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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2403571

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2403571

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2403571
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBOHNER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mai 2024, Mme C B, représentée par Me Bohner, demande au tribunal :

1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation, et en tout état de cause de retirer la mention de la requérante du système d'information Schengen, dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros hors taxes à verser à son conseil, ou à défaut à lui verser directement, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

La décision de refus de titre de séjour :

- méconnaît les dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant de la possibilité pour son enfant de bénéficier d'une prise en charge appropriée dans son pays d'origine ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 3 1° de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- est illégale dès lors qu'elle remplit les conditions pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 3 1° de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

La décision fixant le pays de destination :

- est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français durant un an :

- est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ces mêmes dispositions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dobry,

- et les observations de Me Bohner, représentant Mme B.

Une note en délibéré a été enregistrée pour Mme B le 27 juin 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, ressortissante kosovare née le 2 janvier 1983, est entrée en France le 24 novembre 2018. Après avoir vu sa demande d'asile rejetée, en dernier lieu le 16 juillet 2019, elle a obtenu la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour de six mois, renouvelée une fois, en raison de l'état de santé de son fils mineur. Elle a sollicité le 8 décembre 2022 le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour sur le fondement des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté contesté du 12 février 2024, le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer le titre demandé, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées :

4. Par un arrêté du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, directeur de l'immigration, de la citoyenneté et de la légalité, à Mme A, cheffe du bureau de l'admission au séjour, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figurent les décisions contestées. Dès lors qu'il n'est pas établi que M. D n'aurait pas été absent ou empêché à la date des décisions contestées, le moyen tiré de l'incompétence de leur auteur doit être écarté.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / () ".

6. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

7. Pour refuser à Mme B la délivrance d'un titre de séjour en raison de l'état de santé de son fils, le préfet du Haut-Rhin s'est fondé sur l'avis émis le 29 novembre 2023 par le collège de médecins de l'OFII qui a estimé que l'état de santé de l'enfant de la requérante nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, il pourrait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Pour contredire cet avis, que le préfet du Haut-Rhin s'est approprié, Mme B fait valoir que son enfant était atteint d'une leucémie, qu'il fait l'objet d'une surveillance intensive depuis sa rémission, et que l'offre de soins au Kosovo ne permet pas un suivi adapté. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le traitement médical dont a actuellement besoin le fils de la requérante consiste en un suivi régulier destiné à détecter une éventuelle récidive, suivi dont elle n'établit pas qu'il ne serait pas réalisable au Kosovo, où la leucémie de son fils avait d'ailleurs pu être initialement diagnostiquée. Ainsi, ni les documents produits par la requérante, ni la circonstance que le collège des médecins de l'OFII avait auparavant considéré que le traitement approprié n'était pas accessible dans le pays d'origine, ne suffisent à remettre à cause l'avis du 29 novembre 2023. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Haut-Rhin aurait méconnu les dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. S'il est constant que Mme B réside en France de manière habituelle et continue depuis 2018 avec l'un de ses enfants, elle n'a été admise à y séjourner, du 16 décembre 2021 au 15 décembre 2022, que pour des raisons médicales. Il ressort des pièces du dossier qu'elle ne justifie d'aucune attache personnelle ou familiale en France et n'établit pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où vivent son époux ainsi que ses autres enfants, et où son fils pourra continuer son parcours scolaire. En outre, le cancer du col de l'utérus, actuellement en rémission, dont se prévaut la requérante ne fait pas obstacle à son retour dans son pays d'origine. Dès lors, la décision en litige n'a porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise, et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

10. En troisième lieu, l'article 3 1° de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

11. La décision en litige n'implique pas que l'enfant mineur de Mme B soit séparé de sa mère. Par ailleurs, l'intéressée n'établit pas que son fils ne pourrait pas poursuivre sa scolarité au Kosovo, alors même qu'il l'aurait débutée en France, et il résulte de ce qui a été exposé au point 7 qu'il pourra bénéficier d'un suivi médical au Kosovo. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 1° de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit dès lors être écarté.

12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués aux points 7, 9, et 11, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.

14. En deuxième lieu, en l'absence de saisine pour avis du collège des médecins de l'OFII, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle réunirait les conditions posées à l'article L. 425-9 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour.

15. En troisième lieu, pour mêmes motifs que ceux exposés aux points 7, 9 et 11, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 1° de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de la requérante doivent être écartés.

En ce qui concerne le pays de destination :

16. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour pour une durée d'un an :

17. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".

18. Ainsi qu'il a été exposé ci-dessus, la requérante et son fils ont souffert respectivement d'un cancer du col de l'utérus et d'une leucémie. S'ils sont tous deux en rémission et peuvent faire l'objet d'un suivi dans leur pays d'origine afin de détecter d'éventuelles récidives, la disponibilité d'un traitement n'est en revanche pas établie dans le cas où une telle récidive surviendrait. La requérante est ainsi susceptible d'avoir à revenir sur le territoire français pour reprendre les traitements pour elle-même ou son fils dans des délais très courts. Par suite, elle est fondée à soutenir que la décision lui interdisant tout retour sur le territoire français pendant une durée d'un an méconnaît les dispositions précitées.

19. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 12 février 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an doit être annulée. Le surplus des conclusions à fin d'annulation doit en revanche être rejeté.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. D'une part, il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour doivent être rejetées.

21. D'autre part, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement. ". Aux termes de l'article 7 dudit décret relatif au fichier des personnes recherchées : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas () d'extinction du motif de l'inscription. / () ".

22. Il résulte de ces dispositions que la suppression du signalement de l'étranger dans le système d'information Schengen constitue une obligation légale en cas d'annulation de la décision d'interdiction de retour. L'annulation prononcée par le présent jugement n'implique pas que cette obligation soit, derechef, prescrite par voie d'injonction.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

23. Mme B étant admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Bohner, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bohner de la somme de 1 000 euros hors taxes.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La décision du 12 février 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulée.

Article 3 : L'État versera une somme de 1 000 (mille) euros hors taxes à Me Bohner, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Bohner renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, au préfet du Haut-Rhin et à Me Bohner. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Mulhouse.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024 à laquelle siégeaient :

M. Rees, président,

Mme Merri, première conseillère,

Mme Dobry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

La rapporteure,

S. DOBRY

Le président,

P. REES La greffière,

V. IMMELE

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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