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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2507596

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2507596

mercredi 24 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2507596
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantOLSZAKOWSKI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. B A, ressortissant albanais, qui contestait un arrêté du préfet de la Moselle du 5 septembre 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour de trois ans et d'une assignation à résidence. Le tribunal a jugé que la décision d'éloignement était légalement fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison du rejet définitif de sa demande d'asile, indépendamment de la question de la menace pour l'ordre public. Par conséquent, les moyens d'annulation par voie de conséquence de l'interdiction de retour et de l'assignation à résidence ont été écartés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2025, M. B A, représenté par Me Olszakowski, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2025 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

3°) d'annuler la décision du même jour par laquelle le préfet de la Moselle l'a assigné à résidence dans le département de la Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.

Il doit être regardé comme soutenant que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2025, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bronnenkant en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bronnenkant, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant albanais né le 19 décembre 1996, est entré en France selon ses déclarations le 13 juin 2022. Par un arrêté du 5 septembre 2025, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de la Moselle l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par un arrêté du même jour, dont il demande également l'annulation, le préfet de la Moselle l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Compte tenu de l'urgence et, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. A à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

5. Le requérant soutient qu'il ne pouvait pas faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1 5° précité dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la décision contestée est également fondée sur le 4° de l'article précité et que M. A a vu sa demande de réexamen de sa d'asile rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 janvier 2024, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 9 septembre 2024. Ainsi et nonobstant la circonstance que le requérant ne constituerait pas une menace à l'ordre public, le préfet de la Moselle pouvait dès lors, sans entacher sa décision d'erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées, obliger M. A à quitter le territoire français. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire doit être écarté.

Sur l'assignation à résidence :

7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1 : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Olszakowski et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre d'État, ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2025.

La magistrate désignée,

H. BronnenkantLa greffière,

G. Trinité

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

G. Trinité

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