vendredi 27 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2301405 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | CHANFREAU-DULINGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mai 2023, Mme B A représentée par Me Chanfreau-Dulinge demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Julien d'Armagnac à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Julien d'Armagnac la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la commune de Saint-Julien d'Armagnac a méconnu les dispositions des articles L. 2212-2 5° et L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales et a manqué à ses obligations dès lors qu'elle n'a pas anticipé le risque d'inondations sur la route de Longin ce qui a porté atteinte à sa sécurité et qu'elle ne lui a pas porté secours alors qu'elle était prise au piège dans sa maison de sorte que la faute de la commune est établie ;
- le lien de causalité étant établi, elle est fondée à solliciter une indemnisation en réparation de son préjudice d'agrément dès lors qu'elle est restée coincée dans son domicile durant 20 jours à cause du mauvais entretien de la route et de l'inondation lui barrant l'accès de sortie et d'entrée ;
- il ne s'agit pas d'un cas de force majeure.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2024, la commune de Saint-Julien d'Armagnac, représentée par Me Merlet-Bonnan conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus,
- les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Merlet-Bonnan représentant la commune de Saint-Julien d'Armagnac qui insiste sur le bénéfice des frais liés au litige.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire de parcelles dont une maison à usage d'habitation dans la commune de Saint-Julien d'Armagnac et limitrophes au chemin appelé " Route de Longin ". A la suite d'un épisode pluvieux intense au mois de janvier 2021, le chemin rural qui dessert sa propriété a été inondé. Elle a demandé au maire de la commune de Saint-Julien d'Armagnac d'intervenir pour entretenir le chemin. Par jugement du 10 janvier 2023, le tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan s'est déclaré incompétent pour connaître du litige. Par sa requête, Mme A demande la condamnation de la commune de Saint-Julien d'Armagnac sur le fondement de la carence du maire de la commune à prendre les mesures qu'impose un péril imminent et à l'indemniser de la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices subis.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 2212-4 du code général des collectivités territoriales : " En cas de danger grave ou imminent, tel que les accidents naturels prévus au 5° de l'article
L. 2212-2, le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances. / Il informe d'urgence le représentant de l'Etat dans le département et lui fait connaître les mesures qu'il a prescrites ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, () les inondations, les ruptures de digues (), de pourvoir d'urgence à toutes les mesures d'assistance et de secours et, s'il y a lieu, de provoquer l'intervention de l'administration supérieure () ".
3. Le refus opposé par un maire à une demande tendant à ce qu'il fasse usage des pouvoirs de police que lui confère le code général des collectivités territoriales n'est entaché d'illégalité que dans le cas où, en raison de la gravité ou de l'imminence du péril résultant d'une situation particulièrement dangereuse pour le bon ordre, la sécurité ou la salubrité publique, cette autorité, en n'ordonnant pas les mesures indispensables pour faire cesser ce péril grave, méconnaît ses obligations légales.
4. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que, dans les jours ou les semaines précédant les inondations survenues au cours de l'hiver 2020-2021, le maire de Saint-Julien d'Armagnac aurait disposé d'éléments d'information suffisants pour établir l'existence d'un risque d'inondation représentant un danger grave et imminent et exigeant, par suite, une intervention urgente. Aucune inondation n'était connue dans le secteur auparavant. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'en ne faisant pas usage de ses pouvoirs de police pour prévenir les inondations et remédier à ce risque sur le territoire de sa commune, le maire de Saint-Julien d'Armagnac a commis une faute de nature à engager la responsabilité de la commune.
5. D'autre part, Mme A soutient que le maire de la commune de Saint-Julien d'Armagnac s'est abstenu de lui proposer ou de lui apporter de l'aide à la suite des intempéries survenues. Toutefois, il résulte de l'instruction, notamment d'un courrier du 12 février 2021, que les autorités communales se sont déplacées au domicile de Mme A le 30 janvier 2021. Il ressort des termes de ce même courrier que le maire, le directeur adjoint de la communauté de communes, et le premier adjoint se sont rendus sur les lieux le 1er février suivant afin d'opérer des constatations et qu'une assistance a été proposée à Mme A afin de la ravitailler, de la transporter, ou lui faire suivre son courrier. Le 4 février suivant, un responsable technique d'une société de travaux publics s'est rendu au domicile de Mme A à la demande des autorités communales afin d'étudier une solution permettant l'écoulement des eaux. Il résulte également de l'instruction que la commune a fait appel à un paysagiste le 10 février 2021, qui s'est déplacé jusqu'au domicile de Mme A pour creuser les fossés. Enfin, il ressort d'un courrier du 2 mars 2021, que la mairie a également saisi la DDTM des Landes et les services de la police de l'eau afin d'émettre un avis sur l'inondation survenue sur la route de Longin et de préconiser une solution. Ainsi, aucune carence fautive ne saurait être reprochée à la commune de Saint-Julien d'Armagnac.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Julien d'Armagnac, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Julien d'Armagnac et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Saint-Julien d'Armagnac la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et à la commune de Saint- Julien d'Armagnac.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Crassus, conseillère,
Mme Aché, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 juin 2025.
La rapporteure,
L. CRASSUS La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet des Landes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026