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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2407806

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2407806

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2407806
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCHAMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) Chevallot, représentée par Me Chamy, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'arrêté du 17 septembre 2024, par lequel le maire de la commune de Dannemarie (68210) a refusé de l'autoriser à démolir la maison située au 4 rue Saint-Léonard à Dannemarie ;

2°) d'enjoindre au maire de Dannemarie d'adopter un arrêté l'autorisant à démolir ladite maison dans un délai de 10 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

4°) de l'informer sans délai de la date de l'audience publique ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Dannemarie une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite, eu égard à l'état de délabrement de la maison en litige ;

- la décision attaquée porte atteinte à son droit de propriété et à sa liberté de disposer librement de son bien, à la liberté d'entreprendre, à la liberté du commerce et de l'industrie, à la liberté contractuelle et constitue une discrimination.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code précité : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. La circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte-tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou d'une demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code précité, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

3. Pour justifier de la condition d'urgence à suspendre l'arrêté du 17 septembre 2024, au sens du point précédent, la société requérante se prévaut du péril imminent résultant de l'état de délabrement de la maison en litige. Elle se prévaut principalement d'un " arrêté de mise en sécurité - procédure urgente péril imminent " pris par le maire de la commune, le 7 novembre 2023, d'un diagnostic de structure du 24 juin 2024 ainsi que d'un avis d'expert du 27 juin 2024. Toutefois, eu égard à leurs dates respectives, antérieures de plusieurs mois à celle de la décision contestée, ces éléments sont insuffisants à caractériser une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans le très bref délai de quarante-huit heures prévu à l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il s'ensuit que les conclusions de la SARL Chevallot présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées en application de l'article L. 522-3 du même code. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SARL Chevallot est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée Chevallot et à Me Chamy. Copie en sera adressée au maire de Dannemarie.

Fait à Strasbourg, le 17 octobre 2024.

Le juge des référés,

L. A

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Lamoot

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