lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2405016 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BERTHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2024, M. C B, représenté par Me Berthe, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite de refus du préfet du Nord de lui délivrer une carte de résident ;
3°) d'enjoindre à l'administration de procéder au réexamen de sa situation sous astreinte de 250 euros par jour de retard et de lui délivrer un document provisoire de séjour avec autorisation de travail pendant ce réexamen, en application des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
4°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 2 500 euros, en contrepartie de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, en application de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'est en cause un refus de renouvellement de titre de séjour ;
- il remplit les conditions pour se voir délivrer une carte de résident : il a remis un dossier complet à l'administration, n'a pas quitté le territoire français pendant trois ans, ne vit pas en polygamie, n'a pas été condamné pour des violences sur mineur et ne constitue pas une menace grave pour l'ordre public ;
- il est père de deux enfants mineures de nationalité française dont l'aînée est à sa charge et est toujours placé sous la protection de l'OFPRA.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 mai 2024 sous le n° 2405007 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-467 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 31 mai 2024 à 10h00, en présence de M. Deraoui, greffier d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Berthe, avocat représentant M. B, qui a développé son argumentation écrite et a soutenu, en réponse au mémoire du préfet du Nord, que la jurisprudence Czabaj du Conseil d'Etat du 13 juillet 2016 ne lui est pas opposable puisque sa situation n'est pas consolidée au plan du droit, et que la présomption d'urgence n'est pas renversée par le préfet ;
- les observations de M. B.
Le préfet du Nord n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant arménien né le 28 septembre 1994, est entré en France en juillet 2001 à l'âge de six ans avec ses parents et y réside depuis lors. A sa majorité, il a été mis en possession d'une carte de résident en qualité de réfugié, valable du 30 novembre 2012 au 29 novembre 2022. Le 28 décembre 2022 il a sollicité le renouvellement de sa carte de résident. Des attestations de prolongation d'instruction lui ont été délivrées jusqu'au 18 mars 2024 et, en dernier lieu, le 30 mai 2024 pour la période courant du 30 mai 2024 au 29 août 2024. M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née le 28 avril 2023 par laquelle le préfet du Nord a refusé de renouveler sa carte de résident.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour. Elle s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
5. Le préfet du Nord fait valoir que M. B a saisi le juge des référés plus de treize mois après la décision attaquée et qu'il a été mis en possession d'attestations de prolongation d'instruction au vu des antécédents judiciaires de l'intéressé. Or cette argumentation n'est pas en l'espèce de nature à faire échec à la présomption énoncée au point 4 dès lors que la dernière attestation de prolongation de l'instruction, délivrée au demeurant la veille de l'audience de référé après une période d'interruption, n'est justifiée par aucun élément concernant l'existence d'antécédents judiciaires, laissant supposer qu'une décision explicite pourrait spontanément être envisagée par le préfet et qu'en outre, il ne peut être reproché à M. B d'avoir mis plusieurs mois à attaquer une décision implicite alors qu'il continuait à recevoir des attestations de prolongation d'instruction. Dans ces conditions, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité de la décision de refus de renouvellement de carte de résident en qualité de réfugié :
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le préfet a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 433 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision portant refus de renouvellement de la carte de résident de M. B.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conditions d'application de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née le 28 avril 2023 par laquelle le préfet du Nord a refusé de renouveler la carte de résident de M. B.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
8. La présente ordonnance implique nécessairement que le préfet du Nord réexamine la situation de M. B. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à ce réexamen dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, en prenant une décision expresse, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. En revanche, il n'y a pas lieu d'enjoindre la délivrance d'un document provisoire de séjour dès lors que l'intéressé s'est vu remettre le 30 mai 2024 une attestation de prolongation d'instruction lui permettant de séjourner en France et d'exercer une activité professionnelle jusqu'au 29 août 2024.
Sur les frais liés au litige :
9. M. B est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Berthe, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Berthe de la somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. B.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision implicite de rejet née le 28 avril 2023 par laquelle le préfet du Nord a refusé de renouveler la carte de résident de M. B est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder au réexamen de la situation
de M. B en prenant une décision expresse dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Berthe renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Berthe, avocat de M. B, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros sera versée à M. B.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 3 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026