lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2108126 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LE TEMPS DES DROITS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 24 novembre 2021 et le 30 novembre 2022, la paroisse de Geudertheim de l'Eglise protestante de la confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine, représentée par Me Rosenstiehl, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°)d'enjoindre à Mme E F de libérer le logement situé au 1er étage du presbytère sis 1 place de l'Eglise à Geudertheim, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement ;
2°)de condamner Mme E F au paiement des redevances dues, d'un montant de 29 381,54 euros, dont 11 675 euros porteront intérêts au taux légal et capitalisation des intérêts ;
3°) de condamner Mme E F au paiement de " dommages et intérêts " à hauteur de 2 000 euros ;
4°)de mettre à la charge de Mme E F une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La paroisse de Geudertheim soutient que Mme E F, locataire d'un logement situé au premier étage du presbytère situé au 1 place de l'Eglise à Geudertheim, n'a plus réglé les redevances et charges dues depuis le mois de décembre 2020 et n'a réglé que la moitié des sommes dues au titre du mois de novembre 2020. Pour ce motif, il lui a été, par courrier du 24 septembre 2021, notifié la décision de résilier de plein droit la convention d'occupation temporaire conclue le 21 novembre 2019.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 2 mai et 5 décembre 2022, Mme E C A conclut au rejet de la requête et demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la nullité de la convention du 19 novembre 2019 ;
2°) de condamner la paroisse protestante de Geudertheim au remboursement de tous les loyers encaissés depuis le 21 novembre 2019 en relevant les charges restant à payer à ce jour ;
3°) de condamner la paroisse à verser au titre de dommages et intérêts la somme de 2 000 euros ;
4°) de condamner l'Union des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par lettre du 1er décembre 2022, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de Mme A tendant à prononcer la nullité de la convention du 19 novembre 2019 comme étant dépourvues d'objet, la convention ayant été résiliée de plein droit en septembre 2021, et de l'irrecevabilité de ses conclusions tendant à faire obligation au conseil presbytéral de désaffecter le presbytère et tendant à prononcer l'ouverture d'une enquête administrative, dès lors qu'il n'entre pas dans l'office du juge de prononcer de telles obligations ou l'ouverture d'enquêtes.
Par une ordonnance du 1er décembre 2022, la clôture de l'instruction a été reportée au 5 décembre 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 18 germinal an X ;
- la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le décret du 26 mars 1852 modifié portant réorganisation des cultes protestants ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D B,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public ;
- et les observations de Me Rosenstiehl, pour la paroisse de Geudertheim de l'Eglise protestante de la confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine, et les observations de M. C pour Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E F a conclu le 21 novembre 2019 avec la paroisse protestante de Geudertheim une convention d'occupation temporaire, l'autorisant à occuper le premier étage du presbytère situé au 1 place de l'Eglise à Geudertheim, moyennant le paiement d'une redevance mensuelle de 800 euros et le règlement des charges. Au mois de novembre 2020, Mme F ne s'est acquittée que de la moitié des sommes dues, qu'elle a cessé de verser dans leur totalité à compter du mois de décembre 2020. Après une première relance adressée le 13 mars 2021, le conseil presbytéral de la paroisse de Geudertheim a, par courrier du 24 septembre 2021, notifié à Mme F sa décision de résilier de plein droit la convention d'occupation et l'a mise en demeure de payer les sommes dues et de quitter les lieux avant le 1er novembre 2021. Par la présente requête, la paroisse de Geudertheim demande à titre principal au tribunal d'enjoindre à Mme E F de libérer le logement situé au 1er étage du presbytère situé au 1 de la place de l'Eglise à Geudertheim.
Sur les conclusions de Mme F tendant à prononcer la nullité de la convention du 19 novembre 2019 :
2. Ainsi qu'exposé au point 1, par courrier du 24 septembre 2021, le conseil presbytéral de la paroisse de Geudertheim a notifié à Mme F sa décision de résilier de plein droit la convention d'occupation du 21 novembre 2019. Par conséquent, ses conclusions tendant à prononcer la nullité de cette convention doivent en tout état de cause être rejetées comme étant dépourvues d'objet.
Sur la demande de libérer les lieux :
3. Les presbytères et leurs dépendances doivent être regardés comme concourant au service public du culte dans les trois départements qui demeurent soumis au droit local des cultes.
4. Il résulte de ce qui a été exposé au point 1 que Mme E F doit être regardée comme occupant irrégulièrement le domaine public. Il s'ensuit qu'il y a lieu de lui enjoindre de libérer sans délai le logement situé au 1er étage du presbytère situé au 1 de la place de l'Eglise à Geudertheim, sous astreinte de 50 euros par jour retard.
Sur la demande indemnitaire :
5. La paroisse de Geudertheim est fondée à réclamer à l'occupant sans titre de son domaine public, au titre de la période d'occupation irrégulière, une indemnité compensant les revenus qu'elle aurait pu percevoir d'un occupant régulier pendant cette période. A cette fin, elle doit rechercher le montant des redevances qui auraient été appliquées si l'occupant avait été placé dans une situation régulière, soit par référence à un tarif existant, lequel doit tenir compte des avantages de toute nature procurés par l'occupation du domaine public, soit, à défaut de tarif applicable, par référence au revenu, tenant compte des mêmes avantages, qu'aurait pu produire l'occupation régulière de la partie concernée du domaine public.
6. Il résulte de l'instruction que Mme F est redevable de redevances d'un montant de 20 400 euros. Il y a lieu de mettre à sa charge une indemnité correspondante à verser à la paroisse de Geudertheim. Il y a également lieu de mettre à sa charge les charges dont elle doit effectivement s'acquitter, les avances de charges dont le paiement est demandé par la paroisse requérante devant être définitivement fixées annuellement en tenant compte des coûts effectivement exposés.
7. Il s'ensuit qu'il n'y pas lieu de faire droit à la demande indemnitaire tendant à mettre, en plus, à la charge de Mme F une somme de 2 000 euros à titre de " dommages et intérêts ", cette demande n'étant pas fondée sur un préjudice distinct.
8. Il s'ensuit également que doivent être rejetées les conclusions présentées à titre incident par Mme F tendant à condamner la paroisse protestante de Geudertheim au remboursement de tous les loyers encaissés depuis le 21 novembre 2019 et au versement de dommages et intérêts, ces demandes étant infondées.
9. Aux termes de l'article L. 2125-5 du code général de la propriété des personnes publiques : " En cas de retard dans le paiement des redevances dues pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1, les sommes restant dues sont majorées d'intérêts moratoires au taux légal ". Il résulte de ces dispositions qu'une partie de la somme mise à la charge de Mme F, à hauteur de 11 675 euros comme le demande la requérante, portera intérêts au taux légal à compter du mois de novembre 2020. Les intérêts ainsi dus étant échus depuis plus d'une année, ces intérêts seront capitalisés ainsi qu'à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure.
Sur les conclusions tendant aux frais de l'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme F la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la paroisse de Geudertheim et non compris dans les dépens. Mme F étant la partie perdante, elle n'est pas fondée en tout état de cause à solliciter le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de ces frais.
D E C I D E :
Article 1 : Il est enjoint à Mme F de libérer sans délai le logement situé au 1er étage du presbytère situé au 1 de la place de l'Eglise à Geudertheim, sous astreinte de 50 (cinquante) euros par jour retard.
Article 2 : Mme F versera à la paroisse de Geudertheim au titre de l'occupation sans droit ni titre du logement situé au 1er étage du presbytère situé au 1 de la place de l'Eglise à Geudertheim, une indemnité d'occupation de 20 400 euros (vingt mille quatre cents euros) au titre des redevances dues, auxquelles il conviendra d'ajouter les charges correspondantes effectivement dues par l'intéressée. La somme de 11 675 euros (onze mille six cent soixante-quinze euros) portera intérêt aux taux légal à compter du mois de novembre 2020, ces intérêts étant capitalisés ainsi qu'à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure.
Article 3 : Mme F versera à la paroisse de Geudertheim une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions incidentes présentées par Mme F sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la paroisse de Geudertheim et à Mme E F.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Strasbourg, le
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026