vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2303063 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCP SAIDJI-MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mai 2023, M. B G, représenté par Me Gasimov, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mai 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a refusé l'entrée en France au titre de l'asile et a fixé le pays de destination du réacheminement;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- la décision constitue une entrave à l'exercice du droit d'asile ;
- il n'est pas admissible en Turquie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Le ministre soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant des dispositions de l'article L. 352-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kalt, magistrate désignée ;
- les observations de Me Gasimov, avocat de M. G, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de M. G, assisté de Mme D, interprète assermentée en langue azérie.
Le ministre de l'intérieur et des outre-mer, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, ressortissant azerbaidjanais, est arrivé à l'aéroport de Bâle-Mulhouse et a présenté une demande d'asile le 28 avril 2023. Par décision du 2 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté la demande d'entrée en France au titre de l'asile de M. G, et décidé son réacheminement vers tout pays où il serait légalement admissible.
2. En premier lieu, par décision du 21 juin 2022, Mme C, directrice de l'asile de l'asile à la direction générale des étrangers en France nommée le 29 juillet 2020 et détentrice d'une délégation de signature du ministre de l'intérieur en application du décret du
27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, a donné délégation à Mme F E à l'effet de signer, au nom du ministre de l'intérieur, toutes décisions relevant des attributions du département de l'asile à la frontière et de l'admission au séjour. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'incompétence.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : / 1° L'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par ce règlement avec d'autres Etats ; / 2° La demande d'asile est irrecevable en application de l'article L. 531-32 ; / 3° La demande d'asile est manifestement infondée. / Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves ".
4. Le requérant a, lors de son entretien, le 2 mai 2023, avec un agent de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, indiqué qu'il a été recruté en tant que chauffeur au sein de l'armée azerbaidjanaise durant le conflit avec l'Arménie, et qu'il a constaté que des officiers de l'armée vendaient des cigarettes et autres produits à des locaux, alors qu'ils étaient destinés aux soldats, et qu'il aurait subi des pressions et aurait été menacé après avoir refusé de participer à ce trafic. La décision en litige indique toutefois qu'il est resté très évasif sur le temps passé au sein de l'armée azerbaidjanaise, et qu'il n'a pas été en mesure de détailler les faits dont il se prévaut pour demander l'asile. Dans sa requête, le requérant a indiqué que cela ne correspondait pas exactement à ce qu'il avait déclaré, notamment qu'il n'aurait pas fait mention de trafic de cigarettes avec des locaux. Il déclare désormais avoir assisté à des scènes de pillage et de dissimulation d'armes, faits pour lesquels les autorités azerbaïdjanaises auraient engagé des poursuites judiciaires. Ces déclarations, non étayées par des pièces du dossier et qui sont également restées très évasives à l'audience, ne sont pas de nature à démontrer que le ministre aurait entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que le risque de persécutions ou d'atteintes graves n'apparaissait pas crédible et en rejetant sa demande d'asile comme manifestement infondée. Le moyen soulevé en ce sens doit par suite être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 333-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'entrée en France est refusée à un étranger, l'entreprise de transport aérien ou maritime qui l'a acheminé est tenue de le ramener sans délai, à la requête des autorités chargées du contrôle des personnes à la frontière, au point où il a commencé à utiliser le moyen de transport de cette entreprise. En cas d'impossibilité, l'étranger est ramené dans l'Etat qui a délivré le document de voyage avec lequel il a voyagé ou en tout autre lieu où il peut être admis ".
6. Il ressort de la décision attaquée que le requérant doit être réacheminé vers la Turquie, pays de provenance du vol qui l'a transporté jusqu'à l'aéroport de Bâle-Mulhouse, conformément aux dispositions précitées, ou tout autre pays où il sera légalement admissible. En se bornant à soutenir qu'il n'a pas la nationalité turque, le requérant ne démontre ainsi pas que la décision fixant le pays de réacheminement serait illégale.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision en litige, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B G et au ministre de l'intérieur et des outre mer.
Rendu public par lecture en audience publique, le 12 mai 2023.
La magistrate désignée,
L. A
Le greffier,
C. Bohn
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026