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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2208105

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2208105

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2208105
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBOHNER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2022 sous le n° 2208105, M. E D, représenté par Me Bohner, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à défaut, dans le même délai, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant refus de séjour est entachée d'un vice d'incompétence, d'un vice de procédure, dès lors que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne comporte pas d'appréciation sur la possibilité d'accéder effectivement à un traitement dans le pays d'origine, méconnaît les dispositions des articles L. 425-9 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est, en outre, entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est, en outre, entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens invoqués par M. D ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2022 sous le n° 2208106, Mme C H, représentée par Me Bohner, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à défaut, dans le même délai, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de séjour est entachée d'un vice d'incompétence, méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est, en outre, entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est, en outre, entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens invoqués par Mme H ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant des dispositions de l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kalt, magistrate désignée ;

- les observations de Me Goldberg, substituant Me Bohner, avocate de M. D et Mme H, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens ;

- les observations de M. D et Mme H, assistés de Mme G, interprète en langue serbe.

Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D et Mme H, ressortissants serbes respectivement nés en 1979 et 1977, sont entrés en France le 4 septembre 2017, selon leurs déclarations, accompagnés de leurs quatre enfants. Le 9 octobre 2017, ils ont présenté une demande d'asile, qui a été successivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile. Leurs demandes de réexamen ont également été déclarées irrecevables. Le 2 avril 2019, M. D et Mme H ont fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français. Le 10 août 2020, M. D a présenté une demande de titre de séjour en raison de son état de santé. Une carte de séjour temporaire lui a en conséquence été délivrée, valable du 17 décembre 2020 au 16 décembre 2021. Mme H s'est, quant à elle, vue délivrer deux autorisations provisoires de séjour de six mois afin de rester aux côtés de son époux. Le 16 septembre 2021, M. D a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par deux arrêtés du 9 août 2022, le préfet du Haut-Rhin a refusé de délivrer à M. D et Mme H un titre de séjour et leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. Par deux arrêtés du 8 décembre 2022, le préfet du Haut-Rhin les a assignés à résidence dans le département du Haut-Rhin, avec obligation de présentation. Par les présentes requêtes, qu'il convient de joindre afin qu'il soit statué par un seul jugement, M. D et Mme H demandent au tribunal d'annuler les arrêtés du 9 août 2022 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Sur les demandes d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur leurs requêtes, il y a lieu d'admettre M. D et Mme H au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions dirigées contre les décisions de refus de titre de séjour :

3. Il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, dans le cadre du présent litige, de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi, dont il est saisi. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions de refus de titre de séjour, ainsi que sur les conclusions accessoires dont elles sont assorties. Dès lors, il y a lieu de renvoyer les conclusions aux fins d'annulation des décisions par lesquelles le préfet du Haut-Rhin a refusé de délivrer un titre de séjour aux requérants, ainsi que les conclusions accessoires dont elles sont assorties, à une formation collégiale du tribunal compétente pour en connaître.

Sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français:

En ce qui concerne le moyen tiré de l'exception d'illégalité des décisions portant refus de séjour :

4. En premier lieu, par un arrêté du 12 janvier 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 13 janvier 2022, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation au directeur de la réglementation pour signer certaines décisions, au nombre desquelles figurent les décisions contestées. Par le même arrêté, le préfet a autorisé Mme B, adjointe au chef du service de l'immigration et de l'intégration et cheffe du bureau de l'admission au séjour, à exercer cette délégation en cas d'absence ou d'empêchement du directeur de la réglementation. Il ne ressort pas des pièces des dossiers que ce dernier n'était pas absent ou empêché lorsque Mme B a signé les arrêtés contestés.

5. En deuxième lieu, il ressort des pièces des dossiers que, par un avis du 4 février 2022, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de M. D nécessitait une prise en charge médicale, dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient M. D, le collège des médecins n'avait pas à se prononcer sur la possibilité pour le requérant d'accéder à un traitement approprié dans son pays d'origine et la décision de refus de séjour n'est pas entaché d'un vice de procédure.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable () ".

7. Ainsi qu'il a été dit au point 5, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de M. D nécessitait une prise en charge médicale, dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. L'avis précise également que l'état de santé de l'intéressé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.

8. Le requérant fait valoir qu'il a développé une forme grave de la covid-19, nécessitant son placement dans le coma pendant une période de dix-huit jours et sous respiration artificielle. Ces circonstances ont d'ailleurs justifié que le préfet du Haut-Rhin lui octroie un titre de séjour valable du 17 décembre 2020 au 16 décembre 2021. M. D soutient également que son état de santé s'est dégradé postérieurement à l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et préalablement à l'édiction de la décision de refus de séjour. Il se prévaut en particulier d'un certificat médical du 24 août 2022 établi par le docteur F révélant les résultats d'une polygraphie ventilatoire réalisée le 1er août 2022 et proposant, pour traiter le syndrome d'apnée obstructive du sommeil dont il souffre, la mise en place d'un traitement inhalé par Laventair, le matin, et d'une ventilation nocturne. Il ressort toutefois déjà du rapport médical, établi le 24 novembre 2021 par le médecin instructeur des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que M. D présente une insuffisance ventilatoire probablement liée à l'obésité morbide dont il souffre, sans lien avec l'infection à la covid-19 pour laquelle il n'a plus de séquelles respiratoires, et a une dépendance envers un respirateur. Les pièces médicales postérieures versées aux débats par M. D ne font que confirmer cet état de fait, sans démontrer une aggravation particulière de nature à contredire l'appréciation du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur d'appréciation, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. D et Mme H font valoir qu'ils résident en France depuis 2017 avec leurs enfants et qu'ils sont intégrés dans la société française. Toutefois, s'il est vrai que trois de leurs enfants majeurs ont vu les obligations de quitter le territoire français dont ils ont fait l'objet être annulées par des jugements du 15 novembre 2022 du tribunal administratif de Strasbourg, et que leur autre enfant a déposé une demande de titre de séjour " compagnon Emmaüs ", toujours en cours d'instruction, ceux-ci ont vocation à créer leur propre cellule familiale, de sorte que les requérants ne sauraient uniquement se prévaloir de la présence en France de leurs enfants. Il ne ressort pas davantage des pièces des dossiers que M. et Mme D seraient particulièrement intégrés en France, ce que les seules attestations d'association et les cours de français qu'ils ont suivis ne suffisent pas à établir, ou qu'ils seraient démunis d'attaches familiales et personnelles dans leur pays d'origine, dans lequel ils ont vécu la majeure partie de leur vie. Dans ces circonstances, compte tenu également des conditions de séjour des intéressés en France, qui ont déjà fait l'objet d'obligations de quitter le territoire français non exécutées, les décisions de refus de titre de séjour n'ont pas porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel elles ont été prises. Dans les circonstances particulières de l'espèce, le préfet du Haut-Rhin n'a pas davantage entaché les décisions de refus de séjour d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle des intéressés.

11. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité des décisions portant refus de séjour doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens :

12. Compte tenu de ce qui a été dit plus haut, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur les conclusions dirigées contre les décisions fixant le pays de renvoi :

13. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Les requérants se bornent à soutenir, sans l'établir, qu'ils courent des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans leur pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : M. D et Mme H sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions aux fins d'annulation des décisions par lesquelles le préfet du Haut-Rhin a refusé à M. D et à Mme H la délivrance d'un titre de séjour, ainsi que les conclusions accessoires dont elles sont assorties, sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à Mme C H, à Me Bohner et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.

La magistrate désignée,

L. A

La greffière,

G. Trinité

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

Nos 2208105, 2208106

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