vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2208011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ZAMBO MVENG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 et 25 octobre 2022, M. D C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Saône a décidé son maintien en rétention administrative à la suite de sa demande d'asile formée en rétention administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire, tel que prévu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des pièces et un mémoire en défense, enregistrés les 16 et 17 novembre 2022, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Piou, magistrate désignée ;
- les observations de Me Zambo Mveng représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; il abandonne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte contesté et reprend les autres moyens invoqués dans la requête qu'il développe ;
- les observations de M. C, assisté de Mme B, interprète assermentée en langue arabe ;
- le préfet de la Haute-Saône n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant algérien, s'est vu notifier le 27 mai 2022 un arrêté du même jour du préfet du Val-de-Marne portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans. A la suite de son interpellation le 11 octobre 2022 pour des faits de vol à l'étalage et de son placement en garde à vue, il s'est vu notifier le 13 octobre 2022 un arrêté de placement en rétention du préfet de la Haute-Saône du jour même. Par l'arrêté attaqué, ce préfet a décidé de son maintien en rétention après qu'il a présenté une demande d'asile.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui fait notamment état de ce que M. C a fait l'objet de deux mesures d'éloignement, le 5 mai 2021 et le 27 mai 2022, assorties chacune d'une interdiction de retour sur ce territoire, de ce qu'il a déclaré en audition être présent en France depuis 2019, n'avoir entrepris aucune demande de régularisation de sa situation administrative, notamment au titre de l'asile, et ne pas s'opposer à un retour en Algérie, de ce qu'il n'a fait mention d'aucun risque encouru en cas de retour en Algérie, en tire pour conséquence que sa demande d'asile doit être regardée comme n'ayant été introduite qu'en vue de retarder ou compromettre l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Par ailleurs, y sont visés les textes applicables, notamment l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait constituant le fondement de la décision de maintien en rétention litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, M. C soutient que le préfet ne l'a pas mis à même de présenter des observations préalablement à l'édiction de la décision en litige, en méconnaissance du principe général du droit d'être entendu énoncé par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Cependant, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que ledit article 41 s'adresse, non pas aux Etats membres, mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Toutefois, et ainsi que l'a jugé la Cour de Justice de l'Union européenne dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même, d'une part, de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour ainsi que les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour, d'autre part, de recourir à un conseil juridique pour bénéficier de l'assistance de ce dernier lors de son audition par cette autorité. Il n'implique en revanche pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision le maintenant en rétention pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celui-ci, dans l'attente de son départ, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C a été informé lors de son audition par les services de police de l'Hay-les-roses le 27 mai 2022, en présence d'un interprète, qu'il était susceptible de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, laquelle pouvait être assortie d'un placement en rétention et a été invité à présenter ses observations. Par ailleurs, lors de son audition le 11 octobre 2022 par la compagnie de gendarmerie départementale de Vesoul, en présence d'un interprète, il a également été informé de l'éventuelle adoption à son encontre d'une mesure d'éloignement et a été invité à présenter ses observations. M. C n'a ainsi pas été privé de la possibilité d'être entendu et de faire état de ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine. Le vice de procédure ainsi soulevé doit, dès lors, être écarté.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ./ Cette décision de maintien en rétention n'affecte ni le contrôle ni la compétence du juge des libertés et de la détention exercé sur le placement et le maintien en rétention en application du chapitre III du titre IV. La décision de maintien en rétention est écrite et motivée./ A défaut d'une telle décision, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7. ".
6. Alors que M. C a confirmé lors de l'audience avoir rejoint la France au cours de l'année 2019 et qu'il a fait l'objet de deux mesures d'éloignement depuis cette date, il n'a effectué aucune démarche en vue d'obtenir l'asile en France et ne soutient ni même n'allègue en avoir effectué en Espagne où il résidait jusqu'alors. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que lors des auditions réalisées par les forces de l'ordre les 27 mai et 11 octobre 2022, il a indiqué être venu en France pour travailler et pour voir sa sœur. Enfin, informé de la possibilité de voir de nouveau édicter à son encontre une mesure d'éloignement à destination de l'Algérie, il a indiqué qu'il ne s'opposerait pas à son exécution et retournerait alors dans son pays d'origine. S'il ressort certes de pièces du dossier qu'il a évoqué par deux fois, en 2021 puis en 2022, des craintes en cas de retour dans ce pays, tantôt imputées à des membres de la famille de son ancienne compagne, tantôt à des forces armées, sans plus de précisions, il indiquait en revanche le 27 mai 2022 ne faire l'objet d'aucune persécution en Algérie. Dans ces conditions, eu égard à l'ensemble de ces éléments objectifs et à l'inconstance de son discours, le préfet de la Haute-Saône a pu à juste titre estimer que la demande d'asile formulée par M. C au cours de sa rétention n'avait d'autre objet que de faire échec à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Il s'ensuit que le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation s'agissant du caractère dilatoire de la demande d'asile de l'intéressé et dans l'application des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Saône a décidé de le maintenir en rétention le temps de l'examen de sa demande d'asile.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet la Haute-Saône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.
La magistrate,
Signé,
C. A
La greffière,
Signé,
O. DEBUISSY
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026