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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2203118

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2203118

jeudi 1 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2203118
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMAACHI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 avril 2022 et le 23 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Maachi, forme opposition devant le tribunal à la contrainte émise à son encontre le 29 mars 2022 par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord aux fins de recouvrement de la somme globale de 818,26 euros correspondant à :

- un indu de prime d'activité (IM3 002) d'un montant de 513,36 euros pour la période du 1er juin 2018 au 30 novembre 2018 ;

- un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année (ING 001) d'un montant de 152,45 euros au titre de l'année 2018 ;

- un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année (ING 002) d'un montant de 152,45 euros au titre de l'année 2019.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 juin 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête comme étant irrecevable.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ".

2. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée ou d'une prestation recouvrable sur la succession et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code et L. 725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. " Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 133-8-7, L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. / () / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. () ".

3. Il résulte de l'instruction que la contrainte litigieuse, émise le 29 mars 2022 et qui comporte l'exacte mention des voies et délais de recours, a été notifiée au requérant le 2 avril 2022. M. A disposait donc à compter de cette date d'un délai de recours contentieux de quinze jours prévu par les dispositions précitées. Il résulte cependant de l'instruction que le requérant a présenté son opposition à contrainte par le biais de l'application informatique " Télérecours citoyens " seulement le 26 avril 2022, soit postérieurement à l'expiration de ce délai. Cette requête, ainsi que l'admet M. A par ses écritures, est dès lors tardive et manifestement irrecevable, sans qu'il puisse se prévaloir de la circonstance qu'il a été testé positif au covid-19 le 29 mars 2022, et d'un voyage à Paris le 7 avril 2022 " pour la préparation d'un film ", ce qui ne faisait nullement obstacle à la présentation, comme cela a été le cas, d'une requête par le biais de l'application télérecours citoyens. Il y a en conséquence lieu de la rejeter, en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. Aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Sans préjudice des sanctions prévues à l'article 441-7 du code pénal, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : / () / 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable ; / () ". Aux termes de l'article 51 de cette loi : " Le retrait de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat peut intervenir jusqu'à quatre ans après la fin de l'instance ou de la mesure. Il peut être demandé par tout intéressé. Il peut également intervenir d'office. / Le retrait est prononcé : / () / 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° du même article 50. " Enfin, aux termes de l'article 65 du décret du 28 décembre 2020 visé ci-dessus : " Pour l'application du deuxième alinéa de l'article 51 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée, le retrait de l'aide juridictionnelle peut être décidé par le bureau ou la section qui a prononcé l'admission, soit d'office, soit à la demande de la juridiction qui a eu à connaître de l'affaire, de tout intéressé ou du ministère public, après avis d'un avocat membre du bureau d'aide juridictionnelle. / () / Lorsque la procédure engagée par le bénéficiaire de l'aide a été jugée dilatoire, abusive ou manifestement irrecevable, le retrait est prononcé par la juridiction saisie qui en avise le bâtonnier et le bureau d'aide juridictionnelle. / () ".

5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. A est manifestement irrecevable. Il y a par suite lieu, en application des dispositions précitées, de retirer à celui-ci le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans la présente instance.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale est retiré à M. A dans la présente instance.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Maachi, et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie en sera adressée, pour information, au bâtonnier de l'ordre des avocats de Lille, à la caisse d'allocations familiales du Nord et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille.

Fait à Lille, le 1er décembre 2022.

Le président de la 6ème chambre,

signé

J.-M. RIOU.

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

La greffière,

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