vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2105100 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique (6) |
| Avocat requérant | SELARL CORMIER - BADIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, respectivement enregistrés les 22 juillet 2021, 9 novembre 2021 et 29 mars 2022, la Fondation Vincent de Paul, représentée par Me Badin, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles de la ville de Strasbourg ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à tort que la décision de rejet de sa réclamation préalable fonde l'imposition litigieuse sur les dispositions des articles 322 ter et 322 quater de l'annexe III au code général des impôts ;
- l'intégralité des locaux en cause n'étaient pas imposables en vertu du 3° du II de l'article 1407 du même code, puisqu'ils sont loués à l'institut thérapeutique, éducatif et pédagogique LM ;
- elle est fondée à se prévaloir des énonciations des paragraphes 100, 110 et 140 du Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) - Impôts, publiées sous la référence BOI-IF-TH-10-40-10.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 octobre 2021, 28 janvier 2022 et 6 mai 2022, la directrice régionale des finances publiques du Grand Est et du département du Bas-Rhin conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la Fondation Vincent de Paul.
Elle fait valoir qu'elle a prononcé un dégrèvement de 14 604 euros le 6 mai 2022 et qu'aucun des moyens soulevés par la Fondation Vincent de Paul se rapportant à la fraction d'impôt restant en litige n'est fondé.
Le président du tribunal a désigné M. B A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le magistrat statuant seul a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 23 mai 2022 le rapport de
M. B A.
Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience, n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La Fondation Vincent de Paul a été assujettie à la taxe d'habitation au titre de l'année 2020 dans les rôles de la ville de Strasbourg à hauteur de 14 885 euros. Elle sollicite la décharge de cette imposition.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 6 mai 2022, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice régionale des finances publiques du Grand Est et du département du Bas-Rhin a prononcé le dégrèvement à concurrence d'une somme de 14 604 euros, de l'imposition litigieuse. Les conclusions de la requête de la Fondation Vincent de Paul relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
3. En premier lieu, les éventuelles irrégularités et erreurs qui pourraient entacher la décision prise par l'administration sur la réclamation d'un contribuable sont sans influence sur la régularité de la procédure ou le bien-fondé de l'imposition, dès lors que cette dernière est antérieure à ladite décision.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1407 du code général des impôts : " I. - La taxe d'habitation est due : 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation () II. - Ne sont pas imposables à la taxe : () 3° Les locaux destinés au logement des élèves dans les écoles et pensionnats () ". Aux termes de D. 312-59-1 du code de l'action sociale et des familles : " Les instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques accueillent les enfants, adolescents ou jeunes adultes qui présentent des difficultés psychologiques dont l'expression, notamment l'intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l'accès aux apprentissages. Ces enfants, adolescents et jeunes adultes se trouvent, malgré des potentialités intellectuelles et cognitives préservées, engagés dans un processus handicapant qui nécessite le recours à des actions conjuguées et à un accompagnement personnalisé () ".
5. Il résulte de l'instruction que les locaux qui ont fait l'objet de l'imposition litigieuse accueillent l'institut thérapeutique, éducatif et pédagogique LM et que le montant restant en litige, soit 281 euros, porte sur les espaces privatifs réservés aux surveillants pour leurs repas personnels et sur la chambre d'un éducateur qui forment un total de 45,21 m². Ces espaces n'étant pas destinés au logement des élèves de l'institut, la Fondation Vincent de Paul n'est pas fondée à soutenir qu'ils étaient exonérés de taxe d'habitation en vertu des dispositions précitées de l'article 1407 du code général des impôts.
6. En troisième lieu, la Fondation Vincent de Paul n'est pas fondée à se prévaloir des énonciations des paragraphes 100, 110 et 140 du Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) - Impôts, publiées sous la référence BOI-IF-TH-10-40-10 qui, dans leur version applicable au présent litige, ne prévoient pas que les espaces privatifs réservés au personnel des écoles et pensionnats sont dispensés de taxe d'habitation, les dernières énonciations précitées indiquant au demeurant que " l'exonération prévue par l'article 1407-II-3° du CGI en faveur des locaux destinés au logement des élèves dans les écoles et pensionnats ne s'étend pas aux pièces ou chambres meublées qui, distinctes des dortoirs collectifs, seraient éventuellement mises à la disposition privative de certains membres du personnel chargé de l'éducation ou de la surveillance des élèves ( surveillant d'internat, surveillant général, aumônier ). Ceux-ci sont, bien entendu, personnellement imposables, le cas échéant, à raison de tels locaux (CE, 20 décembre 1937) ".
7. Il résulte de tout ce qui précède que la Fondation Vincent de Paul n'est pas fondée à demander la décharge de la fraction d'imposition restant en litige.
Sur les conclusions présentées par la Fondation Vincent de Paul au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la Fondation Vincent de Paul et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la Fondation Vincent de Paul, à concurrence du dégrèvement prononcé le 6 mai 2022 par la directrice régionale des finances publiques du Grand Est et du département du Bas-Rhin à hauteur de 14 604 euros.
Article 2 : L'Etat versera à la Fondation Vincent de Paul la somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la Fondation Vincent de Paul est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la Fondation Vincent de Paul et au directeur régional des finances publiques du Grand Est et du département du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.
Le magistrat désigné,
S. A
Le greffier,
P. Souhait
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026