vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101892 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 juillet 2021, le 3 août 2021, le 6 août 2021, le 15 décembre 2021, et le 11 mai 2022, M. E A, Mme F B et la société civile immobilière (SCI) Le Zephyr, représentés par Me Manetti, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° PC 040 184 20 M0144 du 15 février 2021 par lequel le maire de Mimizan a délivré à la SCI ALG un permis de construire en vue de la réalisation de 17 logements répartis en 2 bâtiments sur une parcelle cadastrée AA 31 située 58 avenue de la Côte d'Argent à Mimizan, ensemble la décision par laquelle cette même autorité a implicitement rejeté leur recours gracieux du 31 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mimizan une somme de 2 000 euros à verser à chacun des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- le dossier de permis de construire est incomplet en ce que :
- il méconnait l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il aurait dû être précédé d'un plan de division de la parcelle ;
- il méconnait l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, en l'absence de plan des toitures ;
- l'arrêté méconnait l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme dès lors que le projet de construction constitue une urbanisation d'un espace proche du rivage, et qu'aucun document d'urbanisme ne justifie cette urbanisation ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions du plan local d'urbanisme (PLU) de Mimisan en ce que :
- il méconnait les dispositions de l'article II-2-1 du règlement du PLU et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme relatives à l'environnement architectural et paysager ;
- il méconnait les dispositions de l'article II-2-2 du règlement du PLU relatives à l'utilisation de matériaux durables, à la production d'énergies renouvelables et à la performance énergétique des constructions ;
- il méconnait les dispositions de l'article II-3-1 du règlement du PLU relatives à la conservation de la végétation ;
- il méconnait les dispositions de l'article II-4-2 du règlement du PLU relatives à l'utilisation de matériaux durables, à la production d'énergies renouvelables et à la performance énergétique des constructions ;
- il méconnait les dispositions de l'article III-1-1 du règlement du PLU relatives à l'accès au terrain ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors quel le projet présente un risque à la sécurité publique.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 octobre 2021 et le 11 mai 2021, la SCI ALG, représentée par Me Dunyach, conclut au rejet de la requête, et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. A et Mme B n'ont pas qualité pour agir ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2022, la commune de Mimizan, représentée par Me Savary-Goumi, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. A et Mme B n'ont pas d'intérêt à agir dès lors que leur immeuble ne se situe pas à proximité du projet ;
- la SCI le Zephyr n'a pas d'intérêt à agir dès lors qu'elle ne démontre pas que le projet lui occasionnerait des nuisances ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- les observations de Me Elzaga, représentant les requérants,
- les observations de Me Malbert, représentant la SCI ALG,
- et les observations de Me Savary-Goumi, représentant la commune de Mimizan.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 4 février 2021, le maire de Mimizan a délivré à la société civile immobilière ALG un permis de construire 17 logements répartis sur 2 bâtiments de 890 m² de surface de plancher, sur une parcelle de 1 137 m² cadastrée section AA n° 0031, située au 58 avenue de la Côte d'Argent, sur le territoire de la commune de Mimizan. Par la présente requête, M. A, Mme B et la société civile immobilière (SCI) Le Zephyr demandent au tribunal d'annuler cet arrêté, ainsi que le rejet implicite de leur recours gracieux du 31 mars 2021.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation, du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A et Mme B justifient, par la production d'un acte notarié, de leur qualité de propriétaires indivis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que chacun des requérants justifie de sa proximité géographique avec le projet litigieux, leurs propriétés se situant en face de celui-ci, de l'autre côté de l'avenue de la Côte d'Argent de Mimizan. De plus, ils soutiennent que le projet autorisé par l'arrêté en litige, édifié en R+2, sur un terrain actuellement nu, engendrera des nuisances visuelles et une perte d'intimité, ainsi que des nuisances sonores, en raison de l'augmentation du trafic routier qu'il induira. Il s'ensuit que les requérants justifient de ce que le projet est susceptible de modifier les conditions d'occupation et de jouissance de leur bien, leur conférant ainsi un intérêt leur donnant qualité à agir à l'encontre de l'arrêté en litige. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée en défense ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le contenu du dossier de demande de permis de construire :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés. ". Puis aux termes de l'article L. 261-3 du code de la construction et de l'habitation : " Ainsi qu'il est dit à l'article 1601-3 du code civil : / " La vente en l'état futur d'achèvement est le contrat par lequel le vendeur transfère immédiatement à l'acquéreur ses droits sur le sol ainsi que la propriété des constructions existantes. Les ouvrages à venir deviennent la propriété de l'acquéreur au fur et à mesure de leur exécution ; l'acquéreur est tenu d'en payer le prix à mesure de l'avancement des travaux. / Le vendeur conserve les pouvoirs de maître de l'ouvrage jusqu'à la réception des travaux." ".
7. Les insuffisances ou omissions entachant un dossier de demande de permis de construire ne sont, en principe, susceptibles de vicier la décision prise, compte tenu des autres pièces figurant dans ce dossier, que si elles ont été de nature à affecter l'appréciation à laquelle se sont livrées les autorités chargées de l'examen de cette demande.
8. Les requérants soutiennent que le projet consistant en la construction de 17 logements répartis en 2 bâtiments, sur une parcelle unique avec création de jardins privatifs, le dossier de demande devait contenir un plan de division et un projet de constitution d'une association syndicale, dès lors qu'il a nécessairement pour objet de diviser en propriété ou en jouissance le terrain d'assiette.
9. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la rubrique 5.2 de la demande de permis de construire en litige, que le projet ne prévoit pas que le terrain d'assiette des constructions projetées soit lui-même divisé en propriété ou en jouissance avant leur achèvement. Si les requérants se prévalent de l'existence d'une offre de vente en l'état futur d'achèvement d'un des logements du projet et de ce qu'une telle vente, lorsqu'elle est conclue, emporte transfert immédiat à l'acquéreur des droits sur le sol, ainsi que la propriété des constructions existantes en vertu de l'article L. 261-3 du code de la construction et de l'habitation, il n'apparait toutefois pas que la vente de ce bien, situé en étage, aurait pour conséquence une division en propriété ou en jouissance du terrain d'assiette du projet ni d'accorder un droit de jouissance privatif sur une partie de la parcelle supportant le projet. Par ailleurs, la seule mention, dans différents documents graphiques du dossier de demande du permis de construire, de la création de jardins privatifs ne saurait démontrer, par elle-même, la nécessité de procéder à une division parcellaire avant achèvement des travaux. Il s'ensuit que la première branche du moyen doit être écartée.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; (). ".
11. Les requérants soutiennent que le dossier de permis de construire ne comporterait aucun plan des façades, comme en témoigne la nomenclature. En l'espèce, si le dossier ne présente aucun plan spécifique dédié aux toitures, il ressort de la notice paysagère ainsi que des différents plans produits et notamment des plans de façades que celles-ci laissent apparaitre les dimensions ainsi que l'aspect des toitures. Par ailleurs, quand bien même aucun panneau solaire photovoltaïque n'apparaitrait sur ces plans alors que ceux-ci sont envisagées dans le formulaire d'attestation de la prise en compte de la règlementation thermique, les services chargés de l'examen de la demande doivent être regardés comme ayant été suffisamment informés sur ce point. Il s'ensuit que la seconde branche du moyen sera écartée.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme :
12. D'une part, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. () ". Aux termes de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau. / Toutefois, ces critères ne sont pas applicables lorsque l'urbanisation est conforme aux dispositions d'un schéma de cohérence territoriale (). ". En vertu de ces dispositions, une opération qu'il est projeté de réaliser en agglomération ou, de manière générale, dans des espaces déjà urbanisés ne peut être regardée comme une " extension de l'urbanisation " au sens de ces dispositions que si elle conduit à étendre ou à renforcer de manière significative l'urbanisation de quartiers périphériques ou si elle modifie de manière importante les caractéristiques d'un quartier, notamment en augmentant sensiblement la densité des constructions. En revanche, la seule réalisation dans un quartier urbain d'un ou plusieurs bâtiments qui est une simple opération de construction ne peut être regardée comme constituant une extension au sens de ces dispositions.
13. D'autre part, aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'urbanisme : " Les schémas de cohérence territoriale sont compatibles avec : 1° Les dispositions particulières au littoral et aux zones de montagne prévues aux chapitres I et II du titre II ou les modalités d'application de ces dispositions particulières lorsqu'elles ont été précisées pour le territoire concerné par une directive territoriale d'aménagement prévue par l'article L. 172-1 ; (). ". Lorsqu'un schéma de cohérence territoriale comporte des dispositions compatibles avec les dispositions particulières au littoral qui précisent les conditions de l'extension de l'urbanisation dans l'espace proche du rivage dans lequel l'opération de construction est envisagée, le caractère limité de l'urbanisation qui résulte de cette opération s'apprécie en tenant compte de ces dispositions du SCOT.
14. Enfin, le document d'orientations et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale du Born approuvé le 15 septembre 2020 contient une prescription n° 53 selon laquelle : " Dans les espaces proches du rivage, la densité des constructions envisagées devra respecter la densité moyenne calculée dans les ilots bâtis environnants de la (ou des) parcelle(s) concernée(s) par le projet et ce, dans un rayon de 500 mètres calculé autour de la (ou des) parcelle(s) concernée (s) par le projet. L'extension sera limitée à 30 % de l'enveloppe bâtie existante ".
15. Il est constant que la parcelle d'assiette du projet de construction, cadastrée AA 31, se situe dans les espaces proches du rivage et dans le secteur du centre-ville de Mimizan-Plage où, historiquement, la densité de construction est plus importante qu'à Mimizan Bourg et où le bâti est décrit dans le rapport de présentation comme " relativement compact ". Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le projet consiste en la construction, sur un terrain nu de 1137 m2, de deux bâtiments en R+2 donnant lieu à la création de 17 logements développant une surface de plancher totale de 890 m2. Il n'est pas établi, par le seul renvoi aux calculs de densité de logements par hectare tels qu'ils sont exposés dans le rapport de présentation, que le projet en cause contreviendrait à la prescription n° 53 du SCOT du Born qui doit être appréciée au regard de la densité moyenne de surface de plancher des ilots bâtis voisins comparables. Ainsi, en l'état du débat et au vu des caractéristiques du quartier urbain au sein duquel il est implanté, qui comporte certes un nombre important de maisons individuelles, mais également plusieurs immeubles de logements collectifs en R+2 de mêmes volumes, le projet en litige ne dépareille pas de l'existant et ne peut être regardé comme apportant une modification importante des caractéristiques du quartier. Dans ces conditions, il constitue une simple opération de construction qui ne méconnait pas les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme telles qu'explicitées par le SCOT du Born. Il s'ensuit que le moyen tiré de la violation de ces dispositions doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme :
16. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Et aux termes des dispositions de l'article II-2-1 du règlement du plan local d'urbanisme applicable aux zones Ub à laquelle appartient la parcelle : " Les constructions, () doivent être conçus de façon à s'insérer dans la structure existante et s'harmoniser avec l'environnement architectural et paysager. () Les constructions devront présenter une simplicité des formes et une unité des matériaux (). ".
17. Les dispositions précitées de l'article II-2-1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Mimizan ont le même objet que celles, également invoquées par les requérants, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions de ce règlement que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
18. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle d'assiette du projet est entourée au nord, à l'est et au sud et à l'ouest par des maisons d'habitation de plain-pied ou en R+1, qui prennent place dans un secteur urbanisé, de type pavillonnaire. Mais, il ressort des photographies produites que les pavillons et autres constructions du secteur constituées de maisons individuelles d'habitation de faible hauteur, présentent des styles différents et que certains bâtiments en R+2 sont situés à moins de 150 mètres de la parcelle d'assiette. Ainsi, compte tenu de ses caractéristiques architecturales, ainsi que des matériaux retenus et de ses couleurs, le projet de construction, qui consiste en la réalisation de 2 bâtiments en R+2, de style moderne et traditionnel, n'est pas de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Par suite, en prenant l'arrêté attaqué, le maire de Mimizan n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article II-2-1 du règlement du plan local d'urbanisme de cette commune.
19. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article II-2-2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les projets de constructions doivent être étudiés dans le but de privilégier l'utilisation de matériaux durables pour la construction, de même que l'installation de dispositifs de production d'énergie renouvelable pour l'approvisionnement énergétique des constructions (). Les constructions nouvelles doivent rechercher des performances énergétiques correspondant au niveau suivant : " bâtiment basse consommation " (BBC). ". Il résulte de ces dispositions que le règlement du PLU fixe de simples objectifs d'utilisation de matériaux durables ainsi que l'installation de production d'énergies renouvelables.
20. En l'espèce, la seule existence de menuiseries en PVC et aluminium ainsi que de gouttières et descentes en aluminium ne sauraient être regardées comme donnant à l'ensemble du projet un caractère irrégulier. En tout état de cause, il ressort du dossier de demande de permis de construire que les constructions devraient présenter " des volumes à l'architecture sobre et traditionnelle " afin de s'intégrer dans l'environnement, composé notamment de bardages en bois. De plus, il ressort du formulaire d'attestation de la prise en compte de la règlementation produit par la SCI ALG en charge des travaux, que la pose de panneaux solaires photovoltaïques ainsi que de pompes à chaleur sont envisagées. Enfin, à supposer même que le règlement du PLU impose nécessairement que les constructions nouvelles doivent rechercher des performances énergétiques correspondant à un niveau de basse consommation, il ressort de la même attestation que les deux bâtiments du projet répondent à l'exigence de résultat en matière de besoin bioclimatique conventionnel et à l'exigence de moyen s'agissant de la surface des baies et prennent en compte la règlementation thermique de 2012. Il s'ensuit que le projet doit être regardé comme satisfaisant à l'exigence de basse consommation énergétique.
21. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article II-3-1 du règlement du plan local d'urbanisme : " La préservation des plantations existantes doit être privilégiée. / () les masses végétales significatives doivent être maintenus et seront remplacés, en cas d'incompatibilité avec le projet, par des plantations d'essences locales de valeur équivalent sur l'unité foncière ".
22. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse du dossier de permis de construire, que les constructions auront pour conséquence la suppression de trois masses végétales dont la plus grande, pouvant être regardée comme étant d'une taille significative, présente une surface au sol d'environ 50 m². Toutefois, il ressort des différents documents graphiques du dossier que le remplacement de ces plantations sera assurée par la plantation d'un minimum de cinq arbres. Par suite, le moyen doit être écarté.
23. En quatrième lieu, aux termes du dernier paragraphe de l'article II-4-1 du plan local d'urbanisme : " Le nombre de places sera arrondi, à l'unité supérieur, si la décimale est supérieure ou égale à 0,5, à l'inférieur dans le cas inverse ". Puis l'article II-4-2 du plan local d'urbanisme prévoit la construction de 1,3 places de stationnement par logement jusqu'à 60 m² de surface de plancher, et de 1,5 places par logement de plus de 60 m².
24. En l'espèce, le dossier de permis de construire prévoit la construction de 6 logements de plus de 60 m² et de 11 logements de moins de 60 m², soit 23,3 places de stationnement à construire. Par suite, c'est sans méconnaitre les dispositions des articles II-4-1 et II-4-2 du plan local d'urbanisme que le dossier a prévu la construction de 23 places de stationnement. Il s'ensuit que ce moyen sera écarté.
25. En cinquième lieu, aux termes de l'article III-1-1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions et installations doivent être desservies par des voies dont les caractéristiques correspondent à leur destination (). / Dans le cas de création, tout terrain doit disposer d'un accès d'une largeur minimale de 3,50 mètres sur une voie ouverte à la circulation publique () ".
26. En l'espèce, il ressort des différentes pièces du dossier de permis de construire que l'accès aux logements sera réalisé à l'endroit de l'entrée existante, au 58 avenue de la côte d'argent, laquelle sera modifiée, permettant l'accès de véhicules en traversant le bâtiment A jusqu'aux places de stationnement situées au cœur de la parcelle. De plus, les différents plans, réalisés à l'échelle 1/200ème, permettent de mettre en évidence un accès d'une largeur représentant un tiers de l'étendue totale du côté rue de la parcelle qui est de plus de 16 mètres. Par conséquent, l'existence de cet accès étant suffisamment matérialisée sur les plans produits, le maire a pu prendre l'arrêté attaqué sans méconnaître l'article III-1-1 du règlement du PLU. Par suite, ce moyen pourra être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
27. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
28. Si les requérants font valoir que le projet est de nature à créer un risque pour la sécurité en raison d'épisodes venteux particulièrement intenses pouvant survenir, ils n'apportent toutefois aucun élément de nature à démontrer que les constructions, par leur architecture ou leur composition, seraient d'une particulière vulnérabilité face à de tels risques, quand bien même les étages supérieurs seraient soumis à ces vents en raison de leur hauteur, supérieure aux bâtiments situés entre le front de mer et le projet. En tout état de cause, si les requérants se prévalent de l'épisode de tempête en 2009 reconnu en état de catastrophe naturelle et ayant endommagé la toiture de l'habitation de Mme B et M. A, cette circonstance ne saurait, compte tenu de son caractère particulièrement violent et exceptionnel, révéler l'existence de risques particuliers pour la sécurité publique justifiant que le projet en litige soit soumis à la réalisation de prescriptions spéciales.
29. Enfin, si les requérants invoquent le risque de submersion de la parcelle en raison de sa proximité avec le rivage au moyen, notamment, d'une carte réalisée par une organisation indépendante " Climate central " démontrant qu'à l'horizon 2050, ce risque sera établi au regard de la montée des eaux à l'échelle planétaire et des risques de crues annuelles, cette carte ne rend compte que de l'effet découlant de différents scénarios géopolitiques, eux-mêmes soumis à des aléas, lesquels ne sauraient permettre de démonter l'existence du risque invoqué. En tout état de cause, il ressort du plan de prévention des risques littoraux du 1er décembre 2017 produit en défense que la parcelle n'est pas située dans une zone réglementée soumise à restrictions ou autorisations spécifiques. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
30. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 février 2021 par lequel le maire de Mimizan a délivré un permis de construire en vue de la réalisation de 17 logements répartis en 2 bâtiments sur une parcelle située sis 58 avenue de la Côte d'Argent à Mimizan, ensemble la décision de rejet du recours gracieux, doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI ALG et de la commune de Mimizan, qui ne sont pas les parties perdantes à la présente instance, les frais de procès exposés par M. A, Mme B et la SCI Le Zéphyr. En revanche, il y a lieu de faire application des mêmes dispositions et de mettre à la charge des requérants une somme de 600 euros à verser au même titre à la SCI ALG d'une part, et à la commune de Mimizan d'autre part.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A, de Mme B et de la SCI Le Zéphyr est rejetée.
Article 2 : M. A, Mme B et la SCI Le Zéphyr verseront solidairement à la SCI ALG, d'une part, et à la commune de Mimizan d'autre part, une somme de 600 euros (six cents euros) sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme F B, à la société civile immobilière (SCI) Le Zephyr, à la société civile immobilière (SCI) ALG, et à la commune de Mimizan.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Quéméner, présidente,
Mme Réaut, première conseillère,
Mme Duchesne, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
M. DLa présidente,
Signé
V. QUEMÉNER
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026