LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2205396

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2205396

vendredi 7 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2205396
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 août 2022, Mme C B, représentée par Me IOSCA, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur lui a retiré onze points du solde de points affecté à son titre de conduite consécutivement aux infractions commises les 1er mai 2019 (2 points), 28 septembre 2015 à 19h04 (3 points), 28 septembre 2015 à 19h03, 15 août 2012 (1 point) et 18 mai 2012 (2 points) ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet du 20 juillet 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de faire droit à son recours gracieux formé à l'encontre des décisions susmentionnées portant retrait de points sur son permis de conduire ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la signification de la décision à intervenir.

Mme B soutient que :

- elle n'a pas reçu, lors des infractions routières des 1ermai 2019, 28 septembre 2015 à 19h04, 28 septembre 2015 à 19h03, 15 août 2012 et 18 mai 2012, l'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

- la réalité des infractions susmentionnées n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, le Ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête comme étant non fondée.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a commis le 1er mai 2019, le 28 septembre 2015 à 19 h 04 , le 28 septembre 2015 à 19 h 03, le 15 août 2012 et le 18 mai 2012 différentes infractions au Code de la route ayant entrainé des retraits de points sur son permis de conduire. Le 20 mai 2022, elle a formé auprès du ministre de l'intérieur un recours gracieux contre ces décisions de retraits de points au motif qu'elles ne lui avaient jamais été notifiées. Le 20 juillet 2022, une décision implicite de rejet de ce recours gracieux est née du silence gardé du ministre de l'intérieur. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation des décisions ministérielles susmentionnées portant retraits de point sur son titre de conduite.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le défaut d'information préalable :

2. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du Code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en connaitre la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis de conduire et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information.

S'agissant de l'infraction commise le 1er mai 2019, 28 septembre 2015 à 19h04, 28 septembre à 19h03 et 18 mai 2012 :

3. Il résulte des dispositions de l'article R. 49 du Code de procédure pénale que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire peut être dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé, qui permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnait ainsi avoir eu connaissance ". En outre, il ressort des dispositions de l'article R. 49.1, A. 37-10 et A. 37-11 du même Code que lorsqu'une infraction a donné lieu à l'établissement d'un procès-verbal électronique, l'avis de contravention est envoyé au domicile du contrevenant ou à celui du titulaire de certificat d'immatriculation. Le paiement de l'amende n'intervient qu'après réception de cet avis, qui comporte toutes les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du Code de la route, en particulier le retrait de points à intervenir et les conséquences du paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

4. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils utilisés par les agents verbalisateurs font apparaitre sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entrainant retrait de points, l'ensemble des informations exigées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du Code de la route. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservé par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'information légale, dès lors que seule l'indication du nombre de points dont l'infraction entrainait le retrait figurait sur la page écran présentée au contrevenant et non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Néanmoins, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points set de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante, s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pas pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.

5. En l'espèce, il résulte des mentions portées sur le relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de Mme B, que les infractions commises les 1er mai 2019, 28 septembre 2015 à 19h04, 28 septembre 2015 à 19h03, 15 août 2012 et 18 mai 2012 ont fait l'objet chacune d'un procès-verbal électronique mentionnant les retraits de points encourus et ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées. Le ministre verse au dossier les procès-verbaux dématérialisés de constat de ces infractions, qui, en l'espèce, comportent les mentions requises par les dispositions des articles L . 223-3 et R. 223-3 du Code de la route, sous lesquelles la requérante a refusé d'apposer sa signature. Dans ces conditions, l'administration apporte la preuve qui lui incombe qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable. Par suite, Mme B n'est pas fondé à soutenir que les retrais de points dont elle a fait l'objet à la suite des infractions commises les 1er mai 2019, 28 septembre 2015 à 19h04, 28 septembre 2015 à 19h03, 15 août 2012 et 18 mai 2012, seraient illégaux.

S'agissant de l'infraction commise le 15 août 2012 :

6. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du Code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, de l'information requises en vertu des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du Code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

7. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de Mme B, produit par 'l'administration, que la requérante s'est acquittée de l'amende forfaitaire afférente à l'infraction commise le 15 août 2012, relevée par radar automatique, ainsi que le prouve la mention " tribunal d'instance ou de police de CNT-CSA (centre national de traitement - contrôle sanction automatisé) ". Ainsi, Mme B a nécessairement reçu le courrier du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que l'intéressé n'établit pas, à défaut de produire le document qui lui a été remis, que celui-ci ne comportait pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission des infractions susmentionnées doit être écarté.

En ce qui concerne la réalité de ces infractions :

8. Il résulte de la combinaison des articles L.223-1 et L.225-1 du Code de la route, des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du Code de procédure pénale et de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministre de l'intérieur des informations prévues par ces articles que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au Code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L.223-1 du Code de la route, dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la contestation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du Code de procédure pénale, une réclamation ayant entrainé l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Ainsi, l'émission d'un titre exécutoire établit la réalité d'une infraction, sans que le juge ne doive rechercher si l'intéressé a reçu notification d'un avis d'amende forfaitaire majorée.

9. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de Mme B, régulièrement produit par le ministre dans le cadre de la présente instance, que les infractions au Code de la route relevées les 1er mai 2019, 28 septembre 2015 à 19h04, 28 septembre 2015 à 19h03, 15 août 2012 et 18 mai 2012 ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées à l'encontre de Mme B. Cette dernière ne produit aucun document permettant d'établir qu'elle aurait formulé des réclamations concernant ces infractions, que ces infractions auraient été regardées comme recevables par l'officier du ministère public et auraient entrainé l'annulation des titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées. Dans ces circonstances, la réalité des infractions des 1er mai 2019, 28 septembre 2015 à 19h04, 28 septembre 2015 à 19h03, 15 août 2012 et 18 mai 2012 doit être regardée comme établie.

10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions ministérielles de retraits de points relatives aux infractions des 1er mai 2019, 28 septembre 2015 à 19h04, 28 septembre 2015 à 19h03, 15 août 2012 et 18 mai 2012. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023,

Le magistrat désigné,

H. ALa greffière,

S. AMIRACH

La République mande et ordonne au Ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions