mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2005673 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SNOECKX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2020, M. A, représenté par Me Snoeckx, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a suspendu les conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de verser l'allocation pour demandeur d'asile due au requérant à compter du mois de juin 2020, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dans l'application des articles
L. 744-6, L 744-7, L. 744-9 et R. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation.
En application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, une mise en demeure a été adressée le 3 juin 2022 au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Gros, président rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen, né le 10 septembre 1994, est entré en France en mai 2018 et a présenté une demande tendant au bénéfice du statut de réfugié le 23 mai 2018. Le même jour, l'intéressé a accepté l'offre de prise en charge et s'est vu remettre la carte de l'Office pour l'immigration et l'intégration (OFII) pour le paiement de l'allocation pour demandeur d'asile. A compter du mois de juillet 2020, les versements de l'allocation pour demandeur d'asile se sont interrompus. Par courriel du 18 août 2020, il a sollicité la reprise des versements.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; 2° Retiré si le demandeur d'asile a dissimulé ses ressources financières ou a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale ou en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement ; () La décision de suspension, de retrait ou de refus des conditions matérielles d'accueil est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. / La décision est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites dans les délais impartis. / Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ".
3. Aux termes de l'article D. 744-38 du même code, dans sa rédaction applicable au cas d'espèce : " La décision de suspension, de retrait ou de refus de l'allocation est écrite, motivée et prise après que l'allocataire a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans le délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. / Lorsque le bénéfice de l'allocation a été suspendu, l'allocataire peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / La reprise du versement intervient à compter de la date de la décision de réouverture. ".
4. Aux termes de l'article D. 744-20 du même code : " Pour bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile, la personne doit justifier de ressources mensuelles inférieures au montant du revenu de solidarité active ". Aux termes de l'article D. 744-35 du même code: " Le versement de l'allocation peut être suspendu lorsqu'un bénéficiaire : () 4° Cesse temporairement de remplir les conditions d'attribution () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a informé, par un courriel du 18 août 2020, l'OFII de l'interruption du versement de l'allocation pour demandeurs d'asile à compter de juin 2020. Par courriel du 19 août 2020, l'OFII a informé M. A qu'une demande de régularisation avait été faite. Ce courriel, qui n'a été suivi d'aucun effet, révèle l'intervention d'une décision implicite de suspension du versement de l'allocation pour demandeur d'asile qui avait été accordée à M. A au titre de l'octroi des conditions matérielles d'accueil à compter du 23 mai 2018.
6. Si l'OFII soutient que M. A a bénéficié d'une autorisation de travail pour occuper un emploi d'ouvrier pour la période du 4 novembre 2019 au 3 avril 2020 par décision de la DIRECCTE Grand Est du 25 octobre 2019 et qu'il a pu percevoir une rémunération mensuelle nette de 1 077,33 euros sans avoir averti l'OFII du changement de ses revenus, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une décision explicite serait intervenue pour informer le requérant de l'interruption du versement de son allocation pour demandeur d'asile.
7. Il s'ensuit que la décision implicite par laquelle l'OFII a suspendu le versement de l'allocation pour demandeur d'asile de M. A à compter du mois de juin 2020 n'est ni écrite ni motivée et méconnaît ainsi les dispositions rappelées au point 3. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ait été précédée de la procédure contradictoire prévue par ces mêmes dispositions. Par suite, le requérant est fondé à demander l'annulation de cette décision, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement que l'OFII réexamine la situation de M. A dans un délai de deux mois.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
9. Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Snoeckx renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État l'OFII versera à Me Snoeckx une somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. A.
DÉCIDE :
Article 1 : La décision implicite de suspension de versement de l'allocation de demandeur d'asile du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Snoeckx renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État l'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Snoeckx une somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à Me Snoeckx et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gros, premier conseiller, présidant la formation de jugement en application de l'article R. 222-17 du code de justice administrative,
Mme Sophie Malgras, première conseillère,
Mme Anne-Lise Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
T. GROS
La première conseillère,
S. MALGRASLe greffier,
S. BRONNER
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2005673
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026