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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2100482

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2100482

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2100482
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantCIVALLERO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2021, M. A, représenté par la SELARL Ayari Légal Etude d'Avocat demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 août 2020 par laquelle le préfet du Haut-Rhin lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " comme parent d'un enfant français ;

2°) d'annuler la décision du 18 décembre 2020 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a rejeté son recours gracieux contre la décision du 18 août 2020 et lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " comme conjoint d'une ressortissante française ;

3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ".

Il soutient qu'eu égard aux éléments de fait et de droit exposés, il a droit à un titre de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.

Par une ordonnance du 19 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 11 novembre 2022.

Des pièces ont été produites le 12 avril 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D E,

- les observations de Me Ayari, avocat de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, né le 21 novembre 1987, est entré sur le territoire français le 12 décembre 2015 muni d'un visa touristique valable pour la Turquie. Après la naissance de son enfant C, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité de parent de cet enfant français né d'une première union. Cette demande a été rejetée par le préfet du Haut-Rhin par décision du 18 août 2020 assortie d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours. Le 8 septembre 2020, il demande la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de ressortissant français suite à son mariage le 14 août 2020. Par décision du 18 décembre 2020, le préfet du Haut-Rhin a rejeté l'ensemble de ses demandes. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation des décisions portant refus de lui délivrer un titre de séjour sur les deux fondements invoqués dans ses demandes.

2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () 4) au ressortissant algérien ascendant d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an. ".

3. D'une part, pour refuser le titre de séjour sollicité en qualité de parent d'enfant français, le préfet du Haut-Rhin s'est fondé sur la circonstance que M. A n'avait pas produit les documents nécessaires à prouver qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale sur son enfant, ou qu'il contribue effectivement à son entretien. Si M. A fait valoir que la mère de son enfant lui fait du chantage et ne s'est pas présentée à un entretien en date du 10 décembre 2019 en vue de l'instruction de sa demande afin de monnayer sa présence à un prochain entretien, la production d'un courrier du 8 janvier 2020 adressé au procureur de la République dans lequel il décrit le comportement hostile de son ex-compagne à son égard n'est pas de nature à tenir cette circonstance pour établie. De même, la production d'un courrier du 20 février 2020 adressé au juge des enfants dans lequel il énonce vouloir être convoqué afin de s'exprimer et d'être informé à propos de la procédure de placement de son enfant n'établit pas que M. A exerçait ou avait exercé, à la date de la décision attaquée du 18 août 2020, l'autorité parentale ou contribué à l'entretien et à l'éducation de son enfant C. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir, à supposer le moyen invoqué, que le préfet a fait une inexacte application des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 précité ou commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire droit à sa demande.

4. D'autre part, pour refuser le titre de séjour sollicité en qualité de conjoint d'une ressortissante française, le préfet du Haut-Rhin, après avoir rappelé qu'il était en situation irrégulière et avait fait l'objet d'un premier refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, s'est fondé sur la circonstance que M. A était entré irrégulièrement sur le territoire français. En l'espèce, il est constant que le requérant est entré en France muni d'un visa touristique valable du 3 novembre 2015 au 2 novembre 2016 uniquement pour la Turquie, sans justifier de la régularité de son entrée sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 2) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 précité, à le supposer invoqué, doit être écarté. Par ailleurs, le requérant ne produit pas d'éléments de nature à établir l'ancienneté de la vie commune avec son épouse à la date de la décision de refus de titre de séjour opposée le 18 décembre 2020. Dans ces conditions et compte-tenu de ce qui a été dit ci-dessus, le moyen tiré l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans préjudice de l'examen de la situation qui serait fait par l'autorité administrative d'une demande de titre de séjour présentée au regard des circonstances postérieures aux décisions en litige et notamment de la naissance de son enfant français, les conclusions de M. A présentées à fin d'annulation des décisions de refus de titre de séjour doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Richard, président,

Mme Kalt, première conseillère,

Mme Eymaron, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

La première assesseure,

L. Kalt

Le président rapporteur,

M. E

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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