mercredi 20 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2200386 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SHVEDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 février 2022, Mme C B, représentée par Me Shveda, demande au tribunal, au dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire et de la fixation du pays de renvoi décidé par le préfet du Puy-de-Dôme en date du 12 janvier 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de réexaminer sa situation dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de 7 jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et le condamner aux dépens.
Elle soutient que :
- l'auteur de l'acte est incompétent ;
- l'acte méconnaît l'article 3 de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public ;
- l'acte est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences du refus sur son état de santé, et méconnaît l'article R. 425-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'acte méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'acte méconnaît l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2022, le préfet du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R.425-11 à R.425-13, R.611-1 et R.611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle :
1. Par une décision du 30 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme B à l'aide juridictionnelle totale. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur sa demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur l'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est ressortissante de la République de Géorgie. Elle est entrée en France avec deux enfants mineurs de dix-huit ans. Elle a sollicité la protection internationale de la République française en son nom et au nom de son second enfant. Sa demande a tout d'abord été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 6 août 2019, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 3 novembre 2020. Elle a alors, de la part du préfet du Puy-de-Dôme, fait l'objet d'une décision de refus de séjour le 14 octobre 2019. Elle a contesté ce refus de séjour devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand, qui a rejeté sa requête le 3 avril 2020.
3. Malgré l'obligation qui lui était faite de quitter le territoire, Mme B s'y maintient. Le motif en est désormais son état de santé, et est fondé tout d'abord sur les dispositions des articles L. 425-9 et R. 425-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'instruction de cette nouvelle demande a donné lieu à saisine du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, lequel a fait connaître son opinion dans les conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis prévues par l'arrêté pertinent du 27 décembre 2016. Par une motivation que ne permet pas d'expliciter davantage l'arrêté et la déontologie de la profession de médecin, et que s'est appropriée le préfet du Puy-de-Dôme, il a conclu que l'état de santé de la demanderesse " nécessite une prise en charge médicale ", que le défaut de prise en charge médicale " peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ", et qu' " eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont [elle] est originaire, [elle] peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté litigieux :
4. En premier lieu, le préfet produit l'arrêté du 24 septembre 2021 portant délégation de signature à M. D, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, correspondances relevant des attributions de l'Etat dans le département du Puy-de-Dôme à l'exception des déclinatoires de compétences et arrêtés de conflit, et de celles qui font l'objet d'une délégation au chef d'un service déconcentré d'une administration civile de l'Etat dans le département. Le moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, en invoquant la loi du 11 juillet 1979, Mme B doit être regardée comme invoquant les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Mais en l'espèce, l'arrêté litigieux comporte le visa de dispositions et stipulations dont le préfet a cru pouvoir faire application et le visa de considérations de fait qu'il a cru pouvoir retenir à cet effet, de manière suffisante pour permettre à Mme B d'en débattre utilement devant le juge. En particulier, la requérante n'est pas fondée à soutenir que " la préfecture, en prenant la décision de rejet à l'encontre de Mme B, s'est contentée de dire que l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière qui pourrait empêcher le prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire ", s'en tenant ainsi à une formule stéréotypée. Cette mention ne figure pas dans les motifs de la décision, qui ne comporte pas d'interdiction de retour au demeurant. Le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, Mme B entend remettre en cause l'appréciation du préfet et du collège de médecins de l'OFII quant à la disponibilité des soins dont elle a besoin en Géorgie. Elle invoque un " stress post traumatique ancien sur violences conjugales " des " traits de personnalité histrionique " et fait état de son hospitalisation pour " épisode dépressif ". Rien ne vient conforter son allégation générale sur l'indisponibilité des soins pertinents en Géorgie, démentie par le collège d'experts de l'OFII. Le moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, Mme B fait tout d'abord état, relativement à l'intensité de ses liens familiaux sur le territoire, de la présence en France de proches parents, produisant pour en justifier le certificat de décès de son père. Par cette affirmation et cette seule pièce, Mme B ne vient pas convaincre qu'en lui refusant le séjour et en l'obligeant à quitter le territoire, le préfet s'est ingéré dans son droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance, affirmé par le §1 de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de manière disproportionnée aux nécessités de la défense des intérêts dont il a la charge en application du §2. Ensuite, Mme B fait état de ses craintes en cas d'éloignement à destination de la Géorgie, faisant allusion aux récits qu'elle a tenus devant l'OFPRA et la CNDA, selon lesquels elle a fui les violences conjugales d'un membre du réseau des " voleurs dans la loi ", sans pouvoir obtenir la protection des autorités d'un Etat infiltré par cette mafia. Mais l'OFPRA, par la décision qu'elle joint, puis la CNDA, sous le numéro 19044110, ont relevé de manière concordante certaines incohérences internes à ces récits, et jugé invraisemblable la présence de membres de cette mafia au sein de l'appareil d'Etat. Devant ce tribunal, Mme B ne fait état à la vérité que d'une affirmation de principe, non étayée par les pièces du dossier. Il n'en ressort pas que sa crainte de subir des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Géorgie est fondée. Le moyen de méconnaissance des articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté en ses deux branches.
8. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'a pas pris en compte l'intérêt supérieur de l'enfant. Le moyen doit être écarté.
9. Dès lors les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les injonctions :
10. Il suit de tout ce qui précède qu'elles doivent également être rejetées.
Sur les frais et dépens :
11. Mme B ne l'emportant pas à l'instance, et par ailleurs aucuns dépens n'étant exposés, ses conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gazagnes, président,
M. Coquet, président assesseur,
Mme Trimouille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
Ph. GAZAGNES Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026