jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2100216 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SNOECKX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2021, Mme E D A, représentée par Me Snoeckx, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 novembre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois de novembre 2020, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie d'un motif légitime faisant obstacle à ce la tardiveté de sa demande lui soit opposée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard à sa vulnérabilité et à celle de son conjoint.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D A ne sont pas fondés.
Mme D A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C B,
- les conclusions de Mme Sandra Bauer, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Selon les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article D. 744-37 du même code, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil réservées aux demandeurs d'asile peut être refusé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) si l'étranger n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2, soit dans les 90 jours qui suivent l'arrivée de l'étranger sur le territoire français. En application de ces dispositions, le directeur territorial de l'OFII a refusé, par la décision en litige du 10 novembre 2020, d'accorder à Mme D A et à son conjoint le bénéfice des conditions matérielles d'accueil réservées aux demandeurs d'asile au motif que leur demande d'asile n'avait pas été déposée dans le délai légal prévu, sans justifier ce retard par un motif légitime.
2. En premier lieu, après avoir visé les articles L. 744-8 et D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, la décision attaquée indique à Mme D A que les conditions matérielles d'accueil lui sont refusées parce qu'elle n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai légal de 90 jours suivant son entrée sur le territoire français, sans qu'un motif légitime ait pu expliquer ce retard. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée qu'elle serait entachée d'un défaut d'examen de la situation personnelle de la requérante et de son conjoint.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme D A et son conjoint qui sont entrés en France au mois de mars 2019, pour rejoindre l'une de leurs filles de nationalité française, ont dans un premier temps présenté une demande de titre de séjour en se prévalant de leur vie privée et familiale. Ce n'est qu'après le rejet de cette demande de titre de séjour que les intéressés ont déposé une demande d'asile le 9 novembre 2020. Si la requérante fait valoir qu'ils ont quitté le Venezuela en raison des menaces qui pesaient sur leur vie et leur liberté, elle ne justifie pas avoir eu un motif légitime pour présenter sa demande d'asile plus de 90 jours après son entrée en France et ce alors même que le statut de réfugiés leur a été accordé par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 29 janvier 2021. Il s'ensuit que la décision attaquée ne méconnaît pas les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En dernier lieu, si la requérante fait valoir qu'elle était, comme son époux, âgée de 79 ans à la date de la décision attaquée, il est constant qu'ils sont hébergés par leur fille qui les prend en charge. Aussi, et alors même qu'ils ne bénéficieraient pas d'un espace autonome dans le logement de leur fille, la requérante ne justifie pas qu'ils se trouvent dans une situation de vulnérabilité particulière. La décision attaquée n'a ainsi pas méconnu les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de la requérante et de son conjoint.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme D A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme D A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonifacj, présidente,
M. Therre, premier conseiller,
Mme Bonnet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La présidente-rapporteure,
J. B
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
A. Therre
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026