jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301369 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HALIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 février et 1er juin 2023, Mme A B, représentée par Me Halil, demande au tribunal :
1°)d'annuler la décision du 31 décembre 2022 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé d'instruire sa demande d'admission au séjour ;
2°)de lui accorder l'admission exceptionnelle au séjour en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu de sa présence sur le territoire depuis plus de dix ans ;
A titre subsidiaire :
3°)dire que l'attestation de demandeur d'asile délivrée par le ministère de l'intérieur, l'acte de naissance belge, la feuille d'imposition et la carte vitale de la requérante sont un faisceau d'indice suffisant pour attester de la véracité de son identité et lui permettre ainsi l'instruction de sa demande au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
4°)d'enjoindre au préfet de la Moselle de procéder à l'instruction de sa demande d'admission au séjour ;
5°)d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour d'une durée de validité d'un an, en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard ;
En tout état de cause :
6°)de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
7°)de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens de l'instance.
Mme B soutient que :
- la décision litigieuse lui fait grief et sa requête est, dès lors recevable ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle vise des dispositions abrogées ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle ne porte aucune mention des voies et délais de recours ;
- elle produit suffisamment de documents de nature à justifier de son identité ;
- la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son dossier est complet au sens de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 mai 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable, faute d'être dirigée contre une décision faisant grief dès lors que le courrier du 30 décembre 2022 se borne à indiquer à la requérante que son dossier de demande d'admission au séjour est incomplet et que le refus d'instruire un dossier incomplet ne fait pas grief ; à titre subsidiaire, il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2024 :
- le rapport de Mme Merri, première conseillère ;
- et les observations de Me Halil, avocate de Mme B, présente à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, née le 22 septembre 2000 en Belgique de parents ressortissants kosovars, a sollicité le 22 février 2022 son admission exceptionnelle au séjour en France. Par un courrier du 30 décembre 2022, dont elle sollicite l'annulation, le préfet de la Moselle lui a précisé que sa demande ne comprenait pas tous les renseignements et/ou éléments nécessaires à l'obtention d'un rendez-vous en préfecture, et lui a retourné l'entier dossier de sa demande.
2. Les dispositions législatives et règlementaires du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient la procédure de dépôt, d'instruction et de délivrance des différents titres autorisant les étrangers à séjourner en France. Ainsi, selon l'article R. 431-10 de ce code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents ". L'article R. 431-12 du même code dispose que : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. / () ". Ainsi que le précise l'article L. 431-3 de ce code, la délivrance d'un tel récépissé ne préjuge pas de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. En outre, selon l'article R. 431-11 de ce code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ", cet arrêté dressant une liste de pièces pour chaque catégorie de titre de séjour.
3. Le refus d'enregistrer une telle demande motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l'absence de l'un des documents mentionnés à l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou lorsque l'absence d'une pièce mentionnée à l'annexe 10 à ce code, auquel renvoie l'article R. 431-11 du même code, rend impossible l'instruction de la demande.
4. Le courrier en litige du 30 décembre 2022 indique que la demande de rendez-vous que la requérante a présentée aux services de la préfecture afin de solliciter son admission exceptionnelle au séjour lui est retournée au motif qu'elle est incomplète, en l'absence notamment de production d'une pièce d'identité en cours de validité. Si Mme B fait valoir qu'elle était dans l'impossibilité de fournir un tel document faute d'en avoir jamais possédé un, cette situation, à laquelle il n'appartient ni au préfet, ni au juge administratif de remédier, n'est pas de nature à faire regarder l'acte contesté comme lui faisant grief.
5. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Moselle est fondé à soutenir que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées comme étant irrecevables. Ses conclusions tendant à ce que lui soit accordée son admission exceptionnelle au séjour sont également irrecevables, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de prononcer une telle mesure. Ses conclusions subsidiaires tendant à l'établissement de son état civil ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative. Celles tendant à ce que soit enjoint au préfet de procéder à l'examen de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et, sous astreinte, de lui délivrer un titre de séjour, ne peuvent qu'être rejetées par suite de ce qui a été dit au point précédent. Enfin, l'Etat n'étant pas la partie perdante à la présente instance, les conclusions de la requérante relatives aux frais de l'instance ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : Les conclusions de Mme B tendant à l'établissement de son état civil sont rejetées comme présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de la Moselle et à Me Halil. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Merri, première conseillère,
Mme Dobry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La rapporteure,
D. MERRI
Le président,
P. REES
La greffière
V. IMMELÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026