lundi 20 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2205951 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | VERGNOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 août 2022 et le 22 septembre 2022, Mme A D, représentée par Me Vergnole, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet du Nord a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet du Nord n'a pas procédé à un examen sérieux et particulier de sa situation ;
- elle est entachée de vices de procédure, tenant à la composition irrégulière du collège des médecins de l'OFII, à l'absence d'un débat collégial entre les médecins de ce même collège et à l'impossibilité d'identifier ces mêmes médecins ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant refus d'admission au séjour ;
- le préfet du Nord n'a pas procédé à un examen sérieux et particulier de sa situation ;
- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet du Nord n'a pas procédé à un examen sérieux et particulier de sa situation ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet du Nord n'a pas procédé à un examen sérieux et particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en tant que le préfet du Nord s'est cru en situation de compétence liée en fixant une interdiction de retour d'une durée d'un an ;
- elle méconnait l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 8 septembre 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir :
- à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Vergnole, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante américaine née le 14 décembre 1997, est entrée en France le 17 août 2019 sous couvert d'un visa étudiant expirant le 1er août 2020. Le 22 avril 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 25 mars 2022, le préfet du Nord a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la requête susvisée, Mme D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les moyens communs :
2. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté contesté que celui-ci mentionne tant les circonstances de fait que de droit sur lesquelles le préfet du Nord s'est fondé pour édicter les décisions refusant à la requérante un titre de séjour et fixant le pays de destination. Elles sont ainsi suffisamment motivées pour l'application des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, l'obligation de quitter le territoire français ayant étant prise en conséquence d'un refus de titre de séjour suffisamment motivé et édicté sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte en application des dispositions de l'article L. 613-1 du même code. Enfin, en ce qui concerne la décision portant interdiction de retour, l'arrêté contesté vise les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énonce, de manière suffisamment circonstanciée, les considérations de fait prises en compte par le préfet du Nord au regard des différents critères énoncés à l'article L. 612-10 précité. Il mentionne à cet effet l'entrée récente sur le territoire de Mme D ainsi que ses absences d'attache en France, de mesure d'éloignement antérieure et de menace à l'ordre public que constituerait son comportement. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté dans ses différentes branches.
3. En second lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des pièces du dossier que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen particulier de la situation de Mme D préalablement à son édiction. Par suite, le moyen tiré de ce que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un tel examen doit être écarté.
Sur le refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () .".
5. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé.
Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". L'article R. 425-12 du même code énonce que : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins () ". Aux termes de l'article R. 425-13 dudit code : " Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle () ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le rapport médical sur l'état de santé de Mme D a été rédigé par le docteur F, le 7 juillet 2021 et que le collège de médecins de l'OFII qui a émis un avis sur son état de santé le 29 juillet 2021, était composé des docteurs Truze, Horrach et Triebsch. Par suite, le médecin instructeur n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII qui a rendu l'avis litigieux. Par ailleurs, il résulte des mentions figurant sur cet avis que celui-ci a été rendu, par les trois médecins précités de l'OFII, " après en avoir délibéré ". En l'absence de production d'éléments par la requérante de nature à remettre en cause ces mentions et alors que les médecins qui ont siégé sont identifiables contrairement à ce que soutient Mme D, le moyen tiré de ce que l'avis a été rendu au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté en toutes ses branches.
7. D'autre part, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour sollicité sur le fondement de ces dispositions, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII, que cette décision ne peut avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
8. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux et des compte-rendus de consultations établis par les praticiens du pôle psychiatrie du centre hospitalier universitaire de Lille les 6 janvier 2021, 15 février 2021 et 13 avril 2021, que Mme D présente une dysphorie de genre et souffre de troubles de stress post-traumatique et du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, d'épisodes dépressifs caractérisés récurrents ainsi que de troubles paniques. Dans son avis du 29 juillet 2021, le collège des médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'il existe un traitement approprié dans son pays d'origine et que son état de santé lui permet de voyager sans risque vers le territoire de ce pays. Si Mme D fait valoir qu'en raison d'une dette de 27 000 dollars contractée dans le cadre de ses études et du caractère onéreux d'un suivi psychiatrique aux Etats-Unis, elle ne sera pas en mesure de bénéficier du traitement et du suivi psychiatrique régulier requis par son état de santé, elle n'établit pas, ni même n'allègue qu'elle serait dans l'impossibilité de disposer, dans son pays d'origine, d'un emploi et d'une couverture sociale permettant la prise en charge de tels soins ainsi que celle de son traitement médicamenteux constitué de sertraline, d'oxazepam, de ritaline et d'optidril. Il ne ressort pas non plus des différents documents médicaux versés au dossier que le lien entre les pathologies de la requérante et les événements traumatisants que celle-ci invoque, serait tel qu'il ne permettrait pas, dans son cas, d'envisager un traitement effectivement approprié aux Etats-Unis. Par suite, en refusant de délivrer un titre de séjour à la requérante en raison de son état de santé, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen doit être écarté.
9. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme D réside en France depuis moins de trois ans à la date de la décision attaquée. Elle est célibataire et sans charge de famille et si elle justifie avoir tissé des liens amicaux intenses en France, elle n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où résident encore ses parents ainsi que ses frères et sœurs, avec lesquels elle est en contact régulier, et où elle a elle-même vécu jusqu'à l'âge de 21 ans. Si elle soutient être rejetée par ses parents en raison de son orientation sexuelle et de son questionnement sur son identité de genre, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations, le compte-rendu de consultation du 13 avril 2021 du docteur B, psychiatre, se bornant à mentionner l'existence de simples " tensions avec ses parents du fait qu'ils n'accepteraient pas sa trans-identité " tout en soulignant l'existence par ailleurs d'" un bon étayage familial ". En outre, Mme D, qui n'a pas validé son master en cybersécurité lors de son année d'études en France, ne justifie d'aucune insertion professionnelle en France et n'établit pas qu'elle serait dans l'incapacité de reprendre ses études entamées dans son pays d'origine en 2017 ou de s'y réinsérer professionnellement. Dans ces conditions, la décision contestée ne porte pas au droit de Mme D au respect de sa privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En troisième et dernier lieu, eu égard aux motifs mentionnés aux points 8 et 9 du présent jugement, le préfet n'a pas fait une appréciation manifestement erronée des conséquences de sa décision de refus de titre de séjour sur la situation personnelle de Mme D. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision refusant un titre de séjour à Mme D doivent être rejetées.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.
13. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 8 et 9, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
14. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.
17. En deuxième lieu, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
18. D'une part, si Mme D allègue qu'elle ne peut retourner aux Etats-Unis sans être soumise à des menaces et à des faits d'harcèlement psychologique du fait de son orientation sexuelle, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. D'autre part, elle n'établit pas non plus, ainsi qu'il a été dit au point 8, qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un suivi médical adapté à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations précitées doit être écarté en toutes ses branches.
19. En troisième et dernier lieu, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation dans la fixation du pays de destination n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
20. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
21. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la mesure d'éloignement prise à l'encontre de Mme D n'est pas entachée d'illégalité. Par suite le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de cette décision, doit être écarté.
22. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
23. En l'espèce et ainsi qu'il a été énoncé au point 9, Mme D est entrée en France de manière récente et elle ne peut être regardée comme y ayant fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux. Ainsi, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord aurait commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
24. En troisième et dernier lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit est dépourvu des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
25. Ainsi, les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an doivent être rejetées.
26. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de Mme D doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Vergnole et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Liénard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
Q. LIENARD
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Nord ce en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026