jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2301370 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BERRY |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rees, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 14 mars 2023 en présence de Mme Immelé, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Berry, pour Mme C, qui a conclu aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans ses écritures.
Le préfet du Haut-Rhin n'était pas présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme C à l'aide juridictionnelle.
Sur les autres demandes :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue dès lors qu'il serait fait état d'un moyen de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité. Lorsque le juge des référés recherche si la condition d'urgence est remplie, il lui appartient de rapprocher, d'une part, les motifs invoqués par les requérants pour soutenir qu'il est satisfait à cette condition et, d'autre part, la diligence avec laquelle ils ont, par ailleurs, introduit ces conclusions.
5. Mme C fait valoir que la décision retarde son admission au séjour en raison de son état de santé, alors qu'elle bénéficie d'un avis favorable du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 17 mars 2022, et qu'en outre, la caisse primaire d'assurance maladie l'a informée, par un courrier du 3 février 2023, de la fermeture de ses droits à l'assurance maladie à compter du 7 avril 2023 si, d'ici là, elle ne justifie pas de la régularité de son séjour en France.
6. Il résulte de l'instruction que Mme C a demandé le 18 octobre 2021 au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour en raison de son état de santé. Le même jour, son certificat médical confidentiel a été adressé à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Une décision implicite de rejet est née le 18 février 2022 du silence gardé par le préfet du Haut-Rhin sur sa demande. Cependant, par un avis du 17 mars 2022, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, qu'elle ne peut pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, l'Iran. Après avoir reçu cet avis, le préfet du Haut-Rhin a repris l'instruction de la demande et constaté que Mme C avait, sans l'en informer, déménagé dans le département du Bas-Rhin pour y solliciter le réexamen de sa demande d'asile. Selon le relevé Telemofpra produit par le préfet du Haut-Rhin, la nouvelle adresse de Mme C dans le Bas-Rhin a été enregistrée le 2 mars 2022. S'estimant, à juste titre, dessaisi de la demande que lui avait présentée l'intéressée au profit de la préfète du Bas-Rhin, devenue territorialement compétente du fait de ce changement de lieu de résidence, le préfet du Haut-Rhin s'est abstenu d'y répondre expressément. Mme C a ensuite, à une date indéterminée, déménagé à nouveau pour retourner dans le département du Haut-Rhin, où elle est hébergée par sa fille, cette fois sans en informer la préfète du Bas-Rhin qui, ne la trouvant plus, n'a pas pu lui délivrer le titre de séjour sollicité comme elle s'apprêtait à le faire. En outre, la requérante a attendu le 24 février 2023 pour déposer un recours au fond contre la décision implicite de rejet née plus d'une année auparavant. Par conséquent, le retard dont elle se plaint résulte exclusivement de son propre comportement.
7. Par ailleurs, l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 17 mars 2022 indique que les soins nécessités par l'état de santé de Mme C doivent se poursuivre pendant une durée de douze mois, soit jusqu'au 17 mars 2023. A supposer que les soins de Mme C doivent, au risque pour elle de conséquences d'une exceptionnelle gravité, se poursuivre au-delà de cette date, ce qu'il n'est pas possible de vérifier en l'état de l'instruction, l'éventuelle fermeture de ses droits à l'assurance maladie à compter du 7 avril 2023, qui la priverait seulement de la prise en charge financière de ces soins, n'est pas, par elle-même, de nature à y faire obstacle. En outre, la requérante ne fournit aucun élément ni même précision sur les soins requis et ne soutient même pas qu'elle ne pourrait pas y accéder par ses propres moyens.
8. Dans ces conditions, l'urgence n'est pas établie. Par suite, et sans qu'il soit besoin de vérifier si, en l'état de l'instruction, un ou plusieurs des moyens qu'elle soulève apparaît propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, les conclusions de la requérante tendant à la suspension de l'exécution de cette décision ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
O R D O N N E
Article 1 : Mme C est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et au préfet du Haut-Rhin.
Fait à Strasbourg, le 16 mars 2023.
Le juge des référés,
P. A
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026