mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2103329 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mai 2021, M. A C, représenté par Me Artaud demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a successivement retiré du capital de son permis de conduire trois points pour une infraction au code de la route commise le 11 décembre 2015, un point pour une infraction au code de la route commise le 5 mars 2019, trois points pour une infraction au code de la route commise le 2 avril 2019, deux points pour une infraction au code de la route commise le 12 décembre 2019, ensemble la décision référencée " 48 SI " du 26 février 2021 par laquelle le ministre a retiré quatre points de son permis de conduire à la suite d'une infraction le 30 mai 2019, l'a informé de la perte de validité dudit permis pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son département de résidence ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui restituer son titre de conduite doté des points illégalement retirés dans le délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il n'a pas été destinataire de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la décision " 48SI " du 26 février 2021 est illégale par exception d'illégalité des décisions de retrait de points.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut d'une part, au non-lieu à statuer partiel concernant la décision " 48 SI " du 26 février 2021 en tant qu'elle invalide le permis de conduire du requérant et la décision de retrait de point consécutive à l'infractions du 12 décembre 2019 et d'autre part, au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les mentions afférentes à l'infraction du 12 décembre 2019 et à la décision " 48 SI " du 26 février 2021 ont été supprimées du relevé d'information intégral de M. C, de sorte que l'administration est réputée avoir retiré ces décisions ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Clément, président de la quatrième chambre, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
En application de l'article R. 732--1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience au cours de laquelle a été entendu le rapport de M. B, magistrat-désigné.
Considérant ce qui suit :
1. M C a commis une série d'infractions les 11 décembre 2015, 5 mars 2019, 2 avril 2019, 12 décembre 2019. Par une décision référencée " 48 SI " en date du 26 février 2021, suite à une infraction commise le 30 mai 2019 ayant entrainé le retrait de trois points de son permis de conduire, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de ce permis. Par la présente requête, M C saisit le tribunal administratif d'une demande tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire ainsi que des décisions de retrait de points.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral produit en défense que la décision portant retrait de deux points, consécutive à l'infraction commise le 12 décembre 2019 et la décision ministérielle référencée " 48 SI " du 26 février 2021, portant invalidation du permis de conduire de M. C n'apparaissent plus sur le relevé d'information intégral de l'intéressé édité le 2 septembre 2021. Ainsi, l'administration doit être regardée comme ayant, postérieurement à l'introduction de la requête, procédé au retrait de ces décisions. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 12 décembre 2019 et de la décision référencée " 48 SI " du 26 février 2021 en tant qu'elle invalide le permis de conduire du requérant sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a seulement lieu pour le tribunal de se prononcer sur la légalité des décisions portant retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 11 décembre 2015, 5 mars 2019, 2 avril 2019 et 30 mai 2019.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
4. En application des dispositions de l'article L. 222-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de point et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
5. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie, et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. M. C soutient que les informations préalables, mentionnées par les dispositions précitées du code de la route, ne lui ont pas été délivrées lors de la commission des infractions des 11 décembre 2015, 5 mars 2019, 2 avril 2019 et 30 mai 2019.
S'agissant des infractions commises le 11 décembre 2015 et le 2 avril 2019 :
6. Aux termes du II de l'article R. 49-1 du code de procédure pénale : " Sans préjudice de l'article R. 249-9, le procès-verbal peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique. ". En vertu des articles A. 37-1 et suivants du même code, lorsque le procès-verbal de constatation de l'infraction est dressé avec un appareil électronique sécurisé permettant de dresser un procès-verbal dématérialisé, il est adressé, par voie postale au domicile du contrevenant, un avis de contravention et une notice de paiement. L'avis de contravention adressé par voie postale au contrevenant comporte les informations requises par les dispositions L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
7. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.
8. Il résulte de l'instruction que l'infraction commise le 11 décembre 2015 qui a entraîné le retrait de trois points et l'infraction commise le 2 avril 2019 qui a également entrainé le retrait de trois points, ont été constatées par l'établissement de procès-verbaux électroniques. Le ministre produit une copie des procès-verbaux se rapportant à ces deux infractions, lesquels revêtent la signature de M. C et précisent la qualification de l'infraction et comportent en annexe la mention selon laquelle un retrait de points est prévu. Ces procès-verbaux comportent, en outre, la mention de l'existence d'un traitement automatisé des points, de la possibilité pour l'intéressée d'exercer un droit d'accès et de rectification et de ce que le paiement de l'amende entraîne la reconnaissance de l'infraction. Dans ces conditions, le ministre doit être regardé comme s'étant acquitté de l'obligation qui lui incombe de fournir les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que M. C n'est pas fondé à soutenir que les retraits de points à la suite de ces infractions seraient intervenus au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commises le 5 mars 2019 :
9. Le ministre produit un modèle de titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des informations requises par le code de la route. S'il se prévaut des mentions du relevé d'information intégral de l'intéressé pour attester de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée afférent à l'infraction commise le 5 mars 2019, il n'établit pas, à défaut de le produire à l'instance, que le formulaire d'amende forfaitaire majorée dont M. C a été destinataire était conforme à ce modèle. Toutefois, il résulte du relevé d'information intégral relatif à la situation de M. C que ce dernier avait bénéficié, à l'occasion de l'infraction du 10 mars 2017, suffisamment récente, de l'ensemble des informations légalement exigées, y compris celles relatives à la nature et à la qualification de l'infraction. Dès lors, l'omission de cette information lors de la constatation de l'infraction du 5 mars 2019 n'a pas eu pour effet, dans les circonstances de l'espèce, de priver M. C de la garantie instituée par la loi. Dans ces conditions, l'administration peut être regardée comme ayant satisfait à son obligation d'information du contrevenant. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision du ministre lui retirant un point de son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 5 mars 2019 a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 30 mars 2019 :
10. L'omission de la formalité prévue aux articles L. 223-3 et R. 223 3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester. Cette dernière condition est également remplie lorsque la condamnation intervient selon la procédure simplifiée régie par les articles 524 et suivants du code de procédure pénale, qui permettent au juge de statuer sans débat préalable sur une contravention de police, mais qui réservent la possibilité, pour le prévenu, de former opposition à l'ordonnance pénale ainsi prononcée et d'obtenir que l'affaire soit portée à l'audience du tribunal de police ou de la juridiction de proximité dans les formes de la procédure ordinaire.
11. Il résulte de l'instruction que la réalité de l'infraction commise le 30 mai 2021 par M. C ayant été établie par une condamnation pénale devenue définitive produite au dossier par le ministre, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne saurait, en tout état de cause, être utilement invoqué à l'encontre du retrait de points consécutif à cette infraction.
12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de cette requête doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
13. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que la présente instance aurait occasionné des dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de sorte que les conclusions présentées par M. C tendant à ce que les dépens de l'instance soient mis à la charge de l'Etat ne peuvent qu'être rejetées.
14. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant retrait de deux points consécutive à l'infraction du 12 décembre 2019 et de la décision ministérielle référencée " 48 SI " du 26 février 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le magistrat désigné
M. B
La greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026