mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104237 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL JEAN-PIERRE & WALGENWITZ AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 juin 2021, et des mémoires enregistrés les 15 avril et 10 mai 2022, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du président de l'Ecole normale supérieure de Lyon du 6 janvier 2021, la décision implicite portant rejet de son recours gracieux et la décision du 14 avril 2021, en ce qu'elles ne l'ont pas nommé président du CERCC pour la durée totale du contrat quinquennal ;
2°) de rejeter les conclusions présentées par l'Ecole normale supérieure de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
M. B soutient que :
- les décisions attaquées, qui diminuent ses responsabilités et ont un impact sur sa rémunération, ne constituent pas de simples mesures d'ordre intérieur ;
- ces décisions sont fondées sur des motifs erronés en fait ;
- l'article 16-3 du règlement intérieur de l'Ecole normale supérieure de Lyon prévoit que le directeur d'un tel laboratoire doit être nommé pour l'ensemble de la durée du contrat quinquennal ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit en ce qu'elles font application au CERCC des dispositions applicables aux seules unités mixtes de recherche dont le CNRS est membre ;
- ces décisions sont entachées de détournement de pouvoir.
Par des mémoires enregistrés les 29 mars et 27 avril 2022, l'Ecole normale supérieure de Lyon, représentée par la SELARL Jean-Pierre et Walgenwitz Avocats Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, les décisions attaquées constituant de simples mesures d'ordre intérieur ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 20 mai 2022.
Par lettres du 27 mai 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de dispositions indivisibles de l'ensemble des décisions attaquées.
M. B a présenté une réponse à ce moyen, qui a été enregistrée le 27 mai 2022.
Il soutient que ses conclusions doivent être lues comme tendant à l'annulation totale des décisions attaquées.
Par lettres du 30 mai 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions nouvelles tendant à l'annulation totale des décisions attaquées, présentées après l'expiration du délai de recours.
M. B a présenté une réponse à ce moyen, qui a été enregistrée le 30 mai 2022.
Il soutient à nouveau que ses conclusions doivent être lues comme tendant à l'annulation totale des décisions attaquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Deniel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, professeur de littérature comparée à l'Ecole normale supérieure de Lyon, a dirigé, depuis sa fondation en 2010, le Centre d'études et de recherches comparées sur la création (CERCC), unité de recherche de l'école. Par une lettre de mission du 6 janvier 2021, le président et le vice-président " Recherche " de l'école normale supérieure ont renouvelé son mandat pour une durée de deux ans et lui ont donné instruction de mettre en place une stratégie permettant le renouvellement de l'équipe de direction du laboratoire au 1er janvier 2023. Par un recours gracieux formé le 25 février 2021, l'intéressé a contesté cette lettre de mission en tant qu'elle limite à deux ans le renouvellement de son mandat. Il demande au tribunal d'annuler la décision implicite portant rejet de ce recours, né du silence conservé par l'administration sur celui-ci pendant deux mois, ainsi que la lettre de mission du 6 janvier 2021 et la nouvelle lettre de mission du 14 avril 2021, en tant que celles-ci limitent à deux ans le renouvellement de son mandat.
2. Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première. Dès lors, les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre la lettre de mission du 6 janvier 2021 et celle du 14 avril suivant, par laquelle le président et le vice-président de l'Ecole normale supérieure de Lyon ont, suite au recours gracieux de M. B, confirmé la durée pour laquelle son mandat de directeur était renouvelé, décision expresse qui s'est substituée à la décision implicite de rejet de ce recours, née antérieurement.
3. Le juge administratif, lorsqu'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation partielle d'un acte dont les dispositions forment un tout indivisible, est tenu de rejeter ces conclusions comme irrecevables, quels que soient les moyens invoqués.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, suite à l'audit du fonctionnement du CERCC par le Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur, cette instance a préconisé de limiter le nombre de mandats de direction du laboratoire. Le conseil scientifique de l'établissement s'est étonné de la durée passée par M. B à la tête du CERCC et a recommandé que le nombre de mandats soit limité selon les mêmes règles que celles applicables aux unités mixtes de recherche, pour lesquelles le nombre de mandats de direction pouvant être confiés à une même personne est limité à deux. En accord avec le conseil scientifique, le président de l'Ecole normale supérieure de Lyon a néanmoins opté pour le renouvellement du mandat du requérant pour une période de deux ans, permettant de concilier la nécessité de préparer sa succession avec les bonnes pratiques de gouvernance. Dans ces circonstances, les deux lettres de mission contestées constituent un ensemble indivisible, le principe du renouvellement et la durée de celui-ci étant indissociables l'un de l'autre.
5. Or, il ressort clairement des écritures de M. B présentées avant la clôture de l'instruction, que celui-ci ne demande que l'annulation partielle de ces deux lettres de mission, en tant seulement que celles-ci prévoient qu'il sera déchargé des fonctions de directeur du CERCC au termes d'un mandat écourté de deux ans. Ces conclusions, irrecevables, ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'Ecole normale supérieure de Lyon sur le fondement de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés pour l'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Ecole normale supérieure de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Ecole normale supérieure de Lyon.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président,
M. Arnould, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le rapporteur,
J. C
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026