lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2403802 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU MW (6) |
| Avocat requérant | HALIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2024 au greffe du tribunal administratif de Nancy et transmis par ordonnance du 31 mai 2024, et un mémoire, enregistré le 10 juillet 2024, M. A B, représentée par Me Halil, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2024 par lequel le préfet de la Meuse l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de son éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Meuse de lui délivrer un titre de séjour et dans cette attente lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les délais d'un mois et 15 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence en l'absence de délégation en faveur de M. Robbe-Grillet ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation tant pour l'obligation de quitter le territoire que pour l'interdiction de retour ;
- la décision d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur de droit et de fait ; son épouse a un CDI et peut prétendre à un titre de séjour de plein droit ;
- il aurait dû bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il a un CDI.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, le préfet de la Meuse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative et de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 3 septembre 2024 à 11 heures le rapport de M. E, magistrat-désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour et mentionné dans l'arrêté, le préfet de la Meuse a donné délégation à M. Robbe-Grillet, secrétaire général, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relatives aux attributions de l'Etat dans le département comprenant notamment, toutes les mesures en matière de police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en cause manque en fait et doit être écarté.
2. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision qu'elle traduit un examen particulier préalable de la situation personnelle du requérant notamment au regard des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen ainsi soulevé ne peut qu'être écarté.
3. En troisième lieu M. B de nationalité albanaise, né en 1973 serait entré sur le territoire dès avant 2016 selon ses déclarations et y serait demeuré. Il a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement en 2018 et 2020 et déjà lors d'un séjour précédent en 2001. Il est marié depuis 2002 et a trois enfants nés en 2004, 2007 et 2011 et affirme avoir un emploi à durée indéterminée depuis le 15 novembre 2022. Toutefois son épouse ne dispose pas de titre de séjour et il ne justifie pas qu'elle serait susceptible d'en obtenir un. Le requérant n'établit pas que l'un de ses enfants aurait un problème grave de santé l'obligeant à rester en France. Il n'établit pas, par ailleurs, qu'il n'aurait plus aucunes relations personnelles ou familiales dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 38 ans. Dans ces conditions, la décision en cause, n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale et elle ne méconnaît pas ainsi l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs et pour les mêmes motifs, elle n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
4. En quatrième lieu, si le requérant fait valoir qu'il peut prétendre à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est titulaire d'un CDI, il ne justifie pas toutefois d'une autorisation préalable de travail, la déclaration préalable à l'embauche auprès de l'URSSAF par l'employeur ne pouvant en tenir lieu.
5. Il résulte de ce qui précède que, les conclusions de M. B à fin d'annulation et par voie de conséquence, à fin d'injonction et d'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Meuse. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
M. E
La greffière,
Mme C.
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026