lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2206474 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL LE TEMPS DES DROITS |
Vu les procédures suivantes :
I°) Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2022 sous le numéro 2206474, Mme B C, représentée par l'Aarpi Infantes et Buffler, doit être regardée comme demandant au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 6 septembre 2022 par laquelle le directoire de l'Eglise de la confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL) l'a destituée de ses fonctions d'aumônière des établissements sanitaires des consistoires de Sarre-Union, Diemeringen et Drulingen ;
2°) d'enjoindre, dans l'attente du jugement au fond, sa réintégration dans son ministère d'aumônière et le versement de sa rémunération ;
3°) de mettre à la charge de l'Union des églises protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL) et de l'Eglise de la confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL) la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- celle-ci est satisfaite dès lors que la destitution prononcée la prive de travail et de ressources ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision contestée est entachée d'erreurs de fait en tant qu'elle mentionne qu'elle aurait continué ses visites dans les établissements pour personnes âgées et animé des activités et célébrations malgré sa suspension ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait et de droit en tant qu'elle mentionne que la requérante revendique un titre de diacre qui ne correspond pas à ses fonctions ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, l'Eglise de la confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL), représentée par Me Rosensthiel, conclut au rejet de la requête et à la mise hors de cause de l'UEPAL.
Elle soutient que :
- le litige ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative ;
- l'UEPAL est dépourvue de compétence disciplinaire ;
- il n'existe pas de doute sérieux quant à la légalité de la mesure contestée, les moyens invoqués n'étant pas fondés .
II°) Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2022 sou le numéro 2206480, Mme B C, représentée par l'Aarpi Infantes et Buffler, doit être regardée comme demandant au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le directoire de l'Eglise de la confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL) a ordonné sa suspension de ses fonctions d'aumônière des établissements sanitaires des consistoires de Sarre-Union, Diemeringen et Drulingen ;
2°) d'enjoindre, dans l'attente du jugement au fond, sa réintégration dans son ministère d'aumônière et le versement de sa rémunération ;
3°) de mettre à la charge d'un défendeur la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- celle-ci est satisfaite dès lors que la suspension prononcée produit des effets immédiat sur sa situation financière ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision contestée se fonde sur les dispositions de la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire, dont l'article 14 B méconnaît l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 1er de la convention OIT 111, l'article 6§1 et 7 du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, les points 6 et 36 du règlement européen n°2021/953 du 14 juin 2021 ; l'inconventionnalité de la loi prive la décision attaquée de base légale ;
- la décision contestée méconnaît l'article 12 I de la loi n°2021-1040 ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les requêtes au fond, enregistrée le sous le n°2206473 et 2206479.
Vu :
- les articles organiques applicables aux cultes protestants de la loi du 18 germinal an X relative à l'organisation des cultes ;
La convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention 111 de l'OIT concernant la discrimination ;
- le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels du 19 décembre 196 ;
- le règlement européen n°2021/953 du 14 juin 2021 relatif au certificat COVID numérique de l'UE ;
- la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle ;
- la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire ;
- l'arrêté du 10 novembre 1852 portant règlement d'exécution du décret du 26 mars 1852 en ce 'qui concerne les matières spéciales à l'administration de la Confession d'Augsbourg ;
- le règlement général de l'Eglise Protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine sur l'ordination des pasteurs (consistoire supérieur des 24 et 25 octobre 1998) ;
- le code de justice administrative
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été nommée vicaire pour exercer les fonctions d'aumônière des établissements sanitaires des consistoires de Sarre-Union, Diemeringen et Drulingen. Par décision du 4 novembre 2021, elle a fait l'objet d'une mesure de suspension de ses fonctions, prise par l'Eglise de la confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL). Elle a ensuite été destituée de ses fonctions d'aumônière par l'EPCAAL, par décision du 6 septembre 2022. Par deux requêtes distinctes, portant les numéros 2206480 et 2206474 demande au tribunal de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de ces décisions de suspension et de destitution.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n°2206474 et 2206480, présentées pour Mme C sont relatives à la situation d'une même requérante, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".L'article L. 522-1 du même code précise que : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Et selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
4. D'autre part, aux termes de l'article 1er de la loi du 18 germinal an X : " Nul ne pourra exercer les fonctions du culte () sans l'autorisation du ministre de l'intérieur ". Aux termes de l'article 15 de cette loi : " Les églises réformées de France auront des pasteurs, des consistoires locaux et des synodes. ". Aux termes de l'article 24 de l'arrêté du 10 novembre 1852 portant règlement d'exécution du décret du 26 mars 1852 en ce 'qui concerne les matières spéciales à l'administration de la Confession d'Augsbourg : " Le directoire prononce contre les pasteurs les peines suivantes : () 3° la suspension temporaire avec ou sans traitement ()5° la destitution. () La décision doit être notifiée au ministre de l'intérieur qui dispose d'un délai de deux mois pour s'y opposer ". Aux termes de l'article 1er du décret du 26 mars 1852 : " La paroisse est une circonscription territoriale au sein de laquelle l'Etat rétribue un ou plusieurs postes pastoraux () ". Aux termes de l'article 8 de ce décret : " Les églises et les consistoires de la confession d'Augsbourg sont placés sous l'autorité du consistoire supérieur et du directoire ".
5. Il résulte de ces dispositions que si, en application de la législation spéciale régissant les cultes dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, les consistoires et directoires ont la qualité d'établissement public du culte et la nomination des pasteurs par les consistoires est soumise à un agrément du ministre de l'intérieur, qui peut également s'opposer à leur suspension, à leur destitution ou à tout autre sanction, ni ces circonstances ni l'existence, dans ces départements, d'un service public du culte, dont sont chargés, en vertu de la loi du 18 germinal an X, l'Etat, les communes et les établissements publics compétents, ni aucune autre règle ou principe général du droit, ne sauraient avoir pour effet de conférer aux décisions prises par les directoires pour l'organisation du culte protestant réformé dans les paroisses le caractère de décisions administratives soumises au contrôle du juge administratif. Les mentions figurant sur la décision de destitution selon lesquelles elle pourrait faire l'objet d'un recours contentieux devant le tribunal administratif sont à cet égard sans incidence sur les règles de compétence juridictionnelle de même que l'intervention d'une décision expresse ou implicite de non opposition du ministre de l'intérieur.
6. Il s'ensuit que la juridiction administrative n'est manifestement pas compétente pour connaître des conclusions de Mme C tendant à l'annulation des décisions du directoire de l'Eglise Protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine prononçant sa suspension, puis sa destitution de son ministère d'aumônière des établissements sanitaires des consistoires de Sarre-Union, Diemeringen et Drulingen. Les requêtes de Mme C doivent donc être rejetées, dans toutes leurs conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes de Mme C sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente requête sera notifiée à Mme B C, à l'Eglise Protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine et à l'Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine.
Fait à Strasbourg, le 10 octobre 2022.
La juge des référés,
A. A
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2206474 et 2206480
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026