jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2403990 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BOHNER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 7 juin 2024 sous le n°2403990, Mme F D,
épouse E, représentée par Me Bohner, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Albanie comme pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, en lui délivrant dans l'intervalle une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros hors taxe à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991, ou, en cas de refus du bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la même somme à lui verser directement en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme E soutient que :
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- la décision contestée méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 7 juin 2024 sous le n°2403991, M. G E, représenté par Me Bohner, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Albanie comme pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de
100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, en lui délivrant dans l'intervalle une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros hors taxe à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991, ou, en cas de refus du bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la même somme à lui verser directement en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E soutient que :
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- la décision attaquée méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Laubriat en application des dispositions de l'article
L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Laubriat, magistrat désigné ;
- les observations de Me Bohner, avocate de M. et Mme E, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
-et les observations de M. et Mme E.
Le préfet du Haut-Rhin n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme et M. E, ressortissants albanais, nés respectivement en 1997 et 1992, déclarent être entrés en France le 10 juin 2017. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 16 juillet 2018 confirmées par la Cour nationale du droit d'asile le 10 décembre 2018. Ils ont fait l'objet, le 3 mai 2019, de décisions de refus de séjour assorties d'obligations de quitter le territoire français dont la légalité a été confirmée par ce tribunal par un jugement du 19 juillet 2019. M. E a fait l'objet le 30 juillet 2022 d'une deuxième obligation de quitter le territoire français sans délai à la suite de son interpellation et son placement en garde à vue pour des faits de défaut de permis, dont il n'a pas contesté la légalité.
Le 23 novembre 2023, les époux E ont sollicité leur admission au séjour en faisant valoir leur présence en France, leurs attaches privées et familiales sur le territoire français et la scolarisation en France de leur fille, A. Par deux arrêtés du 19 février 2024, le préfet du Haut-Rhin a refusé de les admettre au séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et les a obligés à se présenter aux services de la Brigade Mobile de Recherche (BMR) hebdomadairement et à remettre leurs passeports ou tout document d'identité contre récépissé. Par deux arrêtés du 12 juin 2024, le préfet du Haut-Rhin a assigné M. et Mme E à résidence dans le département du Haut-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours. Cette mesure d'assignation à résidence a été renouvelée par deux arrêtés du 2 octobre 2024 pour une nouvelle durée de quarante-cinq jours. Par deux requêtes, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement,
M. et Mme E demandent l'annulation des arrêtés des 19 février et 2 octobre 2024.
Sur l'admission des requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. (). ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du
28 décembre 2020 portant application de la loi du 10 juillet 1991 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Eu égard à l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. et Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023 régulièrement publié le même jour, le préfet du Haut-Rhin a donné délégation à M. B C, chef du service de l'immigration et de l'intégration, en cas d'absence ou d'empêchement de M. I H, directeur de l'immigration, de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions dévolues à ce service, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions en litige. Il ne ressort pas des pièces du dossier que
M. H n'aurait pas été absent ou empêché à la date de signature de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés litigieux doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles
L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Les requérants se prévalent de l'ancienneté de leur présence sur le territoire français de plus de six ans à la date de la décision attaquée, de leur intégration sociale notamment par leur apprentissage de la langue française, Mme E étant titulaire d'un diplôme d'études en langue française " DELF B2 " attestant de son bon niveau, et par des activités bénévoles. Ils établissent être engagés au sein de l'association Caritas Alsace depuis mai 2021 au sein de laquelle Mme E effectue des services de traduction et s'investit dans l'organisation et M. E participe aux activités de manutention. Les époux E participent également bénévolement au sein de la paroisse
Ste-Thérèse de Mulhouse à la préparation, l'acheminement et la distribution de colis alimentaires aux familles dans le besoin. Dans le cadre de l'association d'Accueil des Demandeurs d'Asile (A.A.D.A), Mme E accompagne des demandeurs d'asile par la traduction de documents, de l'interprétariat et de l'assistance aux démarches administratives. Les époux E produisent également de nombreux témoignages d'amis et de bénévoles, faisant état de leur serviabilité, disponibilité et volonté d'intégration au sein de la société française. Enfin, M. E se prévaut de deux promesses d'embauches, la première datant de novembre 2023 en tant qu'ouvrier maçon qualifié au sein de la société " DENIZ SAS " et une seconde pour le même intitulé de poste au sein de la société
" DM CONCEPT ", datant de mai 2024 tandis que Mme E se prévaut d'une promesse d'embauche de la société " Quality net " du 2 octobre 2024 ainsi que de son expérience professionnelle
du 1er juin 2022 au 31 mai 2023 dans le domaine du service ménager. Toutefois, il est constant que les requérants ont vécu en Albanie jusqu'à l'âge de 24 ans pour M. E et 19 ans pour Mme E. S'ils se prévalent d'une durée de présence significative sur le territoire français, leur durée de séjour résulte des délais nécessaires à l'instruction de leurs demandes d'asile, qui ont été rejetées, puis de leur maintien irrégulier sur le territoire français en dépit des mesures d'éloignement prises à leur encontre en 2019, puis en 2022 pour M. E. De surcroît il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils seraient dépourvus d'attaches personnelles ou familiales dans leur pays d'origine, où résident les parents du requérant et une partie de sa fratrie ainsi que les parents de la requérante. Par ailleurs, la circonstance que la fille ainée du couple, A, née en 2017, soit scolarisée en France et bien intégrée dans son milieu scolaire ne permet pas davantage d'établir l'existence d'un lien d'une intensité particulière entre la famille E et le territoire français. Il n'est par ailleurs pas soutenu que A ne serait pas en mesure de poursuivre sa scolarité dans son pays d'origine, dans lequel elle a vocation à accompagner ses parents, tout comme sa sœur Maéva, née en 2023. Dans ces circonstances, les décisions portant refus de titre de séjour ne portent pas aux droits des requérants au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droits d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
8. Eu égard aux éléments évoqués au point 6 du présent jugement, les époux E ne justifient d'aucune circonstance susceptible d'établir que leur admission au séjour répondrait à des considérations humanitaires ou serait justifiée par des motifs exceptionnels au sens de l'article
L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen soulevé et tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
10. Les requérants se prévalent de la naissance de leurs deux enfants sur le territoire français, de ce qu'ils ont toujours vécu en France, de la scolarisation en France de leur fille ainée, A, depuis la maternelle et de ce que cette dernière, actuellement en cours préparatoire, apprend à lire et écrire en français. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette scolarisation ne pourrait pas se poursuivre en Albanie. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstruire en Albanie. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne peut être accueilli.
11. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués aux points 6 et 10, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le préfet du Haut-Rhin aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences des décisions de refus de séjour sur la situation personnelle des époux E.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, les moyens soulevés à l'encontre des décisions de refus de séjour ayant été écartés, le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de ces décisions soulevé à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 10, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
14. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
15. Les époux E n'apportent aucun élément de nature à démontrer la réalité et l'actualité de risques pour leur vie ou leur sécurité en cas de retour dans leur pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 ne peut qu'être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des requêtes de M. et Mme E aux fins d'annulation des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays d'éloignement doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E
Article 1er : : M. et Mme E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des requêtes de M. et Mme E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G E, à Mme F D, épouse E, à Me Bohner et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
A. LaubriatLa greffière,
R. Van Der Beek
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Van Der Beek
Nos 2403990, 2403991
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026