCP ABCG ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 48 SI du 10 juin 2016 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nuls ainsi que la décision de son recours gracieux formé par lettre du 16 juin 2021 ;

2°) d'annuler les décisions de retraits de points afférents aux infractions commises les 28 septembre 2011, 8 octobre 2011, 16 janvier 2012, 10 septembre 2012, 25 avril 2013, 6 août 2013 et 25 mars 2015 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire en reconstituant son capital de points, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête n'est pas tardive car la notification de la décision 48 SI n'a pas été régulière ;

- n'ayant pas commis d'infraction pendant un délai de trois ans à compter du 25 mars 2015, date de sa dernière infraction, il aurait dû bénéficier d'une reconstitution intégrale de son capital de points ;

- il n'a pas bénéficié des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à l'occasion des différentes infractions ayant donné lieu à retrait de points.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir, d'une part, que la requête est irrecevable pour tardiveté et, d'autre part, que les moyens soulevés ne sont, en tout état de cause, pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 17 mai 2022 à 23h59 par une ordonnance du 2 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Sur sa proposition, le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative par le président de la formation de jugement.

A été entendu au cours de l'audience publique du 28 juin 2022 le rapport de M. Fabre, rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 4 décembre 1981 à Auxerre, a commis une série d'infractions au code de la route, répertoriées à son relevé d'information intégral. Il en ressort qu'il a fait l'objet des retraits de points suivants : un point pour une infraction commise le 28 septembre 2011 à 09h50 à Avesnelles, quatre points pour une infraction commise le 8 octobre 2011 à 00h15 à Reims, trois points pour une infraction commise le 16 janvier 2012 à 19h00 à Reims, trois points pour une infraction commise le 10 septembre 2012 à 18h50 à Reims, trois points pour une infraction commise le 25 avril 2013 à 12h12 à Reims, un point pour une infraction commise le 6 août 2013 à 13h52 à Reims et trois points pour une infraction commise le 25 mars 2015 à 15h20 à Maubeuge. Par une décision du 10 juin 2016, le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision 48 SI, la décision de rejet de son recours gracieux ainsi que ces différentes décisions de retrait de points.

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la décision 48 SI du 10 juin 2016, qui comportait l'énoncé des voies et délais de recours, a été adressée au requérant par lettre recommandée avec avis de réception, présentée le 18 juin 2016, mise en instance au bureau de poste puis renvoyée à son expéditeur avec la mention " pli avisé non réclamé ". Ce courrier a été envoyé au 21 Le Galaxy à Louvroil, dans le département du Nord, dernière adresse connue de l'administration. Si le requérant soutient que cette adresse n'était plus d'actualité, il n'en apporte pas la preuve. Au demeurant, le pli n'est pas revenu avec la mention que l'intéressé n'habite pas à l'adresse indiquée mais avec la mention " pli avisé non réclamé ". Par voie de conséquence, le requérant doit être regardé comme ayant eu connaissance de la décision 48 SI, ainsi que des différentes décisions de retraits de points qui y sont récapitulées, le 18 juin 2016. Sa requête contre ces différentes décisions n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 22 septembre 2021. Elle est tardive et donc irrecevable, sans que le recours gracieux formé contre la décision 48 SI par lettre du 16 juin 2021 ait pu rouvrir le délai de recours contentieux. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens soulevés, la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

signé

X. CLa greffière

signé

S. MAUFROID

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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