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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2008330

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2008330

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2008330
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP SUR & MAUVENU ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 décembre 2020, 27 décembre 2021 et 11 et 12 janvier 2022, Mme B E, MM. Pierre Fiore, Christophe Goetz, Benjamin Bethune et Mme C A, représentés par Me Roth, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision du 8 septembre 2020 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville a autorisé la présidente de la commission médicale d'établissement du CHR à assurer la transmission des données du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) ;

2°) d'annuler la décision du 10 septembre 2020 par laquelle la présidente de la commission médicale d'établissement du CHR de Metz-Thionville a autorisé les médecins responsables des départements d'information médicale (DIM) du centre hospitalier de Briey et du CHR de Metz-Thionville à procéder à la remontée des données PMSI de chaque établissement ;

3°) d'annuler la décision du 23 octobre 2020 rejetant le recours gracieux formé le 12 octobre 2020 contre les décisions des 8 et 10 septembre 2020 ;

4°) d'annuler la décision implicite née le 2 décembre 2020 rejetant le recours gracieux formé le 28 septembre 2020 contre les décisions des 8 et 10 septembre 2020 ;

5°) de mettre à la charge du CHR de Metz-Thionville une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils doivent être regardés comme soutenant que :

Sur les moyens communs à toutes les décisions en litige :

- les fonctions de responsable DIM de territoire ne pouvant être inférieures à quatre ans en application des dispositions de l'article R. 6146-4 du code de la santé publique, le mandat de Mme E ne pouvait s'achever avant le 31 décembre 2020 ;

- la convention de mise à disposition du 27 décembre 2019 a nécessairement renouvelé les fonctions de Mme E en tant que responsable du DIM de territoire au-delà du 31 décembre 2017 ;

- les décisions n'ont pas été précédées d'un avis du président de la commission médicale d'établissement et du chef de pôle, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 6146-5 du code de la santé publique.

- la directrice du CHR de Metz-Thionville ne pouvait pas confier la responsabilité de la collecte, du traitement, de la gestion et de l'analyse de l'information à une autre personne que celle qui était régulièrement nommée médecin responsable du DIM de territoire.

Sur les moyens propres à la décision du 8 septembre 2020 :

- la nomination d'un médecin responsable du DIM de territoire revêt un caractère obligatoire ;

- la présidente de la commission médicale d'établissement du CHR de Metz-Thionville n'a pas été désignée sur proposition du collège médical ou de la commission médicale de groupement, en méconnaissance des articles L. 6113-7 et R. 6113-11-2 du code de la santé publique.

Sur les moyens propres à la décision du 10 septembre 2020 :

- la décision en litige est illégale par voie de conséquence.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 septembre 2021 et 28 mars 2022, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par la SCP Sur-Mauvenu et Associés, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de Mme E une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors qu'un nouveau médecin responsable du DIM de territoire a été nommé ;

- la présente requête ne présente pas de lien de connexité suffisant avec celle enregistrée sous le numéro 2006070 ;

- les décisions des 8 septembre, 10 septembre, 23 octobre 2020 et la lettre du 5 novembre 2020 ne font pas grief aux requérants ;

- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Un mémoire, enregistré le 18 février 2022, présenté pour le CHR de Metz-Thionville, n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Un mémoire, présenté par Mme E et autres a été enregistré le 6 janvier 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,

- et les observations de Me Le Tilly, représentant Mme E et autres et de Me Burckel, représentant le CHR de Metz-Thionville.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E exerçait les fonctions de praticien hospitalier titulaire au sein du centre hospitalier de Briey, en qualité de responsable du département d'information médicale (DIM). Par une convention tripartite du 1er juillet 2008, le centre hospitalier de Briey, le centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville et le syndicat inter-hospitalier (SIH) femme-mère-enfant de Metz ont créé une fédération médicale inter-hospitalière des DIM, dont l'objet était de favoriser la collaboration entre les médecins et les personnels des DIM des établissements concernés et dont le siège était fixé au CHR de Metz-Thionville. Par une décision du 27 juin 2008, la directrice générale du CHR de Metz-Thionville et les présidents des commissions médicales d'établissement du CHR de Metz-Thionville, du SIH femme-mère-enfant de Metz et du centre hospitalier de Briey, ont nommé Mme E en qualité de médecin coordonnateur de la fédération médicale inter-hospitalière susmentionnée. Parallèlement, par une convention conclue le 1er janvier 2008 entre le centre hospitalier de Briey et le CHR de Metz-Thionville, Mme E a été autorisée à participer à l'activité des pôles et services supports des fédérations à l'extérieur de son établissement d'affectation. L'intéressée a également été mise à disposition du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville à compter du 1er juillet 2017, à hauteur de cinq demi-journées par semaine, en vertu d'une convention du 27 décembre 2019. Avec la création des groupements hospitaliers de territoire (GHT) par la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, la fédération des DIM mise en place est devenue un DIM de territoire. Par une décision du 8 février 2017, la directrice du CHR de Metz-Thionville, établissement support du GHT " Lorraine Nord " a nommé Mme E médecin responsable du DIM de territoire jusqu'au 31 décembre 2017. Par une lettre 6 avril 2020, la directrice du CHR de Metz-Thionville a demandé à la direction du centre hospitalier de Briey de mettre fin à la mise à disposition de Mme E à compter du 11 mai 2020. Par une décision du 22 avril 2020, la directrice du CHR de Metz-Thionville a mis fin à la position de Mme E en qualité de médecin coordonnateur de la fédération médicale inter-hospitalière des DIM entre le CHR de Metz-Thionville et le centre hospitalier de Briey. Par une lettre du 3 juillet 2020, la directrice du CHR de Metz-Thionville a informé Mme E qu'en raison de la fin de sa mise à disposition, elle n'était plus autorisée à se rendre au CHR pour y entretenir des contacts avec des professionnels de santé de l'établissement sans y avoir été invitée. Par une lettre du 10 juillet 2020, la directrice du CHR de Metz-Thionville a rappelé à Mme E que son mandat de médecin responsable du DIM de territoire avait pris fin au 31 décembre 2017 et lui a enjoint de cesser toute activité se référant à ces fonctions. Par une lettre du 8 juin 2020, Mme E a informé la directrice du CHR de Metz-Thionville de son désaccord quant aux raisons qui ont motivé la non reconduction de ses missions de responsable du DIM de territoire et a estimé que ces missions " restaient d'actualité ". Par une décision du 8 septembre 2020, la directrice générale du CHR de Metz-Thionville a autorisé la présidente de la commission médicale d'établissement du CHR à assurer la transmission des données du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI). Par une décision du 10 septembre 2020, la présidente de cette commission a autorisé les médecins responsables des DIM du centre hospitalier de Briey et du CHR de Metz-Thionville à procéder à la remontée des données PMSI de chaque établissement. Par des lettres des 28 septembre 2020 et 12 octobre 2020, la requérante a formé des recours gracieux contre les décisions des 8 et 10 septembre 2020. Ces recours ont été rejeté par une décision implicite pour le premier, et par une lettre du 23 octobre 2020 pour le second. Par sa requête, les requérants demandent au tribunal d'annuler les décisions des 8 septembre 2020, 10 septembre 2020, ainsi que celles rejetant ses recours gracieux.

Sur l'exception de non-lieu soulevée par le CHR de Metz-Thionville :

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

3. En l'espèce, le CHR de Metz-Thionville fait valoir que sa directrice a, le 4 janvier 2021, nommé un nouveau responsable du DIM de territoire et qu'il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les décisions des 8 et 10 septembre 2020 qui visaient à permettre de manière provisoire la remontée des données PMSI sous la responsabilité de la présidente de la commission médicale d'établissement. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que les décisions en litige auraient été retirées, ni même qu'elles n'auraient reçu aucune exécution pendant la période où elles étaient en vigueur. Dès lors, et nonobstant le caractère provisoire des décisions des 8 et 10 septembre 2020, l'exception de non-lieu ne peut pas être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

4. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article R. 6113-11-1 du code de la santé publique : " Le département de l'information médicale de territoire procède à l'analyse de l'activité de tous les établissements parties au groupement hospitalier de territoire. ". Par ailleurs, l'article R. 6113-11-2 du même code dispose que : " I.-Le médecin responsable du département de l'information médicale de territoire est désigné par le directeur de l'établissement support sur proposition du président du collège médical ou de la commission médicale de groupement. / II.-Le médecin responsable du département de l'information médicale du territoire a autorité fonctionnelle sur les personnels du département d'information médicale. / III.-Le médecin responsable du département de l'information médicale de territoire coordonne les relations entre le département de l'information médicale de territoire et les instances médicales de chacun des établissements parties au groupement. / Un médecin référent du département de l'information médicale de territoire assiste à la commission médicale des établissements parties au groupement. / Le médecin responsable du département d'information médicale de territoire rend compte, au moins une fois par an, de l'activité des établissements parties au comité stratégique du groupement hospitalier de territoire. ". Enfin aux termes de l'article R. 6113-11-3 de ce code : " Le médecin responsable du département d'information médicale de territoire assure les missions suivantes : / 1° Préparer les décisions des instances compétentes des établissements parties, mentionnées à l'article R. 6113-9, afin d'assurer l'exhaustivité et la qualité des données transmises, au travers d'un plan d'action présenté devant le comité stratégique du groupement hospitalier de territoire ; / 2° Participer à l'analyse médico-économique de ces données, en vue de permettre leur utilisation dans le cadre de l'élaboration et de la mise en œuvre du projet d'établissement des établissements parties et du projet médical partagé, ainsi que des missions définies à l'article R. 6113-8 ; / 3° Contribuer à la mise en œuvre des dispositions relatives à la protection des données médicales nominatives des patients, dans les conditions définies à l'article R. 6113-6 ; / 4° Contribuer aux travaux de recherche clinique, épidémiologique, informatique de santé et médico-économique des établissements parties au groupement hospitalier de territoire. ".

5. D'autre part, aux termes du dernier alinéa de l'article R. 6146-4 du code de la santé publique, dans sa version applicable au litige : " Les responsables de services, de départements, de structures internes ou d'unités fonctionnelles sont nommés pour une période de quatre ans renouvelable. Dans les deux mois suivant leur nomination, le directeur propose à ces responsables une formation adaptée à l'exercice de leurs fonctions. ". Par ailleurs, aux termes du premier alinéa de l'article R. 6146-5 du code de la santé publique, dans sa version applicable au litige : " Il peut être mis fin, dans l'intérêt du service, aux fonctions de responsable de structure interne, service ou unité fonctionnelle par décision du directeur, après avis du président de la commission médicale d'établissement et du chef de pôle. ".

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme E occupait, à compter du 8 février 2017, les fonctions de responsable de DIM de territoire. Or, eu égard aux missions dévolues à cette fonction, qui s'inscrit dans le cadre d'une coopération inter-hospitalière définie par les dispositions précitées de l'article R. 6113-11-3 du code de la santé publique, la requérante n'exerçait pas des fonctions de responsable de service, de département, de structure interne ou d'unité fonctionnelle au sein d'un unique établissement hospitalier. Il en résulte que Mme E ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 6146-4 du code de la santé publique, relatif à l'organisation interne des centres hospitaliers. Dès lors, le moyen tiré de ce que la durée d'exercice de ses fonctions ne pouvait être inférieure à quatre ans doit être écarté comme inopérant.

7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 8 février 2017, Mme E a été nommé médecin responsable du DIM de territoire jusqu'au 31 décembre 2017 et que, par une convention de mise à disposition du 27 décembre 2019, l'intéressée a été rétroactivement mise à disposition du CHR de Metz-Thionville à compter du 1er juillet 2017 pour exercer lesdites fonctions. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, la seule signature de la convention de mise à disposition susmentionnée ne saurait être regardée comme ayant implicitement renouvelé les fonctions de Mme E comme responsable du DIM de territoire qui ont nécessairement cessé le 31 décembre 2017, ainsi que le prévoyait la décision du 8 février 2017. Il en résulte que le moyen d'erreur de droit tiré de ce que les fonctions de la requérante prenaient fin au 31 décembre 2020 doit être écarté.

8. En troisième lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 6113-7 du code de la santé publique : " Les établissements de santé, publics ou privés, procèdent à l'analyse de leur activité. / Dans le respect du secret médical et des droits des malades, ils mettent en oeuvre des systèmes d'information qui tiennent compte notamment des pathologies et des modes de prise en charge en vue d'améliorer la connaissance et l'évaluation de l'activité et des coûts et de favoriser l'optimisation de l'offre de soins. / Les praticiens exerçant dans les établissements de santé publics et privés transmettent les données médicales nominatives nécessaires à l'analyse de l'activité et à la facturation de celle-ci au médecin responsable de l'information médicale pour l'établissement dans des conditions déterminées par voie réglementaire après consultation du Conseil national de l'ordre des médecins. / Les praticiens transmettent les données mentionnées au troisième alinéa dans un délai compatible avec celui imposé à l'établissement. / Sous l'autorité des chefs de pôle, les praticiens sont tenus, dans le cadre de l'organisation de l'établissement, de transmettre toutes données concernant la disponibilité effective des capacités d'accueil et notamment des lits. A la demande du directeur, ce signalement peut se faire en temps réel. / Le praticien responsable de l'information médicale est un médecin désigné par le directeur d'un établissement public de santé ou l'organe délibérant d'un établissement de santé privé s'il existe, après avis de la commission médicale ou de la conférence médicale. Les conditions de cette désignation et les modes d'organisation de la fonction d'information médicale, en particulier les conditions dans lesquelles des personnels placés sous l'autorité du praticien responsable ou des commissaires aux comptes intervenant au titre de la mission légale de certification des comptes mentionnée à l'article L. 6145-16 peuvent contribuer au traitement de données, sont fixés par décret. / Lorsque les praticiens appartenant au personnel des établissements publics de santé ne satisfont pas aux obligations qui leur incombent en vertu des troisième et quatrième alinéas, leur rémunération fait l'objet de la retenue prévue à l'article 4 de la loi de finances rectificative pour 1961 (n° 61-825 du 29 juillet 1961). / Les modalités selon lesquelles les dispositions de cet article sont applicables aux hôpitaux des armées sont fixées par décret en Conseil d'Etat. ". Par ailleurs, l'article L. 6113-8 du code de la santé publique dispose que : " Les établissements de santé transmettent aux agences régionales de santé, à l'Etat ou à la personne publique qu'il désigne et aux organismes d'assurance maladie les informations relatives à leurs moyens de fonctionnement, à leur activité, à leurs données sanitaires, démographiques et sociales qui sont nécessaires à l'élaboration et à la révision du projet régional de santé, à la détermination de leurs ressources, à l'évaluation de la qualité des soins, à la veille et la vigilance sanitaires, ainsi qu'au contrôle de leur activité de soins et de leur facturation. / () / Les établissements qui ne transmettent pas les informations mentionnées au premier alinéa dans les conditions et les délais fixés par voie réglementaire sont passibles d'une pénalité prononcée par le directeur général de l'agence régionale de santé, dans la limite de 5 % de leurs recettes annuelles d'assurance maladie. ". Enfin, aux termes de l'article L. 6132-3 du même code : " I. - L'établissement support désigné par la convention constitutive assure les fonctions suivantes pour le compte des établissements parties au groupement : / () / 2° La gestion d'un département de l'information médicale de territoire. Par dérogation à l'article L. 6113-7, les praticiens transmettent les données médicales nominatives nécessaires à l'analyse de l'activité au médecin responsable de l'information médicale du groupement ; (). ".

9. D'autre part, aux termes de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique : " Le directeur, président du directoire, conduit la politique générale de l'établissement. Il représente l'établissement dans tous les actes de la vie civile et agit en justice au nom de l'établissement. / Le directeur est compétent pour régler les affaires de l'établissement autres que celles énumérées aux 1° à 15° et autres que celles qui relèvent de la compétence du conseil de surveillance énumérées à l'article L. 6143-1. Il participe aux séances du conseil de surveillance. Il exécute ses délibérations. / Le directeur dispose d'un pouvoir de nomination dans l'établissement. Il propose au directeur général du Centre national de gestion la nomination des directeurs adjoints et des directeurs des soins. La commission administrative paritaire compétente émet un avis sur ces propositions. Sur proposition du chef de pôle ou, à défaut, du responsable de la structure interne, et après avis du président de la commission médicale d'établissement, il propose au directeur général du Centre national de gestion la nomination et la mise en recherche d'affectation des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques mentionnés au 1° de l'article L. 6152-1 dans les conditions fixées par voie réglementaire. L'avis du président de la commission médicale d'établissement est communiqué au directeur général du Centre national de gestion. / Le directeur exerce son autorité sur l'ensemble du personnel dans le respect des règles déontologiques ou professionnelles qui s'imposent aux professions de santé, des responsabilités qui sont les leurs dans l'administration des soins et de l'indépendance professionnelle du praticien dans l'exercice de son art. / Le directeur est ordonnateur des dépenses et des recettes de l'établissement. Il a le pouvoir de transiger. Il peut déléguer sa signature, dans des conditions déterminées par décret. / Par dérogation, le directeur de l'établissement support du groupement exerce ces compétences pour le compte des établissements de santé parties au groupement hospitalier de territoire, pour l'ensemble des activités mentionnées à l'article L. 6132-3. ".

10. En l'espèce il ressort des pièces du dossier que la requérante a pendant plusieurs mois bloqué la transmission des données d'activité médicale PMSI en méconnaissance de l'obligation légale prévue par les dispositions précitées des articles L. 6113-7 et L. 6132-3 du code de la santé publique. Par son comportement, Mme E a non seulement fait peser un risque financier sur le CHR de Metz-Thionville qui s'exposait à la pénalité instituée par les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 6113-8 du code de la santé publique, mais a surtout empêché la transmission et le traitement de données médicales particulièrement importantes en période d'épidémie du virus de la COVID-19. Ainsi, dans ces circonstances très particulières, la directrice du CHR de Metz-Thionville qui, aux termes de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique, exerce son autorité sur l'ensemble du personnel de son établissement, pouvait légalement, dès lors que la situation exigeait qu'une mesure conservatoire soit prise en urgence pour assurer la sécurité des malades et la continuité du service, désigner la présidente de la commission médicale d'établissement du CHR pour procéder, en lieu et place de Mme E, à la remontée des données PMSI auprès de l'agence régionale de santé. Pour les mêmes motifs, la présidente de la commission médicale d'établissement du CHR de Metz-Thionville, ainsi désignée, pouvait légalement autoriser les médecins DIM du centre hospitalier de Briey et du CHR de Metz-Thionville à procéder à la remontée des données PMSI de chaque établissement. Il s'ensuit que les moyens d'erreur de droit et de détournement de procédure soulevés doivent être écartés.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision du 8 septembre 2020 :

11. En premier lieu, à supposer que les requérants aient entendu soulever un moyen tiré du caractère obligatoire de la nomination d'un médecin responsable du DIM de territoire, ce moyen est dépourvu des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

12. En second lieu, les requérants soutiennent que la décision en litige méconnaît les règles de procédure énoncées au sixième alinéa de l'article L. 6113-7 du code de la santé publique et au I de l'article R. 6113-11-2 du même code. Toutefois, il résulte du point 10 du présent jugement que la décision du 8 septembre 2020 ne peut être regardée comme une décision de nomination d'un médecin responsable du DIM de territoire, mais constitue une décision de désignation provisoire d'un praticien hospitalier, prise dans l'urgence, en vue satisfaire aux obligations mentionnées aux articles L. 6113-7 et L. 6132-3 du code de la santé publique, dans le contexte de blocage provoquée par l'attitude de Mme E. Il s'ensuit que les vices de procédure susmentionnés ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision du 10 septembre 2020 :

13. Il résulte des points précédents que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 8 septembre 2020 par laquelle la directrice générale du CHR de Metz-Thionville a autorisé la présidente de la commission médicale d'établissement du CHR à procéder à la transmission des données PMSI. Dès lors, ils ne sont pas davantage fondés à solliciter l'annulation, par voie de conséquence, de la décision du 10 septembre 2020 par laquelle la présidente de cette commission a autorisé les médecins responsables des DIM du centre hospitalier de Briey et du CHR de Metz-Thionville à établir la remontée des données PMSI de chaque établissement.

14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par le CHR de Metz-Thionville, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

16. D'une part, les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHR de Metz-Thionville, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

17. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme E une somme de 1 000 euros au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de Mme E et autres est rejetée.

Article 2 : Mme E versera au CHR de Metz-Thionville la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par le CHR de Metz-Thionville sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.

Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Carrier, président,

M. Duez-Gündel, conseiller

Mme Klipfel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

Le rapporteur,

C. D

Le président,

C. CARRIER

Le greffier,

P. HAAG

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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