mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107707 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (1) |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2021, M. B C, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée 48SI du 7 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points et lui a enjoint de restituer celui-ci dans un délai de dix jours ;
2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré les points affectés à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 22 mai 2020, 14 septembre 2020, 10 novembre 2018, 3 octobre 2018, 1er février 2018, 2 mai 2018, 16 mars 2018, 23 février 2018, 25 juin 2017, 31 août 2016, 13 janvier 2016, 7 septembre 2015, 11 avril 2014, 10 mars 2014 et 12 novembre 2011 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés sur son titre de conduite, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- la réalité des infractions qui lui sont reprochées n'est pas établie ;
- les informations préalables obligatoires prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de l'absence de notification des différents retraits de points est inopérant ;
- aucun des autres moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par une ordonnance du 18 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu le rapport de Mme A au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée 48SI du 7 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. C pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer. Par la présente requête, l'intéressé demande l'annulation de cette décision 48SI ainsi que l'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 22 mai 2020, 14 septembre 2020, 10 novembre 2018, 3 octobre 2018, 1er février 2018, 2 mai 2018, 16 mars 2018, 23 février 2018, 25 juin 2017, 31 août 2016, 13 janvier 2016, 7 septembre 2015, 11 avril 2014, 10 mars 2014 et 12 novembre 2011.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la réalité des infractions :
2. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
3. En l'espèce, il ressort des mentions du relevé d'information intégral de M. C, dont les informations sont issues du système national des permis de conduire, d'une part, que ce dernier a acquitté les amendes forfaitaires qui lui ont été infligées suite aux infractions des 14 septembre 2020, 10 novembre 2018, 3 octobre 2018, 2 mai 2018, 16 mars 2018, 23 février 2018, 25 juin 2017, 31 août 2016, 13 janvier 2016, 7 septembre 2015, 11 avril 2014, 10 mars 2014 et 12 novembre 2011, d'autre part, que des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée ont été émis à son encontre suite aux infractions des 1er février 2018 et 22 mai 2020.
4. Si le requérant conteste la réalité de ces infractions, il n'établit ni même n'allègue, pour les infractions en cause, avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de ces infractions ou de l'envoi des avis de contravention non plus qu'une réclamation ayant entrainé l'annulation du titre exécutoire et ne fait, par ailleurs, état d'aucun élément qui serait de nature à remettre en cause l'exactitude de ces mentions. Dans ces conditions, la réalité de ces infractions doit être regardée comme établie.
En ce qui concerne le défaut d'information préalable :
5. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information.
S'agissant des infractions commises les 1er février 2018 et 22 mai 2020 :
6. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée étant revêtu des mentions portant à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit ainsi à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que celui-ci était inexact ou incomplet. Il en va autrement si le contrevenant, qui conteste les éléments du relevé d'information intégral et l'attestation de paiement établie par le comptable public produite en défense par le ministre, apporte la preuve que le paiement de l'amende forfaitaire majorée est intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public.
7. Il résulte de l'instruction, notamment des mentions du relevé intégral d'information de M. C, que les infractions commises les 1er février 2018 et 22 mai 2020 par l'intéressé ont été relevées, respectivement, par l'intermédiaire d'un radar automatique et par procès-verbal électronique, et ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées devenues définitives respectivement les 19 juin 2018 et 30 novembre 2020. Le ministre produit une attestation du trésorier du contrôle automatisé certifiant l'encaissement de l'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction du 1er février 2018. Il produit également le bordereau de situation des amendes et autres créances de l'intéressé en date du 23 novembre 2021 sur lequel apparait le paiement de l'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction du 22 mai 2020. L'intéressé n'apporte aucun élément de nature à établir que ces paiements seraient intervenus par la voie du recouvrement forcé. Il a ainsi nécessairement reçu les formulaires d'avis de contravention, dont il n'est pas établi qu'ils auraient été inexacts ou incomplets, qui comportent une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Le moyen tiré du défaut d'information doit, s'agissant de ces infractions, être écarté.
S'agissant des infractions commises les 11 avril 2014, 25 juin 2017, 23 février 2018, 16 mars 2018, 2 mai 2018 et 3 octobre 2018 :
8. Il résulte des arrêtés pris pour 1'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de 1'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
9. Les infractions commises les 11 avril 2014, 25 juin 2017, 23 février 2018, 16 mars 2018, 2 mai 2018 et 3 octobre 2018 ont été constatées par radar automatique sans interception du véhicule. M. C a payé les amendes forfaitaires correspondantes, ainsi qu'il ressort de son relevé d'information intégral. Il en découle qu'il a nécessairement reçu les avis de contravention correspondants à ces infractions. Eu égard aux mentions dont ces avis doivent être revêtus, et en l'absence de tout élément de nature à établir qu'il aurait été destinataire d'un avis inexact ou incomplet, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'administration ne s'est pas acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. S'agissant de ces infractions, ce moyen doit, par suite, être écarté.
S'agissant des infractions commises les 12 novembre 2011, 10 mars 2014, 7 septembre 2015, 13 janvier 2016, 31 août 2016, 10 novembre 2018 et 14 septembre 2020 :
10. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale en vigueur à la date des infractions litigieuses, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de 1'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
11. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. C que les infractions des 12 novembre 2011, 10 mars 2014, 7 septembre 2015, 13 janvier 2016, 31 août 2016, 10 novembre 2018 et 14 septembre 2020 ont été constatées par procès-verbaux électroniques. L'intéressé a payé les amendes forfaitaires correspondantes, respectivement, les 30 novembre 2011, 2 avril 2014, 2 octobre 2015, 2 février 2016, 28 septembre 2016, 22 février 2019 et 15 janvier 2021. M. C ne conteste pas ces éléments et n'allègue pas que les avis de contravention, qu'il a nécessairement reçus, seraient inexacts ou incomplets. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable, s'agissant de ces infractions, doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C à fin d'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 22 mai 2020, 14 septembre 2020, 10 novembre 2018, 3 octobre 2018, 1er février 2018, 2 mai 2018, 16 mars 2018, 23 février 2018, 25 juin 2017, 31 août 2016, 13 janvier 2016, 7 septembre 2015, 11 avril 2014, 10 mars 2014 et 12 novembre 2011 ainsi que de la décision 48SI du 7 juillet 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent l'être également.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La magistrate désignée,
signé
C. A
La greffière,
signé
S. SING
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026