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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2300306

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2300306

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2300306
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantPONSEELE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 janvier 2023 et 15 mai 2023,

M. B A, représenté par la SELARL Cossalter, De Zolt et Couronne, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2022 par lequel le maire de Sierck-les-Bains a refusé de lui délivrer un permis d'aménager portant sur la division en trois lots d'un terrain situé 16 rue Bellevue ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2022 par lequel le maire de Sierck-les-Bains d'une part a procédé au retrait de l'arrêté du 28 septembre 2022 et, d'autre part, a refusé de lui délivrer un permis d'aménager portant sur la division en trois lots d'un terrain situé 16 rue Bellevue, en tant qu'il refuse de lui délivrer ce permis d'aménager ;

3°) d'enjoindre au maire de Sierck-les-Bains de lui délivrer le permis d'aménager demandé, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Sierck-les-Bains une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- les arrêtés attaqués sont entachés d'une insuffisance de motivation en fait ;

- il est titulaire d'un permis d'aménager tacite depuis le 15 septembre 2022, de sorte que les décisions attaquées doivent être regardées comme des décisions de retrait de ce permis tacite, édictées en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et de celles de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;

- les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur de fait dès lors que le projet n'est pas situé en zone orange des aléas retrait-gonflement des argiles ;

- ils méconnaissent les dispositions des articles UB 1.8 et UB 6.2 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- ils méconnaissent les dispositions des articles UB 3.I.1 et UB 3.II.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'autre motif que la commune de Sierck-les-Bains demande de substituer est entaché d'illégalité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, la commune de Sierck-les-Bains, représentée par Me Ponseele, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2022, au rejet du surplus des conclusions présentées par M. A et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Sierck-les-Bains soutient que :

- les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2022 ont perdu leur objet en raison du retrait de cet arrêté par l'arrêté du 16 novembre 2022 ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés ;

- à défaut, elle est fondée à solliciter une substitution de motifs tirée de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Par une ordonnance du 17 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 5 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Malgras,

- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de Me Hassan, avocat M. A,

- les observations de Me Ambrosi qui substitue Me Ponseele.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande déposée le 15 juin 2022, M. A a sollicité la délivrance d'un permis d'aménager portant sur la division en trois lots d'un terrain cadastré section 5 parcelles n° 18, 19 et 21 situé 16 rue Bellevue à Sierck-les-Bains, en vue de la construction des lots n°2 et n°3. Par un arrêté du 28 septembre 2022, le maire de Sierck-les-Bains a refusé la délivrance de ce permis. Le 2 novembre 2022, M. A a présenté un recours gracieux contre cet arrêté. Par un arrêté du 16 novembre 2022, le maire de Sierck-les-Bains d'une part a procédé au retrait de l'arrêté du 28 septembre 2022 et, d'autre part, a refusé de délivrer à M. A un permis d'aménager portant sur la division en trois lots d'un terrain situé 16 rue Bellevue. M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2022 et celui du 16 novembre 2022, en tant qu'il refuse de lui délivrer ce permis d'aménager.

Sur les conclusions aux fins de non-lieu à statuer :

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

3. L'arrêté du 16 novembre 2022 est devenu définitif en tant qu'il procède au retrait de l'arrêté du 28 septembre 2022 attaqué, qu'il " annule et remplace ". Il a en conséquence eu pour effet de faire disparaître rétroactivement de l'ordonnancement juridique cet arrêté qui retirait sous la forme d'un refus le permis sollicité par la société pétitionnaire. Par suite, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2022 sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la nature de la décision attaquée :

4. Aux termes de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () / b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager ". L'article R. 424-1 du code de l'urbanisme précise que : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : () b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite () ".

5. Le requérant a déposé un dossier de permis d'aménager le 15 juin 2022, portant sur la division en trois lots d'un terrain cadastré section 5 parcelles n° 18, 19 et 21 situé 16 rue Bellevue à Sierck-les-Bains, en vue de la construction des lots n° 2 et n° 3. Il ne ressort pas des pièces du dossier, ce que rappelle le requérant sans être sérieusement contesté, que l'autorité compétente aurait adressé au pétitionnaire une lettre recommandée avec demande d'avis de réception indiquant les pièces manquantes, prolongeant ainsi le délai d'instruction, en application des dispositions des articles R. 423-38 et suivants du code de l'urbanisme. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du 16 novembre 2022 aurait été notifié au pétitionnaire dans le délai d'instruction de trois mois. Dans ces conditions, en vertu des dispositions précitées, le requérant est fondé à soutenir qu'il s'est trouvé bénéficiaire, à l'expiration du délai de trois mois, soit le 15 septembre 2022, d'un permis d'aménager tacite, et que l'arrêté en litige doit être regardé comme procédant au retrait de ce permis.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant retrait de permis tacite :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". La décision portant retrait d'une décision tacite de permis d'aménager est au nombre de celles qui doivent être motivées. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire. L'observation de celle-ci constitue une garantie pour le titulaire de l'autorisation d'urbanisme dont le retrait est envisagé.

7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du 16 novembre 2022 attaquée ait été précédée de la procédure contradictoire prévue par ces dispositions. Contrairement à ce que soutient la commune de Sierck-les-Bains et compte-tenu de la garantie que représente la procédure contradictoire, le non-respect de celle-ci, quand bien même le requérant a exercé un recours gracieux le 2 novembre 2022 contre l'arrêté du 28 septembre 2022 par lequel il a présenté des observations, n'est pas de nature à neutraliser le vice en cause. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision de retrait a été prise à la suite d'une procédure irrégulière, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et qu'elle est donc entachée d'illégalité pour ce motif.

8. En second lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire () ".

S'agissant de la légalité des motifs initiaux de retrait de permis d'aménager :

9. Pour retirer le permis d'aménager tacite dont M. A était bénéficiaire, le maire de Sierck-les-Bains s'est fondé premièrement sur la circonstance que le projet est situé en zone orange des aléas retrait-gonflement des argiles, deuxièmement sur le motif tiré de la méconnaissance des dispositions des articles UB 3.I.1 et UB 3.II.1 du règlement du plan local d'urbanisme relatifs respectivement à la voirie et aux accès, et troisièmement sur la méconnaissance des dispositions des articles UB 1.8 et UB 6.2 du règlement du plan local d'urbanisme interdisant les constructions en deuxième rideau en zone UB.

10. En premier lieu, il ressort de la cartographie du plan de prévention des risques retrait-gonflement des argiles versée au dossier, et il n'est au demeurant pas contesté, que le projet est situé en zone verte des aléas retrait-gonflement des argiles, correspondant à un risque avéré mais faible de retrait et de gonflement des argiles, et non en zone orange correspondant à un risque modéré. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que ce motif de retrait retenu par le maire est entaché d'illégalité.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Sierck-les-Bains : " Accès et voirie : I - Voirie 1. Pour être constructible, un terrain doit être desservi par une voie (publique ou privée) de caractéristiques proportionnées à l'importance de l'occupation ou de l'utilisation des sols envisagées. () II - Accès 1. Les caractéristiques d'un accès carrossable doivent permettre de satisfaire aux règles de desserte concernant : - la défense contre l'incendie et la protection civile ; l'emprise minimum de l'accès est fixée à 3,50 mètres () ".

12. D'une part, il est constant que le lot n° 1 du permis d'aménager tacite obtenu par

M. A est desservi par la rue Bellevue, dont les caractéristiques ne sont pas discutées dans le cadre du présent litige. D'autre part, contrairement à ce que fait valoir le maire de Sierck-les-Bains, il ressort des pièces du dossier que le chemin de la Klentsch constitue la voie de desserte des lots n° 2 et n° 3. Ce chemin, carrossable et ouvert à la circulation publique dans sa partie sud, dessert déjà trois constructions existantes. Alors qu'il est destiné à être emprunté par les six véhicules appelés à stationner au droit des bâtiments projetés sur les lots n° 2 et n° 3, le maire ne démontre pas qu'il ne présente pas les dimensions suffisantes au regard de l'utilisation envisagée. Il n'établit pas davantage que le retournement des véhicules n'est pas possible au niveau de l'accès au lotissement, qui apparaît suffisamment large pour permettre ce type de manœuvres. Enfin, et alors au demeurant que les dispositions de l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation ne sont en l'espèce pas au nombre de celles dont il appartenait à l'administration d'assurer le respect, il ressort de l'avis favorable émis le 5 août 2022 par le service départemental s'incendie et de secours de la Moselle que ce chemin permet l'accès aux services de secours et de lutte contre l'incendie. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le motif de retrait retenu par le maire, tiré de la méconnaissance des articles UB 3.I.1 et UB 3.II.1 du règlement du plan local d'urbanisme par le permis d'aménager tacite obtenu le 15 septembre 2022, est entaché d'illégalité.

13. En dernier lieu, l'article UB 1 du règlement du plan local d'urbanisme de Sierck-les-Bains dispose que sont interdites, dans la zone UB : " 8. Les constructions à vocation d'habitation en deuxième rideau ". L'article UB 6 ajoute que dans cette zone, " 2. Les constructions en deuxième rideau sont interdites ".

14. D'une part, la construction déjà édifiée sur le lot n° 1 et n'ayant pas vocation à être démolie, se situe en premier rideau par rapport à la rue Bellevue. D'autre part, compte-tenu de ce qui a été exposé au point 12, les bâtiments projetés sur les lots n° 2 et n° 3, se situent en premier rideau par rapport au chemin de la Klentsch. Dans ces conditions, le motif de retrait retenu par le maire de Sierck-les-Bains, tiré de la méconnaissance des articles UB 1.8 et UB 6.2 du règlement du plan local d'urbanisme par le permis d'aménager tacite obtenu le 15 septembre 2022, est entaché d'illégalité.

15. Compte-tenu de ce qui a été dit aux points 9 à 14, le requérant est fondé à soutenir que le retrait contesté repose sur des motifs entachés d'illégalité.

S'agissant de la substitution de motifs demandée :

16. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant

le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est

légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

17. La commune de Sierck-les-Bains se prévaut d'un nouveau motif de retrait, tiré de la méconnaissance par le permis d'aménager tacite de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, aux termes duquel : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

18. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, et en l'absence de risque avéré pour la sécurité publique en ce qui concerne les conditions d'accès et de desserte du projet, le maire n'est pas fondé à soutenir que le permis d'aménager tacite obtenu le 15 septembre 2022 méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme précitées. En tout état de cause, la substitution de motifs demandée par la commune de Sierck-les-Bains n'a pas été invoquée dans le cadre d'une procédure contradictoire préalable à la décision attaquée, de sorte qu'y procéder priverait le requérant d'une garantie procédurale. Par suite, le motif de retrait, tiré de la méconnaissance par le permis d'aménager tacite de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, ne peut être légalement substitué aux motifs initiaux de retrait.

19. Compte-tenu de ce qui a été exposé aux points 8 à 18, M. A est fondé à soutenir que l'arrêté du 16 novembre 2022 méconnaît l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme.

20. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à entraîner l'annulation de l'arrêté en litige.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 novembre 2022 attaqué, en tant qu'il procède au retrait du permis d'aménager tacite obtenu le 15 septembre 2022.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

22. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".

23. Compte tenu des motifs retenus pour annuler la décision en litige, qui, ainsi qu'il a été dit au point 5, doit être regardée comme procédant au retrait du permis d'aménager tacite dont M. A s'est trouvé bénéficiaire le 15 septembre 2022, l'exécution du présent jugement n'implique pas que le maire de Sierck-les-Bains délivre à M. A le permis d'aménager sollicité dont il est déjà titulaire et pour lequel il peut bénéficier du certificat prévu à l'article

R. 424-13 du code de l'urbanisme. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la commune de Sierck-les-Bains le paiement de la somme de 1 500 euros à M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la commune de Sierck-les-Bains demande au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2022 portant retrait de permis tacite.

Article 2 : L'arrêté du 16 novembre 2022 par lequel le maire de Sierck-les-Bains d'une part a procédé au retrait de l'arrêté du 28 septembre 2022 et, d'autre part, a refusé de délivrer à M. A un permis d'aménager portant sur la division en trois lots d'un terrain situé 16 rue Bellevue, refus valant retrait du permis d'aménager tacite obtenu par M. A le 15 septembre 2022, est annulé en tant qu'il procède à ce retrait de permis d'aménager tacite.

Article 3 : La commune de Sierck-les-Bains versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Sierck-les-Bains. Copie en sera adressée au préfet de la Moselle.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Richard, président,

Mme Malgras, première conseillère,

Mme Anne-Lise Eymaron, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 novembre 2023.

La rapporteure,

S. MALGRAS

Le président,

M. RICHARD

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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