mercredi 26 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2006988 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 et 23 novembre 2020, 20 juin 2022 et 1er juin 2023, M. A, représenté par Me Muller-Pistré, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 avril 2020 par laquelle la présidente du département du Haut- Rhin a refusé de modifier les mentions relatives au métier exercé figurant sur sa fiche d'entretien professionnel pour l'année 2019 et la fiche de poste annexée, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux intervenue le 31 août 2020 ;
2°) d'enjoindre à la collectivité européenne d'Alsace de modifier la fiche d'entretien professionnel de l'année 2019 et la fiche de poste annexée, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la collectivité européenne d'Alsace une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées, ne comportant pas la signature de la présidente du département du Haut- Rhin, ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure, en ce que les modifications apportées à son poste sont constitutives d'une réorganisation de service qui aurait dû être soumise pour avis au comité technique paritaire ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure, en ce que les modifications apportées à son poste sont constitutives d'un changement de fonction qui nécessitait la consultation préalable de la commission administrative paritaire;
- elles constituent une sanction déguisée illégale, en ce que la modification de ses fonctions et responsabilités est une sanction non prévue par les dispositions de l'article 89 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- elles méconnaissent les garanties attachées aux procédures disciplinaires ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait, en ce qu'elles minimisent la réalité de ses fonctions de pilotage;
- elles sont entachées d'une erreur de droit, en ce que les fonctions d'encadrement ne sont pas exclusives des autres critères prévus pour la classification des métiers ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, en ce que le métier " ingénieur génie civil ", mentionné sur sa fiche d'entretien professionnel et la fiche de poste annexée, relève du groupe de fonction n° 4 des cadres d'emploi de la catégorie A du RIFSEEP adopté le 21 juin 2019 alors que ses fonctions de directeur des études prospectives et d'aménagements relèvent du groupe n° 1 ou n °2 des cadres d'emploi de la catégorie A, relatifs aux directeurs et directeurs adjoints ;
- elles sont constitutives d'un détournement de pouvoir, en ce qu'elles manifestent une tentative de modifier son statut, ses droits et prérogatives aux fins d'amoindrir ses responsabilités.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 janvier 2021 et 19 avril 2023, la collectivité européenne d'Alsace conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 5 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'État ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vicard,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public,
- et les observations de M. B, représentant la collectivité européenne d'Alsace.
M. A, régulièrement convoqué, n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent titulaire du département du Haut- Rhin devenu collectivité européenne d'Alsace, exerce les fonctions de directeur des études prospectives et d'aménagements au sein de la direction des routes, au grade d'ingénieur en chef de classe normale, depuis le 16 septembre 2014. Par une délibération du 21 juin 2019, le département du Haut- Rhin a adopté un nouveau régime indemnitaire du personnel départemental, tenant compte des fonctions, sujétions, expertise et engagement professionnel (RIFSEEP). Un nouveau tableau de répartition des métiers par groupe de fonctions a été établi et annexé à la délibération précitée. Par un courrier du 28 février 2020, M. A, estimant relever du groupe 1 ou à tout le moins du groupe 2 des cadres d'emploi de la catégorie A du RIFSEEP, a sollicité la révision de sa fiche de poste et de sa fiche d'entretien professionnel pour l'année 2019, classifiant le poste qu'il occupe dans le métier " ingénieur génie civil " , relevant du groupe 4 des cadres d'emplois de la catégorie A. Le 8 avril 2020, la présidente du département du Haut- Rhin a rejeté cette demande. Le 5 juin 2020, M. A a régularisé un recours gracieux contre cette décision, lequel a été rejeté le 31 août 2020. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces décisions de rejet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. L'annexe 2 de la délibération du département du Haut- Rhin en date du 21 juin 2019, portant adoption du RIFSEEP et mise en place d'un nouveau référentiel métiers, définit quatre groupes de fonctions pour les cadres d'emplois de la catégorie A comme suit: " Groupe 1 : Directeur / Groupe 2 : Directeur adjoint, chef de service () / Groupe 3 : chefs de service adjoint, chef d'unité, chef d'unité adjoint, responsable de mission / Groupe 4 : () chargé de mission, () chargé d'aménagement, () ingénieur génie civil (). ". Par ailleurs, il ressort du rapport de la présidente du département du Haut- Rhin, présentant le nouveau régime indemnitaire du personnel départemental lors de la séance publique du 21 juin 2019, que les fonctions sont réparties entre les différents groupes au vu des critères professionnels suivants : " Les fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception / Les niveaux de responsabilité / La technicité, l'expertise ou les qualifications requises pour l'exercice des fonctions / Les sujétions particulières ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour classifier le poste de M. A dans le métier " ingénieur génie civil ", relevant du groupe 4 des cadres d'emplois de la catégorie A, la collectivité européenne d'Alsace a entendu se fonder sur la seule circonstance que M. A n'exerce pas de fonction d'encadrement, sans prendre en considération les autres critères prévus par la délibération du 21 juin 2019. La collectivité européenne d'Alsace a ainsi entaché sa décision d'une erreur de droit.
4. En second lieu, la fiche de poste établie le 12 août 2014 et celle mise à jour le 2 octobre 2019 après l'adoption du RIFSEEP définissent de manière identique les missions de M. A comme suit : " la préparation et le pilotage des études pré opérationnelles de faisabilité et d'opportunité des projets de la collectivité, le portage et le pilotage d'études et de projets d'aménagements ou d'infrastructures, le portage et le pilotage des projets structurants internationaux, la représentation de la direction vis- à- vis des services de l'Etat (DREAL), des cantons balois dans les instances de pilotage des projets structurants du territoire, la participation aux astreintes de sécurité et/ ou décisionnelles ". Il ressort ainsi de ces documents que des fonctions de pilotage sont attribuées à M. A. Sur ce point le requérant expose, sans être contredit, avoir non seulement piloté la liaison des autoroutes française et allemande A35 et A5 mais aussi une étude de mobilité multimodale de la liaison Colmar- Freiburg, plusieurs projets avec la Suisse, deux projets d'aménagement d'échangeur à Mulhouse et Guémar, un projet de déplacement d'une route départementale à Hombourg, un projet de suppression d'un passage à niveau à Thann, un projet de création d'un demi- échangeur RN 83 d'accès nord à Cora Houssen, un projet de déviation d'une route départementale à Weckolsheim, et un projet de reconversion d'une plate- forme douanière à Ottmarsheim. Ainsi, contrairement à ce que soutient la collectivité européenne d'Alsace, il ne ressort pas des pièces du dossier que les fonctions de pilotage exercées par M. A revêtiraient un caractère purement résiduel. Par ailleurs, les fiches de poste précitées révèlent que les compétences spécifiques au poste occupé par M. A, telles que la connaissance des règles et techniques de conception routière, la connaissance des règles/ techniques aménagement infrastructures routières/ voirie, la connaissance du champ des institutions, associations, partenaires et organismes, la connaissance en économie des infrastructures routières, requièrent un niveau expert, soit le niveau de technicité, d'expertise et de qualification le plus élevé pour l'exercice des fonctions. En outre, M. A, assujetti à des astreintes décisionnelles, souligne, sans être contredit, que seuls le directeur des routes et les chefs de pôle supportent également une telle sujétion. Enfin, le directeur des routes reconnait, dans la fiche d'entretien professionnel de l'année 2019, que M. A remplit les qualités attendues d'un directeur adjoint, soit un poste relevant du groupe n° 2, tandis que l'organigramme de la direction des routes, des infrastructures et des mobilités établi le 12 novembre 2020 attribue à M. A le titre de responsable de mission, soit un poste relevant du groupe n° 3. Au vu de l'ensemble de ces circonstances, M. A doit être regardé comme occupant des fonctions de pilotage d'études et de coordination, requérant une technicité et une expertise importantes et lui imposant des sujétions particulières d'un niveau tel qu'en classifiant son poste dans le métier " ingénieur génie civil " relevant du groupe n° 4 des cadres d'emploi de la catégorie A du RIFSEEP, la collectivité européenne d'Alsace a commis une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision du 8 avril 2020, ensemble la décision de rejet du recours gracieux intervenue le 31 août 2020, par lesquelles la présidente du département du Haut- Rhin a refusé de modifier les mentions relatives au métier exercé par le requérant figurant sur sa fiche d'entretien professionnel pour l'année 2019 et la fiche de poste annexée, doivent être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Le motif d'annulation des décisions contestées implique qu'il soit enjoint à la collectivité européenne d'Alsace, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de procéder au réexamen de la situation du requérant. Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir l'injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative :
7. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la collectivité européenne d'Alsace une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 8 avril 2020, ensemble la décision de rejet du recours gracieux intervenue le 31 août 2020, par lesquelles la présidente du département du Haut-Rhin a refusé de modifier les mentions relatives au métier exercé par le requérant figurant sur sa fiche d'entretien professionnel pour l'année 2019 et la fiche de poste annexée, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la collectivité européenne d'Alsace, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de procéder au réexamen de la situation du requérant.
Article 3 : Il est mis à la charge de la collectivité européenne d'Alsace la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la collectivité européenne d'Alsace.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2023.
La rapporteure,
C. VICARD
La présidente,
A. DULMETLe greffier,
S. BRONNER
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026