jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2200313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 17 janvier 2022, 27 mars 2023 et 12 avril 2023, la société Allog Immobilier, représentée par la Selarl Leonem, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme du 16 novembre 2021 par lequel le maire de la commune d'Ettendorf a déclaré son projet non réalisable ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Ettendorf la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les dispositions de l'article 2.1.4 UB du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de la Zorn sont illégales en ce qu'elles n'ont pas vocation à régir l'implantation des constructions situées en second rang ;
- à supposer que les dispositions de l'article 2.1.4 UB concernent également les constructions implantées en second rang, elles sont entachées d'illégalité, en ce qu'elles méconnaissent notamment les orientations du projet d'aménagement et de développement durables ;
- les dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ne peuvent lui être opposées.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 octobre 2022, 6 avril 2023 et 13 avril 2023, la commune d'Ettendorf, représentée par la SCP Racine, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 700 euros soit mise à la charge de la société Allog Immobilier en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de ce que l'article 2.1.4 UB du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de la Zorn est entaché d'illégalité est irrecevable par application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Canal, avocat de la société Aloog Immobilier.
Considérant ce qui suit :
1. La société Allog Immobilier a, le 17 septembre 2021, sollicité la délivrance d'un certificat d'urbanisme opérationnel afin de procéder à la division en cinq lots des parcelles cadastrées section 30 n° 435 et n° 437 en vue d'y construire des maisons individuelles ou accolées. Par une décision du 16 novembre 2021, dont la société Allog Immobilier demande l'annulation, le maire de la commune d'Ettendorf a déclaré l'opération non réalisable.
Sur la légalité de la décision du 16 novembre 2021 :
2. En premier lieu, en vertu d'un principe général, il incombe à l'autorité administrative de ne pas appliquer un règlement illégal. Ce principe trouve à s'appliquer, en l'absence même de toute décision juridictionnelle qui en aurait prononcé l'annulation ou les aurait déclarées illégales, lorsque les dispositions d'un document d'urbanisme, ou certaines d'entre elles si elles en sont divisibles, sont entachées d'illégalité, sauf si cette illégalité résulte de vices de forme ou de procédure qui ne peuvent plus être invoqués par voie d'exception en vertu de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme. Ces dispositions doivent ainsi être écartées, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, par l'autorité chargée de délivrer des certificats d'urbanisme ou des autorisations d'utilisation ou d'occupation des sols, qui doit alors se fonder, pour statuer sur les demandes dont elle est saisie, sur les dispositions pertinentes du document immédiatement antérieur ou, dans le cas où celles-ci seraient elles-mêmes affectées d'une illégalité dont la nature ferait obstacle à ce qu'il en soit fait application, sur le document encore antérieur ou, à défaut, sur les règles générales fixées par les articles L. 111-1 et suivants et R. 111-1 et suivants du code de l'urbanisme.
3. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".
4. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement, ou cette orientation d'aménagement et de programmation, et ce projet.
5. Aux termes de l'article 2.1.4 UB du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de la Zorn : " Implantation par rapport aux voies publiques ou privées () Pour un terrain situé en retrait de la voie et qui a un accès sur la voie par une bande de terrain, la construction principale est possible avec un recul maximum de 50 mètres par rapport à la voie. ".
6. La société requérante soutient qu'en autorisant les constructions sur les terrains situés en retrait de la voie publique uniquement dans une bande 50 mètres par rapport à cette voie, les dispositions précitées de l'article 2.1.4 UB du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de Zorn méconnaissent les objectifs visant à conforter l'offre en habitat sur le territoire tout en limitant la consommation de l'espace et l'étalement urbain.
7. Il ressort du projet d'aménagement et de développement durables que les auteurs du plan local d'urbanisme se sont notamment fixé comme objectif de répondre aux besoins de développement de l'habitat sur le territoire tout en modérant la consommation foncière afin de préserver les terres agricoles et les espaces naturels. Ils ont ainsi souligné qu'il convenait de densifier l'enveloppe urbaine et de mobiliser le potentiel existant, en organisant notamment la construction des fonds de parcelles. Toutefois, alors que le projet d'aménagement et de développement durables fait également état de ce qu'il importe de conforter les cœurs de villes et de villages et de combiner l'évolution du bâti avec la préservation de la qualité du cadre de vie, ce qui passe notamment par la préservation de cœurs d'ilots verts, la circonstance que, sur les terrains situés en retrait de la voie publique et accessibles à celle-ci via une bande, notamment le long de la rue Principale qui dessert les parcelles visées par la requérante pour sa demande de certificat d'urbanisme, les constructions ne peuvent être implantées au-delà d'un recul maximum de 50 mètres par rapport à cette même voie publique ne peut suffire à caractériser une incohérence du règlement avec le projet d'aménagement et de développement durables. Par ailleurs, les dispositions précitées, en tant qu'elles encadrent l'implantation des constructions par rapport aux voies publiques, permettent également de satisfaire à l'objectif du projet d'aménagement et de développement durables visant à maîtriser les pressions sur les terres agricoles, ce qui passe notamment par la préservation des fonds de parcelles qui, comme celles en litige, ouvrent sur de vastes espaces agricoles. Par suite, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'article 2.1.4 UB du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de la Zorn, au motif qu'il serait entaché d'incohérence avec les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, doit être écarté.
8. En second lieu, contrairement à ce qui est soutenu par la société requérante, la rédaction des dispositions précitées de l'article 2.1.4 UB implique nécessairement que peuvent être concernées les constructions implantées en second rang, sans que la société requérante établisse l'illégalité de celles-ci au regard de ce que les auteurs du plan local d'urbanisme peuvent réglementer dans le cadre d'un document d'urbanisme en application des dispositions du code de l'urbanisme. La société requérante ne fait état d'aucune règle d'urbanisme particulière qui serait méconnue du fait de ces dispositions. Elle n'établit, ni même n'allègue, qu'elles seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, et alors qu'est par elle-même sans incidence la circonstance que des constructions soient d'ores et déjà implantées au-delà de la bande des 50 mètres, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'article 2.1.4 UB du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal du Pays de la Zorn ne pouvait servir de fondement au certificat d'urbanisme contesté.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la société Allog Immobilier doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Ettendorf qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la société requérante demande au titre des frais liés au litige.
11. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de la société requérante le paiement, à la commune d'Ettendorf, d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de la société Allog Immobilier est rejetée.
Article 2 : La société Allog Immobilier versera à la commune d'Ettendorf une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Allog Immobilier et à la commune d'Ettendorf.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Lusset, premier conseiller,
Mme Eymaron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026