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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2301481

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2301481

mardi 11 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2301481
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantVERGNOLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

F une requête, enregistrée le 16 février 2023, M. A D, représenté F Me Vergnole, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 février 2023 F lequel le préfet du Nord a décidé de le transférer aux autorités slovènes ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer un dossier en vue de saisir l'Office français de protection des réfugiés ou apatrides ou, à défaut, d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. D soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 5 du règlement no 604/2013/UE du 26 juin 2013, de l'article 35 de ce même règlement et de l'article 4.4 de la directive no 2013/32/UE du 26 juin 2013.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. D a été admis à l'aide juridictionnelle totale F une décision du 27 mars 2023 du bureau d'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 de la Commission ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme E en application de l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Varenne, magistrate désignée,

- les observations de Me Vergnole, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête F les mêmes moyens ; elle soutient, en outre, que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé et d'une erreur de fait ; elle soutient également que cette décision méconnaît les dispositions de l'article 24 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 ainsi que les dispositions de l'article 17 de ce même règlement combinées à celles de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet du Nord n'étant ni présent ni représenté ;

- les observations de M. D, assisté de Mme C, interprète assermentée en langue arabe, qui répond aux questions posées F le tribunal.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant libanais né le 7 février 1971 à Nabati (Liban), a déposé une demande d'asile en France enregistrée le 16 janvier 2023 F les services de la préfecture du Nord. A la suite de cette demande, le préfet du Nord a constaté que l'intéressé avait été enregistré en qualité de demandeur d'asile en Grèce le 27 août 2019, en Slovénie le 19 octobre 2021 et en Allemagne le 14 décembre 2021. Si, en application de l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme du 21 janvier 2011, M. B c/ Grèce, le préfet du Nord n'a pas saisi les autorités grecques d'une demande de reprise en charge, il a en revanche demandé aux autorités slovènes et allemandes, le 17 janvier 2023, de reprendre en charge de M. D. Si l'Allemagne a refusé de faire droit à cette demande, la Slovénie a fait connaître son accord le 26 janvier 2023. F l'arrêté attaqué, le préfet du Nord a décidé de transférer M. D aux autorités slovènes.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit F le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit F la juridiction compétente ou son président ".

3. F une décision du 27 mars 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille, M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. F suite, sa demande tendant à être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire est devenue sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les Etats membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. () / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené F une personne qualifiée en vertu du droit national. () ". Aux termes de l'article 35 de ce même règlement : " 1. Chaque État membre notifie sans délai à la Commission les autorités chargées en particulier de l'exécution des obligations découlant du présent règlement et toute modification concernant ces autorités. Les États membres veillent à ce qu'elles disposent des ressources nécessaires pour l'accomplissement de leur mission et, notamment, pour répondre dans les délais prévus aux demandes d'informations, ainsi qu'aux requêtes aux fins de prise en charge et de reprise en charge des demandeurs. / () / . Les autorités visées au paragraphe 1 reçoivent la formation nécessaire en ce qui concerne l'application du présent règlement. () ". F ailleurs, aux termes de l'article 4 de la directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale : " 1. Les États membres désignent pour toutes les procédures une autorité responsable de la détermination qui sera chargée de procéder à un examen approprié des demandes conformément à la présente directive. Les États membres veillent à ce que cette autorité dispose des moyens appropriés, y compris un personnel compétent en nombre suffisant, pour accomplir ses tâches conformément à la présente directive. / 2. Les États membres peuvent prévoir qu'une autorité autre que celle mentionnée au paragraphe 1 est responsable lorsqu'il s'agit: / a) de traiter les cas en vertu du règlement (UE) no 604/2013, et / b) d'octroyer ou de refuser l'autorisation d'entrée dans le cadre de la procédure prévue à l'article 43, sous réserve des conditions qui y sont énoncées et sur la base de l'avis motivé de l'autorité responsable de la détermination. / () / 4. Lorsqu'une autorité est désignée conformément au paragraphe 2, les États membres veillent à ce que le personnel de cette autorité dispose des connaissances appropriées ou reçoive la formation nécessaire pour remplir ses obligations lors de la mise en œuvre de la présente directive. ".

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. D a bénéficié, le 16 janvier 2023, de l'entretien individuel prévu F les dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 F le truchement d'un interprète en langue arabe, langue qu'il a déclaré comprendre, lire et parler. Aucune disposition du règlement précité n'impose à l'agent de la préfecture qui conduit l'entretien prévu à l'article 5 de ce règlement de faire apparaître ses nom, prénom et qualité sur le compte rendu de cet entretien. F suite, l'absence de ces mentions est sans incidence sur la régularité de la procédure suivie et ne saurait démontrer que l'agent de la préfecture qui a auditionné M. D et qui a apposé sa signature sur le compte-rendu de cet entretien n'aurait pas été qualifié en vertu du droit national au sens des dispositions précitées de l'article 5 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 pour mener un tel entretien après avoir reçu une formation appropriée. En outre, aucun élément du dossier ne permet d'établir que l'entretien dont a bénéficié le requérant n'aurait pas été conduit dans des conditions de nature à en garantir la confidentialité. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation de l'article 5 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 doit être écarté.

6. M. D ne peut, d'autre part, se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 35 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 lesquelles relèvent du chapitre VII de ce règlement et sont uniquement relatives à la " coopération administrative " entre les États membres et la Commission. Il ne peut davantage se prévaloir des dispositions de l'article 4.4 de la directive n° 2013/32/UE dite " Procédures ", entièrement transposée en droit interne et dont il n'est pas soutenu qu'elle l'aurait été de manière imparfaite. F suite, les moyens tirés de la violation des dispositions de l'article 35 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article 4 de la directive n° 2013/32/UE du 26 juin 2013 doivent être écartés.

7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, complétées F les déclarations du requérant lors de l'audience, dont la véracité n'est pas contestée F le préfet, ni présent ni représenté devant le tribunal, que M. D a été interpellé le 18 novembre 2022 F les services de police de Calais et placé en centre de rétention. Constatant que le requérant avait été enregistré F les autorités grecques, slovènes et allemandes en qualité de demandeur d'asile avant son entrée en France, le préfet du Pas-de-Calais a saisi les autorités slovènes et allemandes d'une demande de reprise en charge. Seules les autorités slovènes ont accepté de reprendre en charge le requérant le 22 novembre 2022. Il n'est pas démontré que le préfet du Pas-de-Calais aurait pris, à la suite de cette acceptation, une décision de transfert vers les autorités slovènes. Le requérant a ensuite été libéré de centre de rétention, au mois de janvier 2023 selon ses dires, et le préfet du Pas-de-Calais l'a déclaré en fuite. En mentionnant, dans la décision attaquée, que le requérant a été déclaré en fuite sans préciser l'existence ou non d'une précédente mesure de transfert qui aurait été prise F le préfet du Pas-de-Calais, le préfet du Nord, dont il n'est pas démontré qu'il aurait eu connaissance des circonstances dans lesquelles cette déclaration de fuite a été édictée, ne peut ainsi être regardé comme ne s'étant pas livré à un examen sérieux de la situation de l'intéressé. Au demeurant, ces éléments sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée qui a été prise, en tout état de cause, dans un délai de six mois à la suite de la première acceptation de la reprise en charge de M. D F les autorités slovènes le 21 novembre 2022 et dans un délai de six mois à compter de la seconde acceptation, le 26 janvier 2023, permettant ainsi l'exécution du transfert dans le délai prévu F l'article 29 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013. F suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation du requérant doit être écarté.

8. En troisième lieu, à supposer même que le préfet du Pas-de-Calais ait déclaré le requérant en fuite sans que celui-ci ait cherché à se soustraire à ses convocations en préfecture et que le préfet du Nord ait ainsi commis une erreur de fait en reprenant cet élément dans la décision attaquée, celle-ci est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée qui, ainsi qu'il a été exposé au point précédent, a été prise avant l'expiration du délai de six mois prévu F les dispositions de l'article 29 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 24 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 : " Présentation d'une requête aux fins de reprise en charge lorsque aucune nouvelle demande a été introduite dans l'État membre requérant /1. Lorsqu'un État membre sur le territoire duquel une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), se trouve sans titre de séjour et auprès duquel aucune nouvelle demande de protection internationale n'a été introduite estime qu'un autre État membre est responsable conformément à l'article 20, paragraphe 5, et à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), il peut requérir cet autre État membre aux fins de reprise en charge de cette personne. / 2. F dérogation à l'article 6, paragraphe 2, de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, lorsqu'un État membre sur le territoire duquel une personne se trouve sans titre de séjour décide d'interroger le système Eurodac conformément à l'article 17 du règlement (UE) no 603/2013, la requête aux fins de reprise en charge d'une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b) ou c), du présent règlement ou d'une personne visée à son article 18, paragraphe 1, point d), dont la demande de protection internationale n'a pas été rejetée F une décision finale, est formulée aussi rapidement que possible et, en tout état de cause, dans un délai de deux mois à compter de la réception du résultat positif Eurodac, en vertu de l'article 17, paragraphe 5, du règlement (UE) no 603/2013. () ".

10. Si M. D soutient qu'il n'est pas démontré que la première demande de reprise en charge adressée F le préfet du Pas-de-Calais aux autorités slovènes aurait été effectuée dans le délai de deux mois prévu F les dispositions précitées de l'article 24 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013, il ressort du formulaire de saisine adressé F le préfet du Pas-de-Calais aux autorités slovènes le 19 novembre 2022 que le résultat positif Eurodac concernant le requérant a été obtenu le 18 novembre 2022 F les autorités françaises. F suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 24 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 doit être écarté.

11. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". F ailleurs, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () 2. () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable ". Enfin, aux termes de l'article 17 du même règlement : " 1. F dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée F un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () / 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. Les personnes concernées doivent exprimer leur consentement F écrit ".

12. Ces dispositions doivent être appliquées dans le respect des droits garantis F la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. F ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les États membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un État autre que la France, que cet État a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet État membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, F tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection F cet État membre l'intéressé fasse l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance F cet État de ses obligations

13. En l'espèce, M. D soutient qu'il craint, en cas de transfert vers la Slovénie, où il n'est jamais parvenu à déposer une demande d'asile, d'être éloigné vers la Bosnie-Herzégovine puis de ce pays vers le Liban où il risque d'être soumis à des traitements inhumains ou dégradants. Il ne ressort cependant d'aucune pièce du dossier qu'il ne pourrait effectivement déposer une demande d'asile en Slovénie ni que celle-ci ne serait pas examinée F les autorités de cet État. Il ressort d'ailleurs des pièces du dossier que la Slovénie a accepté sa reprise en charge sur le fondement de l'article 18. 1 b du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 relatif à la reprise en charge des demandeurs d'asile dont la demande d'asile est en cours d'examen. Il n'est pas davantage démontré qu'il risquerait, en cas de transfert vers la Slovénie, d'être renvoyé en Bosnie-Herzégovine puis au Liban. F suite, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 doivent être écartés.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 février 2023 F lequel le préfet du Nord a décidé de le transférer aux autorités slovènes.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire de M. D.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Marion Vergnole et au préfet du Nord.

Rendu public F mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.

La magistrate désignée,

signé

M. E

Le greffier,

signé

B. NIEUWJAER

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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