jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2104416 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 juin 2021, 31 août et 20 décembre 2022, la métropole de Lyon, représentée par Me Naux, demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum, ou l'une à défaut de l'autre, les sociétés Nebihu, Alain Lelièvre et Qualiconsult à lui verser, en réparation du désordre affectant les couvertines du collège Duclos à Vaulx-en-Velin, la somme de 69 006,74 euros TTC, assortie des intérêts et de leur capitalisation, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs ou de leur responsabilité contractuelle ou, s'agissant de la seule société Nebihu, sur le fondement de la garantie de parfait achèvement;
2°) de mettre à la charge in solidum des mêmes, ou de l'une à défaut de l'autre, la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le désordre affectant les couvertines, qui est de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination en raison du risque d'atteinte à la sécurité des personnes et en ce qu'il affecte la fonction d'étanchéité et de clos et de couvert des toitures, est apparu dans le délai décennal et était caché à la date de la réception ;
- il a pour origine des défauts de pose, une non-conformité des fixations et un non-respect des normes d'espacement entre les fixations imputables à la société Nebihu qui a réalisé l'ouvrage, à la société Alain Lelièvre, maître d'œuvre qui veillait à la bonne réalisation des travaux et à la société Qualiconsult, contrôleur technique ;
- elle doit être remboursée des sommes qu'elle a payées au titre des mesures conservatoires pour 12 331,30 euros TTC, des travaux de reprise des couvertines pour 46 343,52 euros TTC avec l'intervention d'un contrôleur technique pour 1 795,17 euros TTC, des frais d'huissier et d'expertise amiable pour 824,89 et 5 217 euros TTC et des indemnités versées compte tenu des dommages causés aux tiers pour 547,92 et 1 946,94 euros ;
- à titre subsidiaire, elle est fondée à rechercher la responsabilité de la société Nebihu au titre de la garantie de parfait achèvement ;
- les conclusions reconventionnelles présentées par la société Alain Lelièvre relèvent d'un litige distinct.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, la société Alain Lelièvre, représentée par Me Tetreau, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à la condamnation in solidum des sociétés Nebihu et Qualiconsult à la relever et garantir intégralement de toute condamnation prononcée à son encontre et, dans tous les cas, à la condamnation de la métropole de Lyon à lui verser la somme de 16 237,13 euros TTC au titre du solde lui revenant du marché de maîtrise d'œuvre, assortie des intérêts moratoires et de leur capitalisation, et la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le principe d'unicité du décompte, qui a été accepté par la métropole de Lyon le 11 janvier 2021, interdit toute indemnisation de sa part ;
- dès lors que la métropole a opté pour l'application de la garantie de parfait achèvement et sa prolongation, elle ne peut faire l'objet d'une condamnation ; la métropole a refusé la reprise des travaux par la société Nebihu au titre de la garantie de parfait achèvement ; elle n'a pas prévu ces travaux au décompte de la société ;
- elle est fondée à appeler en garantie cette société qui n'a pas respecté les normes existantes pour la fixation des couvertines et la société Qualiconsult qui aurait dû émettre un avis sur la question dans le cadre de sa mission relative à la sécurité ;
- les frais d'expertise et les frais d'huissier ne sont pas indemnisables ;
- le décompte du marché de la maîtrise d'œuvre laisse apparaître un solde à son profit de 16 237,13 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, la société Nebihu, représentée par Me Astor, conclut au rejet des conclusions dirigées contre elle ou, à titre subsidiaire, à la condamnation in solidum des sociétés Alain Lelièvre et Qualiconsult à la relever et garantir intégralement de toute condamnation prononcée à son encontre et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la métropole de Lyon et de ces sociétés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la métropole n'a demandé aucune expertise judiciaire de sorte qu'en l'absence de mesure judiciaire contradictoire, sa requête doit être rejetée ;
- le courrier de mise en demeure adressé le 20 juin 2019 ne vaut pas prorogation sine die de la garantie de parfait achèvement et, subsidiairement, la garantie décennale reste mobilisable ;
- les préjudices invoqués n'ont pas été constatés contradictoirement ;
- elle est fondée à appeler en garantie la société Alain Lelièvre au titre de sa mission de direction et de suivi des travaux et la société Qualiconsult au titre du volet sécurité et solidité du bâtiment.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 mai et 20 octobre 2022 et 5 janvier 2023, la société Qualiconsult, représentée par Me de Cosnac, conclut au rejet des conclusions dirigées contre elle ou, à titre subsidiaire, à la condamnation in solidum des sociétés Nebihu et Alain Lelièvre à la relever et garantir intégralement de toute condamnation et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la métropole de Lyon et de ces sociétés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le rapport amiable du 9 mars 2020 ne saurait fonder une condamnation dès lors qu'il a été établi non contradictoirement, alors que l'ouvrage avait été modifié depuis sa réception, qu'il n'en ressort aucune démonstration technique sur l'origine du désordre et qu'il n'est pas corroboré par d'autres éléments de preuve ;
- dans le compte rendu de chantier n° 13 du 1er octobre 2018, elle a signalé différentes anomalies affectant la fixation des couvertines, de sorte qu'aucun manquement ne peut lui être reproché ;
- les défauts de fixation des couvertines étaient apparents au jour de la réception des travaux ;
- les préjudices invoqués découlent du refus de la métropole de faire réaliser les travaux de reprise par la société Nebihu ;
- elle est fondée à appeler en garantie cette société qui était chargée de la pose des couvertines et la société Lelièvre qui était tenue de surveiller l'exécution de ces travaux.
Un mémoire enregistré le 2 février 2023, présenté pour la métropole de Lyon, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des marchés publics ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales relatif aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacroix,
- les conclusions de M. Reymond-Kellal, rapporteur public,
- et les observations de Me Verrier pour la métropole de Lyon et de Me de Saint-Chamas pour la société Qualiconsult.
Considérant ce qui suit :
1. Le département du Rhône a entrepris la restructuration partielle du collège Duclos à Vaulx-en-Velin, constitué de deux bâtiments principaux dédiés à l'enseignement et aux logements de fonctions. Par un acte d'engagement du 4 avril 2014, il a confié la maîtrise d'œuvre de l'opération à un groupement constitué des sociétés Alain Lelièvre, mandataire, et CET Ingénierie Lyon, bureau d'études techniques des structures et des fluides. Par un acte d'engagement du 14 avril 2014, il a chargé la société Qualiconsult du contrôle technique. La métropole de Lyon, qui s'est substituée au département, a conclu le 22 juin 2017 un marché public de travaux avec la société Nebihu pour la réalisation du lot n° 4 portant sur l'isolation thermique par l'extérieur. Les travaux de ce lot ont été réceptionnés avec effet au 1er octobre 2018 avec réserves. A la suite d'épisodes venteux en mai et décembre 2019, des couvertines de la toiture-terrasse du bâtiment dédié à l'enseignement se sont envolées. Pour des raisons de sécurité, l'ensemble des couvertines des toitures-terrasses des bâtiments ont été déposées. Sur la base d'un rapport d'expertise amiable établi le 9 mars 2020, la métropole de Lyon demande la condamnation in solidum de ces trois sociétés sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs ou, subsidiairement, de la société Nebihu sur le fondement de la garantie de parfait achèvement, à l'indemniser des préjudices résultant de ce désordre. Ces participants à l'opération présentent des appels en garantie croisés. La société Alain Lelièvre demande, par des conclusions reconventionnelles, le paiement du solde lui revenant du marché de maîtrise d'œuvre.
Sur l'expertise amiable :
2. La société Qualiconsult demande que soit écarté des débats le rapport d'expertise du 9 mars 2020 que la métropole de Lyon a versé au dossier, au motif qu'il est non contradictoire, dépourvu de toute analyse technique sérieuse, dressé au vu d'un ouvrage modifié depuis la réception des travaux et non corroboré par d'autres éléments de preuve. Toutefois, il n'est pas établi ni même allégué que l'auteur de ce rapport, bien qu'amiable, ne présentait pas les garanties requises d'impartialité. Les sociétés Qualiconsult et Nebihu ont été par ailleurs convoquées aux opérations d'expertise. Enfin, les éventuelles insuffisances du rapport d'expertise ne font pas, en tout état de cause, obstacle à ce que le tribunal prenne ce rapport en considération, notamment les éléments de pur fait non contestés, ou à titre d'éléments d'information si elles sont corroborées par d'autres éléments du dossier. Il n'y a pas lieu, dès lors, d'écarter cette pièce des débats.
Sur la responsabilité des constructeurs :
3. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. La garantie décennale ne s'applique pas à des désordres qui étaient apparents lors de la réception de l'ouvrage.
4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 9 mars 2020 et d'un procès-verbal de constat dressé le 20 août 2019 par un huissier de justice, qu'à la suite à de plusieurs épisodes venteux de mai et décembre 2019, des couvertines de la toiture-terrasse du bâtiment du collège se sont envolées et sont retombées sur le parking de l'établissement, endommageant plusieurs voitures. Les couvertines n'ont pas été fixées sur des supports réglables tous les mètres et présentent des débords de presque dix centimètres, en méconnaissance des stipulations du cahier des clauses techniques particulières du lot n° 4, qui prévoient que les couvertines sont fixées " par supports réglables indivisible, tous les mètres " avec " un développé de 40 cm + retombée de chaque côté ".
5. En premier lieu, la réception des travaux du lot n° 4 était assortie de réserves relatives à l'absence de joint sous les couvres joint de couvertines, à la reprise des pièces d'angles des couvertines et à la mise à niveau de ce matériau sur patio. Le désordre tenant à la non-conformité de l'ensemble des fixations des couvre-murs, qui n'a pas été réservé, n'était donc pas apparent lors de la réception des travaux.
6. En deuxième lieu, la circonstance que, à la suite du premier épisode venteux de mai 2019, la métropole de Lyon a expressément signalé le désordre affectant les couvertines à la société Nebihu par courrier du 20 juin 2019, soit dans le délai d'un an de la garantie de parfait achèvement prévu à l'article 44-1 du cahier des clauses administratives particulières du marché de travaux, et a prolongé le délai de la garantie jusqu'à l'exécution complète de l'ensemble des prestations prévues au contrat, notamment " la reprise de l'ensemble des couvertines ", ne fait pas obstacle à ce qu'elle recherche, dans le cadre de la présente instance, l'engagement de la garantie décennale des constructeurs.
7. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que le désordre en litige, qui affecte l'étanchéité des toitures-terrasses, et alors que les parties ne contestent pas qu'il rend l'ouvrage impropre à sa destination et compromet sa solidité, est imputable à la société Nebihu, qui a réalisé les travaux d'isolation thermique par l'extérieur, à la société Alain Lelièvre, qui était chargée en vertu du cahier des charges administratives particulières du marché de maîtrise d'œuvre de la direction de l'exécution de ces travaux, consistant notamment à faire respecter par l'entreprise l'ensemble des stipulations de son marché, et à la société Qualiconsult, qui devait s'assurer de la solidité de l'ouvrage et de la sécurité des personnes.
Sur les préjudices :
8. Alors même qu'elle aurait refusé que la société Nebihu reprenne le désordre, la métropole de Lyon est fondée à demander la condamnation des participants à l'opération de travaux à lui verser, en réparation des préjudices subis et au vu des factures produites, la somme de 12 331,30 euros TTC correspondant aux travaux de dépose des couvertines en décembre 2019 pour la mise en sécurité de la toiture-terrasse du collège et les sommes de 46 343,52 et 1 785,17 euros TTC au titre respectivement des travaux de pose de nouvelles couvertines sur les toitures-terrasses en août 2020 et d'intervention d'un contrôleur technique en janvier 2021. Elle est également fondée à demander à être indemnisée des frais engagés en réparation des dommages matériels causés par la chute des couvertines sur les véhicules garés dans le parking en contre-bas de la toiture-terrasse du bâtiment d'enseignement qu'elle justifie pour un montant de 2 494,86 euros TTC, ainsi que des frais d'expertise engagés, compte tenu de leur utilité, pour un montant de 5 217 euros TTC.
9. Il résulte de ce qui précède que la métropole de Lyon est fondée à demander la condamnation in solidum des sociétés Nebihu, Alain Lelièvre et Qualiconsult à lui verser la somme totale de 68 171,85 euros TTC, assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 mai 2021, date d'enregistrement de sa requête. Les intérêts échus à la date du 26 mai 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Sur les appels en garantie :
10. Compte tenu de ce qui est jugé au point 7, il sera fait une juste appréciation des fautes respectives des constructeurs à l'origine du désordre en fixant leur part de responsabilité à 80 % pour la société Nebihu, qui a fixé les couvertines en méconnaissance des prescriptions du cahier des clauses techniques particulières du lot n° 4, 15 % pour la société Alain Lelièvre qui a commis une faute dans la surveillance des travaux en ne faisant pas respecter les prescriptions du cahier des clauses techniques particulières quant à la pose des couvertines et 5 % pour la société Qualiconsult qui, en dépit de la non-conformité de la fixation des couvertines, n'a pas relevé ces points dans son rapport final et a ainsi failli dans l'accomplissement de sa mission. Si elle fait valoir que, dans le compte rendu de chantier n° 13 du 1er octobre 2018, elle a émis des observations sur les couvertines, ces observations ne portaient précisément que sur la jonction des pièces d'angles et les tranches d'acrotères et une couvertine non encore fixée. Il s'ensuit que la société Nebihu devra être relevée et garantie à hauteur de 15 % par la société Alain Lelièvre et de 5 % par la société Qualiconsult, que la société Alain Lelièvre devra être relevée et garantie à hauteur de 80 % par la société Nebihu et de 5 % par la société Qualiconsult et que cette dernière devra être relevée et garantie à hauteur de 80 % par la société Nebihu et de 15 % par la société Alain Lelièvre.
Sur les conclusions reconventionnelles de la société Alain Lelièvre :
11. Les conclusions de la société Alain Lelièvre à fin de paiement par la métropole de Lyon du solde lui revenant du marché de maîtrise d'œuvre se rattachent au litige du règlement de marché, dont la procédure d'établissement du décompte est prévue par les stipulations du cahier des clauses administratives générales applicable aux prestations intellectuelles. Ces conclusions présentent le caractère d'un litige distinct du litige principal qui tend à l'engagement de la responsabilité des constructeurs pour le désordre affectant l'ouvrage. Par suite, les conclusions reconventionnelles présentées par la société Alain Lelièvre sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la métropole de Lyon qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge in solidum des sociétés Nebihu, Alain Lelièvre et Qualiconsult la somme de 2 224,89 euros, dont 824,89 euros de frais de constat d'huissier, à verser à la métropole de Lyon sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les sociétés Nebihu, Alain Lelièvre et Qualiconsult sont condamnées in solidum à verser à la métropole de Lyon, en réparation du désordre affectant les couvertines des toitures-terrasses des bâtiments du collège Duclos à Vaulx-en-Velin, la somme de 68 171,85 euros TTC augmentée des intérêts au taux légal à compter du 26 mai 2021. Les intérêts échus à la date du 26 mai 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La société Nebihu est condamnée à garantir les sociétés Alain Lelièvre et Qualiconsult à hauteur de 80 % de la somme de 68 171,85 euros.
Article 3 : La société Alain Lelièvre est condamnée à garantir les sociétés Nebihu et Qualiconsult à hauteur de 15 % de la somme de 68 171,85 euros.
Article 4 : La société Qualiconsult est condamnée à garantir les sociétés Nebihu et Alain Lelièvre à hauteur de 5 % de la somme de 68 171,85 euros.
Article 5 : Les sociétés Nebihu, Alain Lelièvre et Qualiconsult verseront in solidum la somme de 2 224,89 euros à la métropole de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Les conclusions des parties sont rejetées pour le surplus.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la métropole de Lyon et aux sociétés Nebihu, Alain Lelièvre et Qualiconsult.
Copie en sera adressée à la société MJ Synergie, mandataire judiciaire de la société Nehibu.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
La rapporteure,
A. Lacroix
La présidente,
C. MichelLa greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026