mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106210 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CALLON AVOCAT & CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés le 6 septembre 2021 et les 1er février, 1er mars et 19 avril 2022, M. D C, représenté par Me Callon, doit être regardé comme demandant au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 26 juillet 2021 par laquelle l'Eurométropole de Strasbourg a refusé de faire droit à sa demande d'octroi de de la nouvelle bonification indiciaire pour la période du 1er novembre 2019 au 31 août 2021 ;
2°) d'enjoindre à l'Eurométropole de Strasbourg de régulariser sa situation en le rétablissant dans ses droits ;
3°) de condamner l'Eurométropole de Strasbourg à lui payer les sommes de 3 000 euros et 3 100 euros en réparation des préjudices moral et financier qu'il estime avoir subis ;
4°) de mettre à la charge de l'Eurométropole de Strasbourg la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- il remplit les critères d'éligibilité prévus par les dispositions législatives et réglementaires dont le décret du 30 octobre 2015 ;
- le refus de lui attribuer la NBI, alors que d'autres collègues affectés dans le même service que lui en bénéficient, constitue une rupture du principe d'égalité.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2022, l'Eurométropole de Strasbourg, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des courriers du 20 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 26 juillet 2021 refusant de faire droit à sa demande d'attribution de la NBI dès lors qu'il s'agit d'un courriel de caractère purement informatif insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991;
- le décret n°2006-780 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n°2015-1386 du 30 octobre 2015
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Julie Devys, rapporteure publique,
- les observations de Mme B, représentant l'Eurométropole de Strasbourg.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C a été recruté en qualité de psychologue de classe normale par l'Eurométropole de Strasbourg. Il a exercé ses fonctions au sein du département de protection des mineurs de la direction solidarités, santé et jeunesse du 1er novembre 2019 au 31 août 2021. En juin 2020, il a sollicité l'octroi de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) " quartiers difficiles " auprès de son chef de service qui a formalisé sa demande par une proposition d'attribution à son profit le 23 juin 2020. Il n'a eu connaissance de la décision implicite de refus de sa demande que le 21 mai 2021 lorsqu'il a contesté la fin de non-recevoir opposée par son chef de service à une nouvelle sollicitation. Il a formé un recours hiérarchique contre cette décision le 6 juin 2021 qui a été rejeté le 26 juillet suivant. Le requérant demande au tribunal d'annuler ces décisions et de condamner l'Eurométropole de Strasbourg à lui verser une indemnité de 6100 euros en réparation des préjudices moral et financier qu'il estime avoir subis.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. M. C demande l'annulation du courriel du 26 juillet 2021 que lui a adressé M. A, chef du service Administration générale et ressources de la Direction solidarités, santé et jeunesse dont dépend M. C. Or dans ce courriel, M. A se borne à communiquer au requérant les motifs du rejet de sa demande de NBI par la Direction des ressources humaines et conclut par " en conséquence, les conditions d'attribution de la NBI ne semblent pas réunies ". Ce courriel a ainsi un caractère purement informatif et non décisoire. Par suite, la requête n'est pas dirigée contre un acte susceptible de recours et les conclusions à fin d'annulation de M. C doivent être rejetées comme irrecevables ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales : " I. - La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires institués à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret. () ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 2006-780 tel que modifié par le décret n°2015-1386 du 30 octobre 2015 relatif à la nouvelle bonification indiciaire attribuée aux fonctionnaires de la fonction publique territoriale au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville, à la suite de la création des quartiers prioritaires de la politique de la ville : " " Les fonctionnaires territoriaux exerçant à titre principal les fonctions mentionnées en annexe au présent décret dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville dont la liste est fixée par le décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements métropolitains () et dans les services et équipements situés en périphérie de ces quartiers et assurant leur service en relation directe avec la population de ces quartiers bénéficient de la nouvelle bonification indiciaire. ". Cette annexe prévoit que les psychologues, qui entrent dans la catégorie " fonctions de conception, de coordination, d'animation et de mise en œuvre des politiques publiques en matière sociale, médico-sociale, sportive et culturelle ", bénéficient d'une NBI de trente points.
5. Il résulte de ces dispositions que le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire n'est pas lié au corps d'appartenance ou au grade des fonctionnaires, mais aux emplois qu'ils occupent, compte tenu de la nature des fonctions attachées à ces emplois.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment de la fiche de poste et des statistiques produites par l'Eurométropole de Strasbourg, d'une part, que, dans l'exercice de sa fonction de psychologue qui couvrait l'ensemble du territoire de la collectivité, le requérant n'était pas appelé à intervenir plus de la moitié de son temps de travail directement auprès du public dans les quartiers prioritaires compte tenu des missions et activités qui lui étaient dévolues et d'autre part, que le requérant recevait essentiellement les familles à l'espace Belin, un centre médico-social situé en dehors d'une zone urbaine sensible, et qu'il effectuait peu de visites à domicile. Il résulte également de l'instruction que la majorité des familles rencontrées ou visitées par M. C dans le cadre de sa fonction n'étaient pas domiciliées dans un quartier prioritaire. Et si M. C soutient, au contraire que le psychologue du service de la protection des mineurs est amené à intervenir dans des quartiers prioritaires mais aussi à rencontrer le public de manière direct selon des modes de contact différent, il n'apporte aucun élément démontrant qu'il a effectivement exercé sa fonction pour plus de la moitié de son temps de travail, soit dans l'un des quartiers prioritaires de la politique de la ville, soit dans des services et équipements situés en périphérie de ces quartiers et assurant leur service en relation directe avec la population de ces quartiers. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'il remplissait les critères d'éligibilité prévus par les dispositions législatives et réglementaires pour être admis au bénéfice de la NBI " quartiers difficiles ".
7. En troisième et dernier lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité entre agents publics au regard de la situation de ses collègues et notamment les travailleurs sociaux, au sein du service jeunesse éducation populaire de la ville de Strasbourg qui bénéficient de la nouvelle bonification indiciaire, il ne démontre pas que ses collègues et lui étaient placés dans les mêmes conditions d'exercice de leurs fonctions ni que les collègues visés remplissaient les conditions d'octroi de la NBI. Or, le principe d'égalité ne peut être utilement invoqué pour réclamer l'octroi pour soi-même d'un avantage qui aurait été indûment attribué à d'autres. Ainsi, M. C ne saurait utilement s'en prévaloir afin de prétendre au bénéfice de la NBI dès lors qu'il n'en remplit pas lui-même les conditions d'attribution.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que ses fonctions lui ouvraient droit à la NBI qu'il réclame et que c'est à tort que le versement de cette NBI lui a été refusé. Il s'ensuit que ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à l'Eurométropole de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023 , à laquelle siégeaient :
M. Laubriat , président,
Mme Weisse Marchal, première conseillère,
M. Cormier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,
C. E
Le président,
A. Laubriat La greffière,
A. Picot
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ".
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026