mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2407360 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BOHNER |
Vu la procédure suivante :
Par des requêtes et des mémoires en production de pièces enregistrés les 28 septembre et 21 novembre 2024 sous les numéros 2407360 et 2407361, M. J G et Mme B F, épouse G, représentés par Me Bohner, demandent au tribunal :
1°) de leur accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les arrêtés du 12 juillet 2024 par lesquels le préfet du Haut-Rhin a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils sont susceptibles d'être éloignés ;
3°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de leur délivrer à chacun une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation dans les mêmes conditions de délai et de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour valable durant le temps de ce réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de deux fois 1 500 euros au bénéfice de leur conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
Sur les refus de séjour :
- l'auteur de ces décisions était incompétent pour les édicter ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont contraires aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'autorité préfectorale, qui devait examiner l'admission exceptionnelle au séjour de M. G au titre du travail, a méconnu les dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions litigieuses sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur leur situation personnelle ;
- elles sont contraires aux stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant.
Sur les obligations de quitter le territoire français :
- l'illégalité des refus de séjour prive de base légale les obligations de quitter le territoire français ;
- les décisions contestées sont contraires aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur leur situation personnelle ;
- elles sont contraires aux stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant.
Sur les décisions fixant le pays de renvoi :
- l'illégalité des précédentes décisions prive de base légale les décisions fixant le pays de destination.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 novembre 2024, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet des requêtes.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. et Mme G ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du bureau d'aide juridictionnelle près du tribunal judiciaire de Strasbourg du 6 décembre 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Claudie Weisse-Marchal ;
- et les observations de Me Bohner représentant M et Mme G.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme G, ressortissants marocains, nés respectivement les 18 mai 1979 et 19 novembre 1988, déclarent être entrés en France le 11 février 2019 sous couvert de visas de tourisme, accompagnés de leurs deux filles alors âgées de 5 et 1 ans, Yasmine et Basma. Le 15 février 2024, ils ont sollicité leur admission au séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par des arrêtés du 12 juillet 2024, le préfet du Haut-Rhin leur a opposé un refus, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé leur pays de destination. Les requérants demandent au tribunal administratif d'annuler ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2407360 et 2407361, présentées pour M. et Mme G, qui concernent un couple d'étrangers et présentent à juger des questions semblables, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme G ont été admis à l'aide juridictionnelle totale par des décisions du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Strasbourg du 6 décembre 2024. Par suite, les conclusions des requérants tendant à leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
S'agissant des moyens communs aux refus de titre de séjour concernant M. et Mme G :
4. En premier lieu, Mme E D, adjointe au chef du service de l'immigration et de l'intégration et chef du bureau de l'admission au séjour, disposait d'une délégation de signature prise par un arrêté du 21 août 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le Haut-Rhin, pour signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. I H, directeur de la règlementation, et de M. A C, chef du service de l'immigration et de l'intégration, dans la limite des attributions de ce service, tous actes et décisions à l'exception de certaines catégories d'actes parmi lesquelles ne figurent pas les décisions attaquées. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. H et M. C n'étaient pas absents ou empêchés à la date du 12 juillet 2024. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des actes doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
6. M. et Mme G font valoir qu'ils résident en France depuis le 11 février 2019, qu'ils disposent d'un logement stable en location depuis 2022 à Mulhouse et qu'ils justifient d'une très bonne intégration sur le territoire français. Mme G se prévaut également de sa maitrise de la langue française et de ses liens étroits avec la France, où elle a vécu deux ans entre septembre 2001 et juillet 2003 avec ses parents avant de retourner vivre au Maroc avec sa mère, ainsi que de la présence de son père, de sa belle-mère et de ses demi-frères et sœurs en région parisienne avec lesquels elle dit entretenir des relations. Elle argue enfin de ses activités de bénévolat au sein du secours populaire et de son implication dans la scolarité de ses trois filles, dont la dernière, née en France en 2020, en tant que représentante des parents dans les écoles accueillant ces dernières. M. G se prévaut de son côté d'une activité professionnelle et d'une promesse d'embauche en qualité d'ouvrier agricole et de la présence régulière sur le territoire français de l'un de ses frères. Ils font état, par ailleurs, de l'intégration scolaire de leurs trois filles en maternelle pour la plus jeune et en primaire pour les deux aînées. Toutefois, les dispositions et stipulations précitées ne garantissent pas à un ressortissant étranger le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer une vie privée et familiale. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'insertion sociale et professionnelle des requérants ne pourrait se réaliser ailleurs qu'en France, notamment au Maroc, pays dont ils sont originaires, où ils ont vécu jusqu'à l'âge de 40 et 31 ans, où ils ont fait leurs études et où réside toujours la grande majorité des membres de leur famille. En outre, rien ne s'oppose à ce que leurs enfants poursuivent leur scolarité dans ce pays. D'autre part, il est constant que M. et Mme G se sont maintenus irrégulièrement sur le territoire français depuis l'expiration de leurs visas en 2019 jusqu'au 13 mars 2024, date de leurs premières demandes d'admission au séjour. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment à la durée et aux conditions de séjour des intéressés en France, le préfet, en adoptant les décisions attaquées, n'a pas porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ces décisions ont été prises. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions et stipulations précitées doivent être écartés. Pour ces mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet du Haut-Rhin aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle de M. et Mme G doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
8. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'exécution des décisions litigieuses aurait pour effet de mettre un terme à la cellule familiale que M. et Mme G forment avec leurs filles ou que ces dernières ne pourraient poursuivre leur scolarité qu'en France. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet du Haut-Rhin a méconnu les stipulations précitées.
S'agissant du moyen propre au refus de titre de séjour concernant M. G :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 susvisé : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles. / () ". Aux termes de l'article 9 de cet accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. / (). ".
10. Si les dispositions précitées de l'article L. 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en tant qu'elles prévoient la délivrance d'une carte de séjour temporaire au regard d'une admission exceptionnelle au séjour en raison du travail, ne sont pas applicables aux ressortissants marocains dont la situation professionnelle est entièrement régie par les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, les stipulations de l'article 9 de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
11. Il est constant que M. G qui ne dispose pas d'un contrat à durée indéterminée visé par les autorités compétentes, ne remplit pas les conditions de l'article 3 de l'accord franco-marocain pour prétendre à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié. Si l'intéressé fait valoir qu'il travaille chaque année depuis 2021 du mois d'avril au mois de novembre comme ouvrier agricole au sein de l'entreprise de maraichage D et se prévaut d'une promesse d'embauche de cette entreprise, ces périodes d'emploi salarié et cette promesse d'embauche ne sauraient constituer, par elles-mêmes, un motif exceptionnel d'admission au séjour, quand bien même M. G a donné satisfaction dans les fonctions exercées, qu'il était déclaré par son employeur et qu'il a souscrit ses déclarations de revenus. C'est par suite sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet du Haut-Rhin n'a pas admis le requérant au séjour dans le cadre de l'exercice de son pouvoir de régularisation.
12. En second lieu, termes de l'article L. 435-4 de ce code : " A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l'autorité administrative, l'étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l'article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ou " salarié " d'une durée d'un an. Les périodes de séjour et l'activité professionnelle salariée exercée sous couvert des documents de séjour mentionnés aux articles L. 421-34, L. 422-1 et L. 521-7 ne sont pas prises en compte pour l'obtention d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ou " salarié " mentionnée au premier alinéa du présent article () ".
13. Les dispositions précitées de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables aux ressortissants marocains dont la situation professionnelle est entièrement régie par les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. Au surplus, M. G n'a pas déposé de demande de titre de séjour sur ce fondement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
Sur les décisions obligeant M et Mme G à quitter le territoire français :
14. En premier lieu, les moyens dirigés contre les décisions portant refus de séjour ayant été écartés, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions ne peut qu'être écarté par voie de conséquence.
15. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant et de ce que le préfet du Haut-Rhin aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle de M. et Mme G doivent être écartés pour les motifs exposés aux points 6 et 8.
Sur les décisions fixant le pays de renvoi :
16. Pour les motifs exposés ci-dessus, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité des décisions obligeant M. et Mme G à quitter le territoire doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des requêtes de M. et Mme G tendant à l'annulation des arrêtés du 12 juillet 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions des requêtes de M. et Mme G tendant à ce que le tribunal les admette au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. et Mme G est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. J G, à Mme B F épouse G et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Laubriat, président,
Mme Weisse-Marchal, première conseillère.
M. Muller, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
La rapporteure,
C. Weisse-Marchal
Le président,
A. Laubriat
La greffière,
A.Dorffer
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière, ; 2407361
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026