jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2008338 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GOURVENNEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 28 décembre 2020 et 6 mars 2023, la société civile immobilière (SCI) Jurolien, représentée par Me Gourvennec, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recette du 3 novembre 2020 portant sur une créance de 2 096,84 euros de la régie Haganis ;
2°) dire et juger qu'elle n'est pas tenue au paiement d'une redevance majorée au titre de la taxe d'assainissement pour l'ensemble des branchements afférents à l'immeuble situé
13B avenue de la libération à Chatel Saint-Germain ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement Haganis la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- compte tenu du jugement d'incompétence de la juridiction judiciaire, le tribunal administratif est compétent pour statuer sur son recours ;
- la contradiction de motifs ou d'objets du titre de recettes attaqué ne permet pas de caractériser son fondement réel ;
- l'objet de ce titre portant sur le " défaut de branchement avant 2020 " est erroné ;
- ce titre est contradictoire avec l'établissement de l'ensemble de la facturation qui ne prévoit que l'assujettissement à la taxe d'assainissement sans aucune majoration à l'exception partielle de l'année 2019 ;
- il a été établi sans qu'il y ait jamais eu aucune facture corrélative au titre de l'assujettissement à la majoration de la taxe d'assainissement ;
- la motivation du bien-fondé du titre de recettes résultant du courriel
du 1er décembre 2020 n'est pas opérante et résulte d'une confusion entre une personne physique et la personne morale qu'elle est ;
- son assujettissement à la seule redevance d'assainissement entre 2008 et 2020 corrobore la conformité de ses installations techniques en termes de branchements ;
- conformément à l'article L. 1331-8 du code de la santé publique, elle s'est strictement conformée en sa qualité de propriétaire aux obligations prévues aux articles L. 1331-1 et suivants de ce code, de sorte qu'elle n'est pas astreinte au paiement de la redevance majorée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 avril 2021 et 8 mars 2023, Haganis - régie de Metz métropole, représentée par Me Iochum, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la SCI Jurolien au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Olivier Biget,
- les conclusions de M. Alexandre Therre, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de l'instruction d'une demande d'un permis de construire sollicité par la société civile immobilière Jurolien en vue de la construction d'un immeuble à Chatel Saint-Germain, la régie de Metz métropole, Haganis, a émis un avis favorable le 22 mars 2007. Après que deux courriers du 9 décembre 2008 et du 26 juin 2009 de programmation de la visite de contrôle des installations sanitaires intérieures de l'immeuble sont restés sans réponse, Haganis a informé la société Jurolien, par une lettre recommandée du 17 mars 2010, qu'il sera demandé dans un délai de six mois au service des eaux compétent de procéder à l'application de la majoration de 100 % sur la redevance d'assainissement prévue à l'article L. 1331-8 du code de la santé publique. D'autres courriers, en dernier lieu en date du 30 octobre 2014, ont été adressés à l'intéressée qui n'a pas davantage réagi. Par une lettre recommandée du 2 décembre 2014, Haganis a demandé à la société Saur d'appliquer la majoration de 100 % à compter du 2 décembre 2014.
Le 3 novembre 2020, Haganis émettait un avis des sommes à payer à l'encontre de la société Jurolien en vue du recouvrement de la somme de 2 096,84 euros. La requérante doit être regardée comme demandant l'annulation de ce titre de recette et la décharge de la somme correspondante.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :
2. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre.
3. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fins de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre. Statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
4. Aux termes de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales : " I. - Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées. / () II. - Les communes assurent le contrôle des raccordements au réseau public de collecte () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 1331-1 du code de la santé publique dans sa version applicable en l'espèce : " Le raccordement des immeubles aux réseaux publics de collecte disposés pour recevoir les eaux usées domestiques et établis sous la voie publique à laquelle ces immeubles ont accès soit directement, soit par l'intermédiaire de voies privées ou de servitudes de passage, est obligatoire dans le délai de deux ans à compter de la mise en service du réseau public de collecte. ". Aux termes de l'article L. 1331-4 de ce code : " Les ouvrages nécessaires pour amener les eaux usées à la partie publique du branchement sont à la charge exclusive des propriétaires et doivent être réalisés dans les conditions fixées à l'article L. 1331-1. Ils doivent être maintenus en bon état de fonctionnement par les propriétaires. La commune en contrôle la qualité d'exécution et peut également contrôler leur maintien en bon état de fonctionnement. ". Aux termes de
l'article L. 1331-11 de ce code : " Les agents du service d'assainissement ont accès aux propriétés privées : 1° Pour l'application des articles L. 1331-4 et L. 1331-6 ; / () En cas d'obstacle mis à l'accomplissement des missions visées aux 1°, 2° et 3° du présent article, l'occupant est astreint au paiement de la somme définie à l'article L. 1331-8, dans les conditions prévues par cet article. ". L'article L. 1331-8 dispose : " Tant que le propriétaire ne s'est pas conformé aux obligations prévues aux articles L. 1331-1 à L. 1331-7-1, il est astreint au paiement d'une somme au moins équivalente à la redevance qu'il aurait payée au service public d'assainissement si son immeuble avait été raccordé au réseau ou équipé d'une installation d'assainissement autonome réglementaire, et qui peut être majorée dans une proportion fixée par le conseil municipal ou le conseil de la métropole de Lyon dans la limite de 100 %. ".
5. Un état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la dette, alors même qu'il serait émis par une personne publique autre que celles pour lesquelles cette obligation est expressément prévue par l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. En application de ce principe, l'administration ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
6. L'avis des sommes à payer valant titre exécutoire du 3 novembre 2020 attaqué se contente d'indiquer en objet de la créance de 2 096,84 euros réclamée : " RED PR A 2020-01/10/2020-31/10/2020 ". Ce faisant, ce titre ne comporte aucune référence aux bases de liquidation de la créance mise à la charge de la société Jurolien et ne détaille aucun élément de calcul de la somme de 2 096,84 euros. En défense, Haganis fait valoir que les termes employés correspondent à la terminologie existant dans le logiciel de facturation pour établir la facturation de la majoration de la redevance d'assainissement collective et que si elle ne désigne pas exactement la nature du défaut entraînant la majoration, une absence de conformité entraîne nécessairement un défaut de branchement. Toutefois, de telles explications ne sont, en tout état de cause, pas de nature à pallier le défaut d'indication des bases de la liquidation sur le titre exécutoire lui-même ou un document mentionné en référence. Il s'ensuit que la société Jurolien est fondée à soutenir que le titre de recette en litige est insuffisamment motivé et à en demander, pour ce motif, l'annulation.
7. L'annulation de l'avis des sommes à payer du 3 novembre 2020 résultant seulement d'un vice de forme, elle n'implique pas, aucun des moyens invoqués n'étant susceptibles de fonder une décharge, que la requérante soit déchargée de l'obligation de payer la somme de 2 096,84 euros dont ce titre exécutoire l'a constituée débitrice en application de l'article
L. 1331-8 du code de la santé publique ainsi que cela résulte de l'instruction.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est seulement fondée à demander l'annulation de l'avis des sommes à payer du 3 novembre 2020 attaqué.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Jurolien, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par Haganis et non compris dans les dépens.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu également de rejeter les conclusions présentées par la société Jurolien sur le même fondement.
DECIDE :
Article 1er : L'avis des sommes à payer du 3 novembre 2020 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par Haganis au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Jurolien et à Haganis - régie de Metz métropole.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Biget, premier conseiller,
Mme Bronnenkant, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 novembre 2023.
Le rapporteur,
O. Biget
Le président,
S. Dhers
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026