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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2302113

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2302113

lundi 27 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2302113
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL CABINET F. NAIM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mars 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Asteric Optic, représentée par Me Naïm, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice 2015, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre des périodes du 1er janvier 2015 au 31 août 2018, des cotisations de contribution à l'audiovisuel public auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 à 2018, des cotisations de taxe d'apprentissage et de participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2017, des cotisations de taxe sur les dépenses de publicité auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices 2016 à 2018, ainsi que des amendes fiscales mises à sa charge au titre des années 2015 à 2018 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la procédure d'imposition est irrégulière en ce qu'il n'y pas eu de débat oral et contradictoire avec la vérificatrice, laquelle a emporté des documents au cours de la vérification et ne les a pas restitués ; l'administration a refusé, dans sa réponse à sa réclamation, de lui produire une copie des échanges par lesquels les documents ont été remis et pris par la vérificatrice.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 septembre 2023, l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par la SAS Asteric Optic sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mohammed Bouzar, rapporteur,

- et les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Asteric Optic, qui exerce l'activité d'opticien, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité ayant porté sur la période du 1er mai 2015 au 31 décembre 2017, étendue en matière de taxe sur le chiffre d'affaires à la déclaration d'août 2018, à l'issue de laquelle l'administration a procédé à plusieurs rectifications. Par la présente requête, la SAS Asteric Optic demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice 2015, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre des périodes du 1er janvier 2015 au 31 août 2018, des cotisations de contribution à l'audiovisuel public auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 à 2018, des cotisations de taxe d'apprentissage et de participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2017, des cotisations de taxe sur les dépenses de publicité auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices 2016 à 2018, ainsi que des amendes fiscales mises à sa charge au titre des années 2015 à 2018.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " I. - Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place () la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables ". Si ces dispositions ont pour conséquence que toute vérification de comptabilité doit en principe se dérouler dans les locaux de l'entreprise vérifiée, la vérification n'est toutefois pas nécessairement entachée d'irrégularité du seul fait qu'elle ne s'est pas déroulée dans ces locaux. Lorsque, notamment, la comptabilité ne se trouve pas dans les locaux de l'entreprise ou que la vérification ne peut s'y dérouler dans des conditions matérielles satisfaisantes, les opérations de contrôle peuvent être conduites, d'un commun accord entre le vérificateur et les représentants de l'entreprise, en tout autre lieu, dès lors que cette circonstance ne fait pas, par elle-même, obstacle à ce que la possibilité d'engager avec le vérificateur un débat oral et contradictoire demeure offerte aux représentants de l'entreprise vérifiée et qu'elle ne prive celle-ci d'aucune autre garantie attachée à la procédure de vérification.

3. Si la SAS Asteric Optic soutient qu'elle n'a pas pu bénéficier d'un débat oral et contradictoire avec la vérificatrice, dont les interventions se sont toutes déroulées dans les locaux d'une entreprise tierce à la demande du gérant de la société requérante, à l'exception de la première intervention qui a eu lieu à son siège, elle n'apporte cependant aucun élément venant au soutien de ses allégations. Au reste, elle ne conteste pas même les mentions de la proposition de rectification du 16 décembre 2019 en vertu desquelles l'ensemble des rectifications a été discuté tout au long de la procédure et plus particulièrement lors des points d'étape réalisés les 6 décembre 2018 et 19 septembre 2019, ainsi que lors de la réunion de synthèse du 13 décembre 2019, en présence de Mme B A et de l'expert-comptable, Mme A ayant été mandatée dès le 15 octobre 2018 par M. A, gérant de la société requérante. Dans ces conditions, le moyen invoqué tiré du défaut de débat oral et contradictoire doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre des procédures fiscales relatives aux opérations de vérification de comptabilité que celles-ci se déroulent chez le contribuable ou au siège de l'entreprise vérifiée. Toutefois, sur la demande écrite du contribuable, le vérificateur peut emporter, dans les bureaux de l'administration qui en devient ainsi dépositaire, certains documents détenus par l'entreprise présentant le caractère de pièces comptables se rattachant à la période vérifiée. En ce cas, il doit remettre à l'intéressé un reçu détaillé des pièces qui lui sont confiées. Cette pratique ne peut avoir pour effet de priver le contribuable des garanties qu'il tient des articles L. 47 et L. 52 du livre des procédures fiscales et qui ont notamment pour objet de lui assurer des possibilités de débat oral et contradictoire avec le vérificateur.

5. La SAS Asteric Optic se borne à soutenir que le service vérificateur a emporté des documents comptables sans les restituer et n'apporte aucun élément pour en justifier. Si elle paraît également soutenir que l'administration n'a pas répondu à sa demande formulée dans sa réclamation, tendant à lui communiquer une copie " des échanges " par lesquels les documents ont été remis et pris par le service de vérification, outre le fait qu'elle est nécessairement en possession d'une partie des éventuels courriers ou courriels échangés, le refus de l'administration de lui communiquer ces échanges n'est pas de nature à établir le bien-fondé de son moyen lequel ne peut, par suite, qu'être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SAS Asteric Optic doit être rejetée, y compris ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de la SAS Asteric Optic est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Asteric Optic et à l'administratrice générale des finances publiques, chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.

Délibéré après l'audience du 13 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Julien Iggert, président,

M. Mohammed Bouzar, premier conseiller,

Mme Laetitia Kalt, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2025.

Le rapporteur,

M. BOUZAR

Le président,

J. IGGERT

Le greffier,

S. PILLET

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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