jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2105725 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | RAHMANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 juillet 2021 et 14 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Rahmani, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 23 février 2021 du préfet du Rhône, en tant que cette décision lui refuse la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou pour motifs d'admission exceptionnelle au séjour, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", dans un délai de huit jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 300 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en fait ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance avant d'atteindre l'âge de seize ans ;
- le préfet du Rhône a commis une erreur de droit en estimant nécessaire le production d'un contrat d'apprentissage ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1960 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boulay, première conseillère,
- et les observations Me Rahmani, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant guinéen né le 12 janvier 2003, M. A a sollicité le 20 janvier 2021 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 313-11, 2°bis, L. 313-15, L. 313-14 et L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 23 février 2021, le préfet du Rhône lui a délivré un titre de séjour " étudiant ", sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-7 du code précité, et a rejeté ses autres demandes. M. A demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle lui refuse la délivrance des titres de séjour précités, ainsi que la décision implicite par laquelle le préfet a rejeté son recours gracieux, reçu le 15 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 313-11 alors applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : / () / 2° bis A l'étranger dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entrant dans les prévisions de l'article L. 311-3, qui a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance et sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 311-7 n'est pas exigée () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une évaluation par la Mission évaluation et orientation des mineurs isolés étrangers de la métropole de Lyon, qui a estimé dans un courrier du 28 décembre 2018 qu'il relevait de la catégorie des mineurs isolés et devait être admis au bénéfice de l'aide sociale à l'enfance. Par une ordonnance aux fins de placement provisoire, versée au dossier, du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Lyon du 4 janvier 2019, M. A a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) du département du Rhône. Par une ordonnance du 13 février 2019, le juge des enfants du tribunal de grande instance de Lyon a ordonné le placement provisoire de l'intéressé auprès des services de l'ASE du Grand Lyon - métropole pour une durée de six mois. Enfin, par un jugement du 28 mars 2019, le requérant a été confié à l'ASE de la métropole de Lyon jusqu'au 12 janvier 2021, date de sa majorité. Il résulte de ce qui précède que M. A, né le 12 janvier 2003, a été placé auprès des services de l'ASE du Grand Lyon - métropole dès le 4 janvier 2019, alors qu'il n'avait pas encore atteint l'âge de seize ans. Dès lors, c'est à tort que le préfet du Rhône a estimé qu'il ne remplissait pas cette condition mentionnée à l'article L. 313-11, 2°bis du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lui refuser la délivrance de ce titre. Alors qu'il ressort des pièces du dossier que M. A suivait, à la date de la décision attaquée, une formation en vue d'obtenir un baccalauréat mention " transports ", dans lequel il a obtenu de bons résultats pour l'année scolaire 2019/2020, que l'avis de sa structure d'accueil était favorable et faisait état de la bonne intégration de l'intéressé et du fait qu'il ne disposait plus de liens réguliers avec sa famille dans son pays d'origine, le requérant est fondé à soutenir que le préfet du Rhône a commis une erreur de fait qui a, en l'espèce, été déterminante en estimant qu'il avait été confié aux services de l'ASE du Grand Lyon - métropole après avoir atteint l'âge de seize ans.
4. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision du préfet du Rhône du 23 février 2021 en tant qu'elle lui refuse la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement du 2° bis de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que, par voie de conséquence, de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".
6. Il appartient au juge lorsqu'il est saisi, sur le fondement des dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, de conclusions tendant à ce que soit prescrite une mesure d'exécution, de statuer sur celles-ci en tenant compte de la situation de droit ou de fait existant à la date de sa décision.
7. M. A qui n'est plus dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, ne remplit plus les conditions de délivrance d'une carte de séjour temporaire fixées par les dispositions du 2° bis de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, il y a seulement lieu d'enjoindre au préfet du Rhône de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Rahmani, son avocat, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rahmani de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet du Rhône du 23 février 2021, en tant qu'elle refuse à M. A la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement du 2° bis de l'article L. 311-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a rejeté son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Rahmani, avocat de M. A, la somme de 1 000 euros (mille euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Véronique Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Anne-Sophie Soubié, première conseillère,
Mme Pascaline Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
La rapporteure,
P. Boulay
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026