vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2204154 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | WEISS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 27 juin 2022 sous le n° 2204154, M. G D, représenté par Me Weiss, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement, de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, le cas échéant, de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la signataire de la décision attaquée n'a pas reçu délégation pour ce faire ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine pour avis de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 15 avril et 16 mai 2024 sous le n° 2402640, M. G D demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a désigné le pays à destination duquel il pourra être reconduit et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin, sous astreinte, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai d'un mois ou, à défaut, de réexaminer sa demande et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 840 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire des décisions attaquées n'a pas reçu délégation pour ce faire ;
- ces décisions sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit ou à tout le moins d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la gravité de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- les décisions attaquées méconnaissent les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de la requête dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français sans délai sont tardives ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Olivier Biget,
- les observations de Mme A, représentante du préfet du Haut-Rhin.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant turc né le 29 novembre 1985, est entré en France le 30 mars 1992 et a bénéficié d'une carte de résident de dix ans à compter du 6 avril 2004. Par une décision du 30 décembre 2013, le préfet du Haut-Rhin lui a refusé le renouvellement de sa carte de résident au motif que son comportement constituait un trouble à l'ordre public et lui a délivré un titre de séjour " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, dont il a obtenu le renouvellement annuel jusqu'en 2017. Sa demande de renouvellement de son titre de séjour a ensuite fait l'objet d'un refus en date du 12 mars 2019. Le 19 avril 2021, M. D a de nouveau sollicité son admission au séjour. Par une décision du 17 septembre 2021, le préfet du Haut-Rhin a refusé de faire droit à sa demande. Par une lettre du 17 novembre 2021 réceptionnée le 19 suivant, l'intéressé a présenté un recours gracieux à l'encontre de cette décision, lequel a été rejeté implicitement. Le 21 mars 2023, M. D a de nouveau sollicité son admission au séjour. Par un arrêté du 12 avril 2024, le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a désigné le pays à destination duquel il pourra être reconduit et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant trois ans. Par les deux requêtes susvisées, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, le requérant demande au tribunal l'annulation de la décision du 17 septembre 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux, ainsi que de l'arrêté du 12 avril 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 septembre 2021 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux :
2. En premier lieu, par un arrêté du 6 septembre 2021 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, directement consultable en ligne, le préfet du Haut-Rhin a donné à Mme C B, cheffe du bureau de l'admission au séjour et signataire de la décision contestée, délégation à l'effet de signer les décisions relatives au séjour des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 17 septembre 2021 manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
5. D'une part, pour refuser de faire droit à la demande d'admission au séjour présentée par M. D le 19 avril 2021, le préfet du Haut-Rhin s'est fondé sur la menace que l'intéressé représente pour l'ordre public. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été interpellé et mis en cause à de très nombreuses reprises entre 1999 et 2022 pour des faits de vols, détention et usage de stupéfiants, infractions à la législation sur l'acquisition, la détention et le port d'armes, outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes, violence sur personne ayant entraîné une incapacité de travail n'excédant pas huit jours, refus de vérification d'empreintes, délit de fuite, violation d'une obligation de sécurité ou de prudence avec une incapacité temporaire de travail n'excédant pas trois mois, menace de mort faite sous condition, refus par le conducteur d'un véhicule d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, délit de fuite après un accident, conduite d'un véhicule sans assurance, sans permis et sous l'empire d'un état alcoolique, dégradation ou détérioration volontaire du bien d'autrui, violence sur un ascendant avec une incapacité de travail n'excédant pas huit jours, dégradation ou détérioration volontaire de bien destiné à l'utilité ou la décoration publique, menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivie d'une libération avant le septième jour, vol simple. Il a, en outre, été condamné à sept reprises entre 2005 et 2021, par des jugements du tribunal correctionnel ou des arrêts de la cour d'appel de Colmar, à des peines de deux mois d'emprisonnement avec sursis, trois et quatre mois d'emprisonnement, six ans d'emprisonnement, six mois d'emprisonnement, huit mois d'emprisonnement dont quatre mois avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve, huit mois d'emprisonnement, un mois d'emprisonnement et quatre mois d'emprisonnement avec sursis. Si le requérant soutient que la menace à l'ordre public n'est pas établie dès lors qu'il n'a pas été poursuivi pour l'ensemble des faits qui lui ont été reprochés, que sa condamnation en 2020 pour des faits de violence envers sa mère a fait l'objet d'un appel et doit être relativisée dans la mesure où il vit actuellement avec cette dernière sans que cela ne pose de difficultés, qu'il a souligné sa volonté d'améliorer son comportement et qu'il a mis en place un suivi pour l'aider à gérer son impulsivité, il n'en demeure pas moins que la réalité de la plupart des faits incriminés n'est pas contestée par l'intéressé. Dans ces conditions, compte tenu de la nature, de la gravité, du nombre et de la réitération de ces faits jusqu'à une période récente, le préfet du Haut-Rhin n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent.
6. D'autre part, M. D fait valoir qu'il réside en France depuis plus de trente ans et l'âge de six ans, qu'il vit chez sa mère, qu'il est le père d'une fille âgée de neuf ans placée en famille d'accueil dont il assume les liens en raison des carences de la mère de l'enfant dans sa prise en charge et qu'il a occupé divers emplois jusqu'à ce qu'il rencontre des problèmes de santé en 2014. Toutefois, le requérant a été condamné pour des faits de violences commises sur sa mère en 2020 suivi d'une incapacité n'excédant pas huit jours et s'il dispose d'un droit de visite pour sa fille placée en famille d'accueil depuis de nombreuses années, il ne justifie pas de l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec elle. Dans ces conditions, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier des éléments judiciaires, y compris récents, qui doivent être pris en compte pour apprécier l'insertion de l'intéressé dans la société française, la décision attaquée n'a pas porté au droit de M. D au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
8. M D n'établit pas ni même ne soutient avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au surplus, compte tenu des éléments de la situation de l'intéressé développés aux points 5 et 6, son admission au séjour de ne peut être regardée comme répondant à des considérations humanitaires ou se justifiant par des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Haut-Rhin aurait méconnu ces dispositions doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer () la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles qu'elles visent et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions.
10. Pour les motifs précédemment indiqués, M. D ne remplissait pas les conditions prévues par l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 8, le requérant n'a pas présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le préfet du Haut-Rhin n'était pas tenu de soumettre sa demande de titre de séjour à la commission du titre de séjour avant de la rejeter. Le moyen tiré du vice de procédure ne peut, dès lors, qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfecture du Haut-Rhin, que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 17 septembre 2021 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, non plus que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 avril 2024 :
12. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. E F, nommé préfet du Haut-Rhin à compter du 21 août 2023 par décret du 13 juillet 2023 du président de la République publié le lendemain au Journal officiel de la République française. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque en fait et doit être écarté.
13. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué énonce, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions portant refus d'admission au séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, désignation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans. Ces décisions sont ainsi suffisamment motivées.
14. En troisième lieu, au soutien des moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dont les décisions contenues dans l'arrêté du 12 avril 2024 attaqué seraient entachées, M. D ne fait valoir aucun élément tangible autre que ceux déjà invoqués à l'encontre de la décision du 17 septembre 2021 de refus de délivrance d'un titre de séjour et du rejet implicite de son recours gracieux ni ne se prévaut d'aucune évolution de sa situation privée et familiale depuis 2021. Par suite, ces moyens doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux déjà exposés aux points 5 et 6 ci-dessus. Au surplus, il ressort des pièces produites en défense que l'intéressé a, par un jugement du tribunal correctionnel de Colmar du 29 juin 2022, de nouveau été condamné à une peine d'emprisonnement ferme, d'une durée de quatre mois, pour des faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique.
15. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
16. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions contenues dans l'arrêté du 12 avril 2024 du préfet du Haut-Rhin.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D, n'appelle aucune mesure d'exécution. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent, dès lors, pareillement qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
DECIDE:
Article 1er : Les requêtes de M. D sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G D et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressé au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Biget, premier conseiller,
Mme Perabo Bonnet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
O. Biget
Le président,
S. Dhers
La greffière,
P. Kieffer
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2204154, 2402640
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026