LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2100488

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2100488

lundi 9 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2100488
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantJEHEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 janvier 2021, la SCI Pierre et investissements, représentée par Me Jehel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 août 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Avold a règlementé la circulation et le stationnement au niveau du passage du pensionnat, aux horaires d'ouverture et de fermeture de l'établissement Sainte-Chrétienne, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux réceptionné le 24 septembre 2020 ;

2°) de condamner la commune de Saint-Avold à payer à la SCI Pierre et investissements la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice économique, arrêtée à la date de la présente demande outre une somme de 300 euros par mois à compter du mois de février 2021 jusqu'à cessation du trouble résultant du non-respect des arrêtés de 2018 et du maintien de l'arrêté d'août 2020 ;

3°) d'enjoindre à la commune de Saint-Avold de procéder à l'attribution de télécommandes d'ouverture automatique de la barrière aux riverains du Passage du Pensionnat et permettant d'actionner les bornes escamotables côté porche avec un système d'ouverture automatisé conformément aux deux arrêtés de 2018, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Avold la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

- l'arrêté attaqué du 27 août 2020 est disproportionné par rapport aux objectifs poursuivis et est entaché d'erreur d'appréciation ;

- il est entaché d'un détournement de pouvoir.

Sur les conclusions indemnitaires :

- la commune de Saint-Avold a commis une faute en raison de l'illégalité fautive de l'arrêté du 27 août 2020 ;

- elle a également commis trois autres fautes en ne prenant pas les mesures adaptées pour permettre la bonne application des arrêtés du 6 mars 2018 et du 30 juillet 2018, à savoir que les bornes installées au niveau du porche ne peuvent être abaissées par les résidents pour quitter le passage du pensionnat, en violation de l'article 3 de l'arrêté du 6 mars 2018 prévoyant que le classement sans issue dudit passage n'est pas opposable aux riverains ; l'agent municipal qui doit ouvrir et refermer la barrière à l'entrée du passage du pensionnat, qui fait à la fois office de barrière d'entrée et de barrière de sortie compte tenu de l'impossibilité de quitter le Passage du côté du porche en raison des bornes escamotables, n'est pas toujours présent, bloquant la circulation et créant des embouteillages en violation de l'arrêté précité prévoyant que l'interdiction de circulation sur le passage du pensionnat n'est pas opposable aux riverains ; la circulation, qui devait se faire à sens unique sur cette voie pour les véhicules automobiles, se fait finalement à double sens compte tenu de l'impossibilité de quitter la voie par le porche à cause des bornes escamotables ;

- le préjudice économique doit être évalué à 2 000 euros, outre une somme de 300 euros par mois à compter du mois de février 2021 jusqu'à cessation du trouble résultant du non-respect des arrêtés de 2018 et du maintien de l'arrêté d'août 2020.

La requête a été communiquée à la commune de Saint-Avold qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Une mise en demeure a été adressée le 11 avril 2022 à la commune de Saint-Avold.

Par une ordonnance du 1er septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,

- et les observations de Me Jehel, représentant la SCI Pierre et investissements.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Pierre et investissements, qui a pour activité la gestion et la location de biens immobiliers à Saint-Avold (Moselle), est notamment propriétaire-bailleur dans cette commune de deux locaux commerciaux, de plusieurs appartements et de places de stationnement situés au 29 et au 31 de la rue des Américains et dont l'accès se fait par la voie dénommée " passage du pensionnat ". La circulation et le stationnement sur cette voie ont été fortement modifiés. Le maire de la commune de Saint-Avold a pris un premier arrêté le 6 mars 2018, puis deux arrêtés successifs, les 30 juillet et 27 août 2020 modifiant l'arrêté initial. Par une lettre du 20 septembre 2020, reçue le 24 septembre 2020, la SCI Pierre et investissements a adressé à la commune de Saint-Avold un recours gracieux contre l'arrêté du 27 août 2020 et une demande préalable d'indemnisation au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de l'arrêté du 27 août 2020 et de la mauvaise mise en œuvre des arrêtés des 6 mars et 30 juillet 2018. Par sa requête, la SCI Pierre et investissements demande au tribunal, d'une part, d'annuler l'arrêté du 27 août 2020, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux et, d'autre part, de condamner la commune de Saint-Avold à réparer son préjudice.

Sur l'acquiescement aux faits :

2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ". Il résulte de ces dispositions que, sous réserve du cas où, postérieurement à la clôture de l'instruction, le défendeur soumettrait au juge une production contenant l'exposé d'une circonstance de fait dont il n'était pas en mesure de faire état avant cette date et qui serait susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire, le défendeur à l'instance qui, en dépit d'une mise en demeure, n'a pas produit avant la clôture de l'instruction est réputé avoir acquiescé aux faits exposés par le requérant dans ses écritures. Il appartient alors seulement au juge de vérifier que la situation de fait invoquée par le demandeur n'est pas contredite par les pièces du dossier. Toutefois, l'acquiescement ne peut porter que sur les faits à l'exclusion de toute question de droit et de qualification juridique des faits.

3. En l'espèce, la requête a été communiquée le 22 février 2021 à la commune de Saint-Avold qui a été mise en demeure, le 11 avril 2022, de produire un mémoire en défense. Cette mise en demeure est toutefois demeurée sans effet à la date de la clôture de l'instruction, fixée au 3 octobre 2022. Dès lors, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, la commune de Saint-Avold doit être regardée comme ayant acquiescé aux faits exposés dans la requête de la SCI Pierre et investissements.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : / 1° Interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voie ou réserver cet accès, à certaines heures ou de manière permanente, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ; (). ".

5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a pour but de réglementer la circulation et le stationnement au niveau du passage du pensionnat aux horaires d'ouverture et de fermeture de l'établissement scolaire Sainte Chrétienne qui se situe à proximité immédiate de cette voie de circulation. Toutefois, le maire de la commune de Saint-Avold, en créant une interdiction générale et absolue de circulation entre 7h45 et 8h00 et entre 15h55 et 16h10 aux véhicules automobiles tous les jours de la semaine, y compris les samedi et dimanche lorsque l'établissement scolaire est fermé, a apporté à la liberté de circulation des restrictions disproportionnées au regard de l'objectif d'intérêt général poursuivi.

6. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté en litige serait fondé sur des motifs étrangers à la sécurité des élèves de l'établissement scolaire Sainte Chrétienne. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Pierre et investissements est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 27 août 2020, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux réceptionné le 24 septembre 2020 en tant qu'ils instituent passage du pensionnat à Saint-Avold, en dehors des jours d'ouverture de l'établissement scolaire susmentionné, une interdiction de circulation aux véhicules automobiles entre 7h45 et 8h00 et entre 15h55 et 16h10.

Sur la responsabilité de la commune de Saint-Avold :

En ce qui concerne les préjudices :

7. La SCI Pierre et investissements fait valoir qu'en raison des fautes invoquées, certains de ses locataires sont partis et qu'elle rencontre des difficultés à conclure de nouveaux baux. Toutefois, ces seuls faits, pour lesquels l'administration a acquiescé, ne permettent pas de caractériser le préjudice économique allégué.

8. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Avold la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCI Pierre et investissements et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 : L'arrêté du 27 août 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Avold a réglementé la circulation et le stationnement au niveau du passage du pensionnat, aux horaires d'ouverture et de fermeture de l'établissement Sainte-Chrétienne, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux réceptionné le 24 septembre 2020, sont annulés en tant qu'ils instituent, en dehors des jours d'ouverture de l'établissement scolaire, une interdiction de circulation aux véhicules automobiles entre 7h45 et 8h00 et entre 15h55 et 16h10.

Article 2 : La commune de Saint-Avold versera à la SCI Pierre et investissements la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Pierre et investissements et à la commune de Saint-Avold.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Carrier, président,

M. Duez-Gündel, conseiller,

Mme Klipfel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2023.

La rapporteure,

V. A

Le président,

C. CARRIER

Le greffier,

P. HAAG

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions