mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2307170 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | FORTUNATO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 août 2023 et 8 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Fortunato, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 4 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français avant l'expiration d'un délai d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, une carte de séjour portant la mention " salarié " d'un an, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fortunato, avocate de M. A, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
- elles ont été prises par une autorité incompétente.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la liste des métiers en tension ne lui est pas opposable ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application de ces textes.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît son droit à la santé ainsi que les stipulations des articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application de ces dispositions ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application de ces stipulations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2023, le préfet du Nord, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 1er avril 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Lançon a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen (Conakry) né le 10 juin 1992, est entré en France en 2017. Il a fait l'objet, le 9 juillet 2017, d'une décision du préfet des Pyrénées orientales de remise aux autorités espagnoles qui n'a pas été exécutée. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 13 mars 2018, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile qui a rejeté le recours de l'intéressé par une décision du 2 avril 2019. M. A s'est vu notifier un arrêté du 4 juillet 2019 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié. Il s'est vu délivrer, suite à sa demande du 6 janvier 2020, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en raison de son état de santé, valable du 15 juin 2020 au 14 décembre 2020. Le renouvellement de ce titre lui a été refusé par un arrêté du 5 septembre 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé son admission au séjour et l'a obligé de quitter le territoire français. Par un jugement du 15 juin 2022, n° 2110104, le tribunal administratif de Lille a rejeté le recours de M. A formé contre cet arrêté. Ce dernier a demandé, le 14 octobre 2022, son admission exceptionnelle au séjour et la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 4 juillet 2023, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français avant l'expiration d'un délai d'un an. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
4. Par un arrêté du 27 juin 2023, régulièrement publié le même jour au recueil n°158 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à M. C D, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers et signataire des décisions en litige, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination de la mesure d'éloignement et interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, la décision attaquée, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, énonce, les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. En particulier et contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet du Nord mentionne la production de ses bulletins de salaire de juin 2021 à août 2022. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
7. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.
8. D'une part, il ne ressort pas des termes de la décision en litige que le préfet du Nord, lequel a procédé à un examen global de la situation tant personnelle que professionnelle de M. A, a retenu que le métier envisagé par l'intéressé ne faisait pas partie des métiers en tension figurant sur la liste de l'arrêté du 1er avril 2021 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l'emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A, célibataire et sans charge de famille, est entré sur le territoire français en 2017. Si M. A indique être père d'une enfant mineure, de nationalité guinéenne, née le 24 mars 2013, il est constant que celle-ci ne l'accompagne pas. Il ne se prévaut, sur le territoire français, d'aucune relation familiale ou personnelle particulièrement ancienne, intense et durable. Par ailleurs, M. A, qui maîtrise la langue française, justifie avoir suivi une formation " Dynamique vers l'emploi " du 6 mai 2021 au 3 septembre 2021, et avoir été titulaire, à compter du 5 juin 2021 d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet en qualité de plongeur dans un restaurant, " suspendu " depuis le 3 octobre 2022 à défaut de présenter une situation régulière au regard de son droit au séjour, et produit les bulletins de salaire de juin 2021 à août 2022 (à l'exception du mois de juillet 2021) ainsi qu'une promesse d'embauche en cas de délivrance d'un titre de séjour. Si ces éléments établissent la réalité et le sérieux de ses démarches d'insertion professionnelle, ainsi que l'attestent son employeur et ses collègues de travail, ces éléments sont relativement récents et ne révèlent pas une expérience professionnelle suffisante de nature à établir la particularité de sa situation qui aurait justifié sa régularisation. Enfin, et comme il a été dit au point 1, le requérant a fait l'objet d'une décision de remise aux autorités espagnoles le 9 juillet 2017, et d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français, datée du 5 septembre 2021, consécutive au rejet de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire pour raisons de santé dont il était titulaire du 15 juin 2020 au 14 décembre 2020. Dans ces conditions, le préfet du Nord n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que le requérant ne justifiait pas de motifs exceptionnels ou de circonstances humanitaires de nature à permettre son admission exceptionnelle au séjour et en refusant, par suite, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou la mention " salarié ".
10. En troisième lieu, le moyen, soulevé au soutien de la contestation de la décision portant refus de titre de séjour et tiré de la méconnaissance des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celui tiré de l'erreur d'appréciation dans leur application, ne sont assortis d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ils ne peuvent qu'être écartés.
11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 juillet 2023 portant refus de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi. ". Aux termes de l'article 3 de cette même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
13. D'une part, si M. A justifie être atteint d'une affection chronique nécessitant un suivi médical spécialisé tous les six mois, il n'établit par aucune pièce la réalité et la nature du traitement dont il bénéficierait en France ni qu'il ne pourrait effectivement bénéficier d'un traitement adapté à sa pathologie en cas de retour dans son pays d'origine. D'autre part, le requérant n'apporte aucune pièce au soutien de ses affirmations selon lesquelles il aurait été contraint de fuir la Guinée après avoir été contraint de se marier et avoir refusé de se soumettre à une pratique religieuse particulière et un engagement politique qu'il désapprouve. Au surplus, les circonstances invoquées devant la Cour nationale du droit d'asile examinant son recours, tenant à l'intégration d'une école coranique, forcé par son oncle qui aurait été auteur de violences à son encontre devant son refus à intégrer un groupe djihadiste au Mali, n'ont pas été considérées comme établies. Enfin, M. A ne démontre pas que la décision en litige porterait atteinte au droit à la vie tel que garanti par les stipulations citées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
15. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 juillet 2023 portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français.
Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
18. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 13 et de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, qu'en décidant d'interdire le retour de M. A sur le territoire français avant l'expiration d'un délai d'un an, le préfet n'a pas méconnu les dispositions précitées ni commis d'erreur d'appréciation dans leur application. Par suite, les moyens doivent être écartés.
19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13, les moyens tirés méconnaissance des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur d'appréciation quant à ces stipulations doivent être écartés.
20. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
21. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 juillet 2023 portant interdiction de retour sur le territoire français.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français avant l'expiration d'un délai d'un an.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Fortunato et au préfet du Nord.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.
La rapporteure,
signé
L.-J. Lançon
Le président,
signé
J.-M. Riou
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026