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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2507719

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2507719

mardi 30 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2507719
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantOLSZAKOWSKI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante guinéenne, qui contestait son transfert aux autorités espagnoles (responsables de sa demande d'asile selon le fichier Eurodac) et son assignation à résidence. Le juge a estimé que la décision de transfert, fondée sur le règlement (UE) n° 604/2013, n'était pas entachée d'erreur d'appréciation, faute pour la requérante d'apporter des preuves de ses allégations d'abus sexuels en Espagne. Par conséquent, l'assignation à résidence, prise sur le fondement de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été jugée légale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2025, Mme B... C... A..., représentée par Me Olszakowski, demande au tribunal :

1°) de l’admettre à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’annuler l’arrêté du 10 juillet 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l’examen de sa demande d’asile ainsi que l’arrêté du même jour par lequel le préfet du Bas-Rhin l’a assignée à résidence dans le département de la Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.

Elle soutient que :

Sur la décision de transfert :
elle est entachée d’une erreur d’appréciation ;

Sur la décision d’assignation à résidence :
elle est illégale par voie de conséquence de l’illégalité qui affecte la décision de transfert.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 septembre 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A... sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;
le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Iggert en application des dispositions de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Iggert, magistrat désigné a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

L’instruction a été close à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Mme A..., ressortissante guinéenne née en 2006, a sollicité en France la reconnaissance de la qualité de réfugié. La consultation du fichier Eurodac a permis d’établir que l’intéressée avait franchi les frontières espagnoles depuis moins de douze mois. Les autorités espagnoles ont été saisies le 19 mai 2025 d’une demande de prise en charge à laquelle elles ont donné leur accord le 2 juin 2025. Mme A... demande au tribunal de prononcer l’annulation de l’arrêté du 10 juillet 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l’examen de sa demande d’asile ainsi que de l’arrêté du même jour par lequel le préfet du Bas-Rhin l’a assignée à résidence dans le département de la Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l’admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».

En raison de l’urgence, il y a lieu d’admettre Mme A..., à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle, sur le fondement de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur l’arrêté de transfert :

Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre public et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ». Aux termes de l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : « 1. Par dérogation à l’article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. (…) ». La faculté laissée à chaque État membre, par l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 précité, de décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d’asile.

Si Mme A... soutient qu’elle aurait quitté l’Espagne parce qu’elle aurait été victime d’abus sexuels de la part d’un homme résidant dans le même logement qu’elle, elle n’apporte aucun commencement de preuve de nature à établir ou faire présumer la réalité de ses allégations. Dans ces conditions, elle n’est pas fondée à soutenir que le préfet du Bas-Rhin, en adoptant la décision attaquée, aurait méconnu l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou commis une erreur manifeste d’appréciation.

Sur l’arrêté d’assignation à résidence :

Aux termes de l’article L. 751-2 du code de l’entée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. / (…) / En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. / L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée ».

Il résulte de ce qui précède que Mme A... n’est pas fondée à exciper de l’illégalité de l’arrêté de transfert à l’encontre de la mesure d’assignation à résidence.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de Mme A... doivent être rejetées.


D É C I D E :


Article 1er : Mme A... est admise à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Le surplus des conclusions de la requête de Mme A... est rejeté.

Le présent jugement sera notifié à Mme B... C... A..., à Me Olszakowski et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre d’État, ministre de l’intérieur.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2025.


Le magistrat désigné,





J. IggertLa greffière,





L. Abdennouri

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,





L. Abdennouri

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2025, Mme B... C... A..., représentée par Me Olszakowski, demande au tribunal :

1°) de l’admettre à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’annuler l’arrêté du 10 juillet 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l’examen de sa demande d’asile ainsi que l’arrêté du même jour par lequel le préfet du Bas-Rhin l’a assignée à résidence dans le département de la Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.

Elle soutient que :

Sur la décision de transfert :
elle est entachée d’une erreur d’appréciation ;

Sur la décision d’assignation à résidence :
elle est illégale par voie de conséquence de l’illégalité qui affecte la décision de transfert.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 septembre 2025, le préfet du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A... sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;
le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Iggert en application des dispositions de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Iggert, magistrat désigné a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

L’instruction a été close à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Mme A..., ressortissante guinéenne née en 2006, a sollicité en France la reconnaissance de la qualité de réfugié. La consultation du fichier Eurodac a permis d’établir que l’intéressée avait franchi les frontières espagnoles depuis moins de douze mois. Les autorités espagnoles ont été saisies le 19 mai 2025 d’une demande de prise en charge à laquelle elles ont donné leur accord le 2 juin 2025. Mme A... demande au tribunal de prononcer l’annulation de l’arrêté du 10 juillet 2025 par lequel le préfet du Bas-Rhin a ordonné son transfert aux autorités espagnoles, responsables de l’examen de sa demande d’asile ainsi que de l’arrêté du même jour par lequel le préfet du Bas-Rhin l’a assignée à résidence dans le département de la Moselle pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l’admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l’article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».

En raison de l’urgence, il y a lieu d’admettre Mme A..., à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle, sur le fondement de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur l’arrêté de transfert :

Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre public et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ». Aux termes de l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : « 1. Par dérogation à l’article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. (…) ». La faculté laissée à chaque État membre, par l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 précité, de décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d’asile.

Si Mme A... soutient qu’elle aurait quitté l’Espagne parce qu’elle aurait été victime d’abus sexuels de la part d’un homme résidant dans le même logement qu’elle, elle n’apporte aucun commencement de preuve de nature à établir ou faire présumer la réalité de ses allégations. Dans ces conditions, elle n’est pas fondée à soutenir que le préfet du Bas-Rhin, en adoptant la décision attaquée, aurait méconnu l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou commis une erreur manifeste d’appréciation.

Sur l’arrêté d’assignation à résidence :

Aux termes de l’article L. 751-2 du code de l’entée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. / (…) / En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. / L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée ».

Il résulte de ce qui précède que Mme A... n’est pas fondée à exciper de l’illégalité de l’arrêté de transfert à l’encontre de la mesure d’assignation à résidence.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de Mme A... doivent être rejetées.


D É C I D E :


Article 1er : Mme A... est admise à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Le surplus des conclusions de la requête de Mme A... est rejeté.

Le présent jugement sera notifié à Mme B... C... A..., à Me Olszakowski et au préfet du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre d’État, ministre de l’intérieur.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2025.


Le magistrat désigné,





J. IggertLa greffière,





L. Abdennouri

La République mande et ordonne au préfet du Bas-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,





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