lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2202309 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 avril 2022 et le 6 avril 2023, M. B C, représenté par Me Mayran, demande au tribunal:
1°) de condamner la commune de Wangen à lui verser la somme de 9 550 euros en réparation du préjudice que lui ont causé ses retards à garantir la sécurité publique s'agissant des bâtiments menaçant ruine situés aux numéros 64 et 66 rue du général Georges Strohl et à lever l'interdiction de circuler dans la zone ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Wangen la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Wangen les entiers dépens.
Il soutient que :
- la responsabilité pour faute de la commune est engagée pour avoir tardé d'une part à initier les travaux de sécurisation des immeubles situés aux numéros 64 et 66 rue du général Georges Strohl en application des arrêtés de péril imminent qu'elle avait édictés, d'autre part à lever l'interdiction de circuler dans cette zone ;
- son préjudice est constitué d'un trouble de jouissance estimé à 5 000 euros, d'une perte de revenus fonciers estimée à 4 200 euros et de frais d'huissier estimés à 350 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2023, présenté par la SELARL Soler-Couteaux et associés, la commune de Wangen, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Par ordonnance du 29 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gros,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arab, représentant la commune de Wangen.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire d'un immeuble situé au 65, rue du général Georges Strohl à Wangen en face de bâtiments situés au 64-66, en état d'abandon depuis de nombreuses années et appartenant aux membres de la famille A. M. C a notifié le 6 janvier 2022 à la commune une demande préalable tendant à l'indemniser du préjudice subi en raison de la carence de la commune à exécuter les arrêtés de péril imminent du 12 juin 2020 qu'elle a édictés concernant lesdits bâtiments et à lever l'interdiction de circuler dans cette zone. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par la commune. Par sa requête, M. C demande la condamnation de la commune de Wangen à lui verser la somme de 9 550 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Wangen a pris, le 12 juin 2020, en remplacement des arrêtés des 14 avril et 27 mai 2020, en application des dispositions des articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, des arrêtés enjoignant aux consorts A, propriétaires des parcelles situés aux numéros 64 et 66 rue du général Georges Strohl, de réaliser dans un délai d'un mois les travaux nécessaires pour mettre fin aux périls et dangers présentés par les bâtiments situés au droit de ces parcelles. Selon les rapports des 2 avril et 20 mai 2020 de l'expert désigné à la demande de la commune par le tribunal, ces bâtiments présentaient un risque de péril imminent avec un risque de chute de moellons sur les parcelles voisines et de renversement de pans de mur et de charpente sur la voie publique. Les travaux prescrits par les arrêtés du 12 juin 2020 ont été réalisés par les propriétaires à la fin du mois d'août 2021 et l'interdiction à compter du 20 mars 2020 de circuler dans la partie de la rue en face des bâtiments concernés a été levée le 3 novembre 2021.
3. Il résulte du point précédent que le caractère dangereux des bâtiments susmentionnés était connu du maire depuis au moins juin 2020. Par suite, en s'abstenant pendant plus d'un an, nonobstant le délai d'injonction d'un mois prévu par les arrêtés du 12 juin 2020, d'engager la procédure aux fins de pouvoir procéder aux frais des propriétaires défaillants aux travaux nécessaires à la cessation du péril, le maire a commis une négligence fautive de nature à engager la responsabilité de la commune.
4. Certes, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'édiction des arrêtés de péril susmentionnés du 12 juin 2020, les propriétaires ont déclaré vouloir mettre en vente leur bien et par délibération du 30 septembre 2020, le conseil municipal a fait part de sa volonté d'acquérir les parcelles et le 23 janvier 2021, le maire de la commune a reçu une offre d'achat des terrains de la famille A. Néanmoins, la mise en vente n'a pu aboutir en raison de l'attitude d'un des copropriétaires qui a finalement refusé de quitter les lieux au motif qu'il y exploitait un garage. Par ailleurs, par lettre du 12 juin 2021 le maire a demandé à la sous-préfète de Molsheim la fermeture administrative du garage en cause. En outre, le 15 juin 2021, il a déposé plainte contre X pour mise en danger d'autrui. Enfin, par un nouvel arrêté de péril du 19 juillet 2021, il a enjoint aux propriétaires d'entamer les travaux dans un délai de deux mois et de les réaliser dans un délai de quatre mois, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard. Ce faisant, les travaux ont été réalisés à la fin du mois d'août 2021 ainsi qu'il a été précisé au point 2. Si l'interdiction de circuler n'a été levée que deux mois plus tard environ, cette situation résulte de ce que les propriétaires n'ont pas fourni d'attestation d'achèvement des travaux dans les règles de l'art. Si les différentes démarches entreprises par le maire de la commune de Wangen font apparaître qu'il n'a pas été inactif face au péril que présentaient les bâtiments, ces démarches ne sont pas de nature à exonérer la commune de sa responsabilité eu égard à leur caractère insuffisant et inadapté et au délai écoulé entre l'édiction des arrêtés de péril imminent et la disparition du danger.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du trouble de jouissance subi par M. C de juin 2020 à août 2021, qui invoque un sentiment de crainte pour lui et sa famille s'agissant de leur sécurité face à l'état des bâtiments voisins, en l'évaluant à la somme de 1 500 euros.
6. Si M. C soutient par ailleurs que l'interdiction de circuler, qui a mis plus d'un an et demi à être retirée, a eu pour conséquence le départ de son locataire en mars 2021, il ne résulte pas de l'instruction, d'une part que le départ de ce dernier serait en lien direct et certain avec cette interdiction, d'autre part que les problèmes de stationnement allégués en lien avec cette interdiction fussent tels qu'ils aient caractérisé une gêne importante. En outre, le requérant n'établit ni même n'allègue avoir cherché en vain un nouveau locataire pour la période en litige. Par suite, les conclusions indemnitaires afférents à ce chef de préjudice ne peuvent pas être accueillies.
7. Le requérant justifie avoir exposé la somme de 350 euros au titre d'un constat d'huissier du 23 juin 2021 effectué à sa demande et présentant un caractère utile pour la résolution du litige. Il est ainsi fondé à se voir rembourser cette somme.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la commune de Wangen à verser à M. C la somme de 1 850 euros.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Wangen une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Wangen au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
[0]Sur les dépens :
11. La présente instance n'ayant pas engendré de dépens, les conclusions présentées par le requérant sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Wangen est condamnée à verser à M. C la somme de 1 850 (mille huit cent cinquante) euros.
Article 2 : La commune de Wangen versera à M. C la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Wangen.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Gros, premier conseiller,
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.
Le rapporteur,
T. GROS
Le président,
C. CARRIERLe greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026